«On ne prend pas le monde pour des im­bé­ciles» -

Le Jé­rô­mien Pierre Max «Bad Dog» La­bon­té se sauve avec la cein­ture!

Le Nord - - SPORTS ET LOISIRS - Ri­chard Pas­cone

Jacques Rou­geau était de pas­sage pour une der­nière fois, à Saint-Jé­rôme, sa­me­di soir. Le co­lo­ré membre de la plus cé­lèbre fa­mille de lut­teur au Qué­bec for­mait un duo avec son fils de 21 ans, Jean-Jacques, dans le der­nier com­bat de la soi­rée. Bien en­ten­du, les Rou­geau ont rem­por­té ce­lui-ci, au grand plai­sir des spec­ta­teurs.

Il y en avait pour tous les goûts et tous les âges, au spec­tacle fa­mi­lial in­ti­tu­lé «Une der­nière fois, avec mon fils». Alors que les plus vieux se rap­pe­laient de bons sou­ve­nirs en voyant l’an­cien lut­teur de la World Wrest­ling Fe­de­ra­tion (WWF), leurs en­fants, eux, n’ont pu cacher leur en­thou­siasme quand Spi­derMan a tis­sé sa toile au­tour de son ad­ver­saire.

Sexe, drogue et vio­lence

Jacques Rou­geau et ses lut­teurs, «bons» ou «mé­chants», ont pris le temps de ré­pondre aux de­mandes de tous leurs ad­mi­ra­teurs, jus­qu’au der­nier, après le ga­la. Les gens fai­saient la queue pour ob­te­nir des au­to­graphes et se faire pho­to­gra­phier avec les hé­ros de la soi­rée. Un contraste évident avec les ve­dettes de la World Wrest­ling En­ter­tain­ment (WWE). «Ici, on ne prend pas le monde pour des im­bé­ciles. On es­sai pas de leur faire croire qu’on se dé­teste réel­le­ment», a in­di­qué Jean-Jacques Rou­geau.

Autre dif­fé­rence mar­quée, la clien­tèle: «Il n’y a pas de sexe, de drogue et de vio­lence dans ma fé­dé­ra­tion et j’en suis fier. Mes lut­teurs sont propres, ils ne consomment pas de sté­roïdes. C’est la rai­son pour la­quelle on va cher­cher au­tant les en­fants que les pa­rents. Tout le monde trouve son compte», in­di­quait fiè­re­ment ce­lui qui a mis les pieds pour la pre­mière fois dans un ring de la WWF en 1986, en com­pa­gnie de son frère, Ray­mond.

Mal­gré ses 11 ans, Émile, le plus jeune lut­teur des Rou­geau, est bien conscient de l’image que pro­jette la lutte amé­ri­caine. Ques­tion­né à sa­voir s’il sou­hai­tait, un jour, suivre les traces de son père et faire par­tie de la WWE, ce­lui n’a pas hé­si­té: «non, la WWE c’est juste de la vio­lence». Même son de cloche du cô­té de Jean-Jacques: «Il n’y a rien d’im­pos­sible, mais je pré­fère me concen­trer sur ce qu’on fait ici pour l’ins­tant. On a du plai­sir et je pré­fère l’as­pect fa­mi­lial que nous don­nons à la lutte. Je crois qu’on fait quelque chose de vrai­ment spécial.»

Émile n’a ja­mais eu la chance de lut­ter avec son père, mais il garde plu­sieurs bons sou­ve­nirs de ses com­bats:«Je re­gar­dais des vi­déos de lui à 5 ans. Je trouve ça plate qu’il ar­rête, j’aime le voir lut­ter.»

Jean-Jacques, lui, se­ra le der­nier lut­teur à for­mer un duo avec son père. Il suc­cède ain­si à son oncle, Ray­mond Rou­geau et à Pier­reCarl Ouel­lette, avec qui Jacques a rem­por­té le titre de cham­pion par équipe de la WWF, à trois re­prises, entre 1993 et 1994. «C’est émou­vant d’être à ses cô­tés pour ses der­niers com­bats. Il a ac­com­pli tel­le­ment de choses.»

Jacques Rou­geau en com­pa­gnie de ses fils, Jean-Jacques (21 ans) et Émile (11 ans)

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