La pé­ti­tion est lan­cée, plus de 2 000 per­sonnes ont si­gné

Contre l’ex­plo­ra­tion mi­nière à Sainte-Adèle, Saint-Hip­po­lyte et Sainte-Mar­gue­rite-du-Lac-Mas­son

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Une pé­ti­tion est en ligne sur le site de l’As­sem­blée nationale du Qué­bec, tra­vail du front com­mun du dé­pu­té de Ber­trand, M. Claude Cou­si­neau, la mai­resse de Sainte-Mar­gue­rite-du­Lac-Mas­son, Mme Lin­da For­tier, le maire de Sain­teA­dèle, M. Ré­jean Char­bon­neau et le maire de SaintHip­po­lyte, M. Bru­no Laroche. Les ter­ri­toires vi­sés par cette ex­plo­ra­tion mi­nière de la firme OnT­rack sont des­ti­nés à des ac­ti­vi­tés de vil­lé­gia­ture dé­nonce la coa­li­tion.

La pé­ti­tion vise, entre autres, à em­pê­cher toute forme d’ex­ploi­ta­tion mi­nière sur leurs ter­ri­toires res­pec­tifs. Plus de 2 000 per­sonnes l’ont dé­jà si­gné (au mo­ment de mettre sous presse).

La firme OnT­rack Ex­plo­ra­tion est en­ga­gée par Pa­ci­fic Arc Re­sources, de Van­cou­ver, pour fo­rer le sol et dé­ter­mi­ner la concen­tra­tion de fer et de ti­tane dans ce sec­teur tou­ris­tique des Lau­ren­tides. Pour les trois maires et le dé­pu­té de Ber­trand, il est im­pé­ra­tif de pré­ser­ver le ca­rac­tère cham­pêtre en pro­té­geant les lacs et les fo­rêts. De plus, les ac­ti­vi­tés mi­nières sont sus­cep­tibles d’al­té­rer leur faune et leur flore.

Pas d’ex­plo­ra­tion et plus de pou­voir aux mu­ni­ci­pa­li­tés

Les mu­ni­ci­pa­li­tés ne sont pas ha­bi­li­tées à prendre les me­sures pou­vant in­ter­dire les opé­ra­tions mi­nières sur leur ter­ri­toire. Amen­der les lois en consé­quence; ac­cor­der aux mu­ni­ci­pa­li­tés et aux mu­ni­ci­pa­li­tés ré­gio­nales de com­té les pou­voirs né­ces­saires pour leur per­mettre de ré­gir les ac­ti­vi­tés mi­nières au même titre que toute autre ac­ti­vi­té sur son ter­ri­toire, plus une de­mande au gou­ver­ne­ment du Qué­bec et plus par­ti­cu­liè­re­ment à la mi­nistre des Res­sources na­tu­relles et de la Faune ain­si qu’au mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable, de l’En­vi­ron­ne­ment et des Parcs de sous­traire les ter­ri­toires des mu­ni­ci­pa­li­tés de Saint-Hip­po­lyte, Sainte-Adèle et Sainte-Mar­gue­ri­te­du-Lac-Mas­son de toute ex­plo­ra­tion et/ou ex­ploi­ta­tion mi­nières, sont les termes de la pé­ti­tion.

Des fo­rages ?

L’en­tre­prise mi­nière s’ap­prête à pro­cé­der aux pre­miers fo­rages, du cô­té du Lac Ad­lair à SaintHip­po­lyte. La mai­resse Lin­da For­tier rap­pe­lait, ras­su­rante, «Le droit fon­cier a pré­séance sur le droit mi­nier. Si un ci­toyen avait si­gné par igno­rance ou manque d’ex­pé­rience, il a tou­jours le droit de résilier son en­tente.»

«L’in­for­ma­tion d’abord et la mo­bi­li­sa­tion ci­toyenne, la for­ma­tion d’un co­mi­té de vi­gi­lance» sont les moyens que pri­vi­lé­gie le maire Bru­no Laroche. «La com­pa­gnie ne nous dit rien. Ce sont les ci­toyens qui font ou fe­ront cir­cu­ler l’in­for­ma­tion, a-t-il in­sis­té. Tan­dis que le maire Char­bon­neau pré­ci­sait qu’il in­vi­te­rait les gens à ne pas si­gner de contrat. Mar­di der­nier, la nou­velle a cir­cu­lé au ni­veau des tous les maires de la MRC.

Une séance d’in­for­ma­tion qui a ral­lié la population

Jeu­di 14 avril, l’église de Saint-Hip­po­lyte était pleine à cra­quer (400 per­sonnes). «Ça me fait plai­sir qu’il y ait une ex­plo­ra­tion mi­nière ici, non pas pour l’ex­plo­ra­tion, mais parce qu’il faut qu’on en parle au ni­veau na­tio­nal, que le pro­blème des mines sorte de l’Abi­ti­bi. Il faut dire stop», a dé­cla­ré d’en­trée de jeu Me Ni­cole Ki­rouac, spé­cia­liste du su­jet, in­vi­tée à par­ta­ger ses connais­sances.

