Des opinions di­ver­gentes

Po­lice de Sainte-Adèle

Le Nord - - ACTUALITÉS - Ri­chard Pas­cone et My­chel La­pointe

De­nis Cô­té, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des po­li­ciers et po­li­cières mu­ni­ci­paux du Qué­bec, était dans tous ses états lors­qu’il nous a re­joints au té­lé­phone la se­maine der­nière pour faire part de ses com­men­taires sur le pro­ces­sus de ré­flexion de la ville de Sainte-Adèle, concer­nant la pos­si­bi­li­té d’abo­li­tion du corps de po­lice mu­ni­ci­pal.

«J’ai ren­con­tré le maire et ce­lui-ci m’a in­di­qué qu’il avait for­mu­lé une de­mande pour connaître le coût d’une des­serte par la S.Q», ex­plique De­nis Cô­té.

« Lors de l’an­nonce de sa can­di­da­ture en 2008, le maire Ré­jean Char­bon­neau avait in­di­qué qu’il n’avait pas l’in­ten­tion d’abo­lir le corps de po­lice mu­ni­ci­pale. Les gens ont vo­té pour lui, en 2009, en pre­nant cette pro­messe en consi­dé­ra­tion et main­te­nant, il pense al­ler à l’en­contre de l’un des en­ga­ge­ments qui lui per­mettent d’oc­cu­per le poste de maire au­jourd’hui », ajoute-t-il.

Un poste de 4 mil­lions

Le maire Ré­jean Char­bon­neau n’a vrai­ment pas la même ver­sion des faits. « Nous avons dit qu’il n’était pas de notre man­dat d’abo­lir le ser­vice de po­lice, à moins qu’il y ait des faits nou­veaux. Et c’est jus­te­ment le cas. Nous sommes ac­tuel­le­ment en négociations avec les po­li­ciers et une de leur de­mande porte jus­te­ment sur un nou­veau poste de po­lice qui coû­te­rait aux en­vi­rons de 4 mil­lions $. Avant d’en­ga­ger des dé­penses de 4 mil­lions $, nous en­ten­dons po­ser des gestes concrets pour étu­dier les dif­fé­rentes pos­si­bi- li­tés. C’est pour­quoi, nous vou­lons voir com­bien il nous en coû­te­rait avec la SQ. Ac­tuel­le­ment, nous sommes en­core en at­tente de ré­ponses du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique… » de sou­li­gner le maire au re­pré­sen­tant du Jour­nal Le Nord.

Aide gou­ver­ne­men­tale

Par ailleurs, la fé­dé­ra­tion des po­li­ciers mu­ni­ci­paux du Qué­bec a ré­cem­ment fait une de­mande au gou­ver­ne­ment afin qu’il puisse fi­nan­cer les villes qui ne sont pas des­ser­vies par la Sû­re­té du Qué­bec. « Nous de­man­dons une aide fi­nan­cière pour les ser­vices de base com­pa­rables à ce­lui dont bé­né­fi­cie les mu­ni­ci­pa­li­tés des­ser­vies par la S.Q. C’est une simple ques­tion d’équi­té. Le co­mi­té sur le fi­nan­ce­ment des corps de po­lice mu­ni­ci­pale se penche pré­sen­te­ment sur la ques­tion. Le maire de­vrait at­tendre les ré­sul­tats avant de prendre une dé­ci­sion. Pré­sen­te­ment, on parle d’un fi­nan­ce­ment de 20 % pour Sainte-Adèle », in­dique le pré­sident Cô­té.

In­sa­tis­fac­tion

Dans un autre ordre d’idée, se­lon De­nis Cô­té, le der­nier son­dage de sa­tis­fac­tion des élus des MRC du Qué­bec en­vers la Sû­re­té évo­quait un taux de sa­tis­fac­tion de l’ordre de 60 % au ni­veau de la vi­si­bi­li­té po­li­cière et de 68 % de sa­tis­fac­tion glo­bale. « Ces ré­sul­tats sont bien en des­sous des nôtres. À titre com­pa­ra­tif, le der­nier son­dage sur la sa­tis­fac­tion des gens vis-à-vis le corps mu­ni­ci­pal était de 91 %. On est donc loin de par­ler d’un ser­vice à la hau­teur. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il se­rait beau­coup mieux de se tour­ner vers un fi­nan­ce­ment de 20 % du gou­ver­ne­ment que de faire plai­sir à une mi­no­ri­té d’in­sa­tis­faits. » Pour le pré­sident de la fé­dé­ra­tion, la dé­ci­sion que pren­dra Ré­jean Char­bon­neau dans ce dos­sier « de­vra être mû­re­ment ré­flé­chie, car il ne pour­ra pas re­ve­nir en ar­rière » : « Une telle dé­ci­sion est ir­ré­ver­sible, peu im­porte si elle ré­pond ou non aux at­tentes », conclut De­nis Cô­té.

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