Lors de cette réunion d’in­for­ma­tion concer­nant le dos­sier de l’ex­plo­ra­tion et de l’ex­ploi­ta­tion mi­nière, Ugo La­pointe de la «Coa­li­tion Pour que le Qué­bec ait Meilleure Mine» in­sis­tait sur l’ur­gence d’agir vite. « In­ter­ve­nez main­te­nant. Il n’était ja­mais trop tôt pour agir.»

À la fin de la soi­rée, le maire Laroche consta­tait «À par­tir de ce soir, per­sonne ne pour­ra dire qu’il ne sa­vait pas ce qu’est une mine! »

Une soi­rée où la population a ap­pris, entre autres, que la com­pa­gnie Pa­ci­fic Arc Re­sources dé­te­nait 57 claims (Sys­tème au­to­ma­ti­sé d’in­for­ma­tion des ter­rains mi­niers). Leurs re­le­vés géo­phy­siques in­diquent la pré­sence de fer ou ti­tane, dans le sec­teur concer­né. Fon­dée en 2008, cette pe­tite com­pa­gnie de Van­cou­ver pra­tique uni­que­ment l’ex­plo­ra­tion et, en­suite, vend, dans le cas où les re­cherches sont fruc­tueuses. Sa ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière est de 5,6 mil­lions.

Au stade de l’ex­ploi­ta­tion, les mines à ciel ou­vert sont sources de nom­breuses pol­lu­tions. Le bruit, la pous­sière, le pas­sage de la ma­chi­ne­rie et en­gendre des gaz à ef­fet de serre. Sans comp­ter l’eau uti­li­sée pour ré­cu­pé­rer le mi­ne­rai, 25 mil­lions de litres d’eau par jour. Et même si les com­pa­gnies as­surent re­cy­cler une par­tie de l’eau, il n’en de­meure pas moins que l’im­pact sur les eaux sou­ter­raines est énorme. Une mine laisse une em­preinte dé­sas­treuse et du­rable sur l’en­vi­ron­ne­ment confirme Ugo La­pointe. « Ce qu’il y a de du­rable, ce sont les mé­faits! » lance un ci­toyen.

Le Doc­teur Ri­chard Ca­ri­gnan, di­rec­teur de la Sta­tion à Saint-Hip­po­lyte, de l’Uni­ver­si­té de Montréal, ré­su­mait la si­tua­tion au mi­cro : «S’il n’y a pas d’ex­plo­ra­tion, il n y au­ra pas d’ex­ploi­ta­tion!»

Ugo La­pointe fai­sait éga­le­ment re­mar­quer que la res­tau­ra­tion des sites mi­niers est un pro­blème ma­jeur. Il reste de nom­breux sites mi­niers aban­don­nés qui coûtent of­fi­ciel­le­ment 650 mil­lions de dol­lars, chiffre sous-es­ti­mé d’après la «Coa­li­tion Pour que le Qué­bec ait Meilleure Mine.»

Il reste que la loi désuète donne aux com­pa­gnies le droit d’ex­plo­rer en contac­tant di­rec­te­ment les pro­prié­taires, les mu­ni­ci­pa­li­tés et MRC sont im­puis­santes. «Leurs offres sont al­lé­chantes et ils sous-en­tendent que les gens sont sur une mine d’or,» ex­plique Ma­thieu Meu­nier, ci­toyen de Saint-Hip­po­lyte qui a pris en main le dos­sier. Il a créé un lo­go «Non aux mines à SaintHip­po­lyte ». C’est pré­ci­sé­ment ce que pré­co­nise la Coa­li­tion : s’in­for­mer, for­mer des co­mi­tés de ci­toyens, des co­mi­tés de vi­gi­lance, écrire des lettes à la com­pa­gnie, pas­ser des ré­so­lu­tions mu­ni­ci­pales, faire des pé­ti­tions. Et in­ter­ve­nir le plus tôt pos­sible.

Mieux pro­té­ger les droits des ci­toyens, ren­for­cer les droits des mu­ni­ci­pa­li­tés, mieux par­ta­ger les ri­chesses col­lec­tives et ren­for­cer l’en­ca­dre­ment en­vi­ron­ne­men­tal sont les ob­jec­tifs de la Coa­li­tion.

Le maire de Saint-Hip­po­lyte du­rant la séance d’in­for­ma­tion, jeu­di 14 avril. L’église de Saint-Hip­po­lyte était pleine à cra­quer (400 per­sonnes).

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