Le Jé­rô­mien Louis Rous­seau porte se­cours à un por­teur pa­kis­ta­nais

En route pour le som­met Ga­sher­brum I (Hi­ma­laya)

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Louis Rous­seau, 33 ans, tra­vaille à la Di­rec­tion de la san­té pu­blique du Qué­bec à Saint-Jé­rôme. En route avec l’équipe ABC pour le som­met Ga­sher­brum I (Hi­ma­laya), il re­çoit un ap­pel de dé­tresse d’un por­teur pa­kis­ta­nais souf­frant du mal d’al­ti­tude. L’équipe part se­cou­rir le por­teur. Elle se pré­pa­rait à mon­ter vers le deuxième camp de base.

«À 7 h (le 14 juillet der­nier) l’équipe re­çoit un ap­pel d’ur­gence: un por­teur pa­kis­ta­nais de l’équipe ja­po­naise a le mal de l’al­ti­tude et risque un oe­dème pul­mo­naire. Heu­reu­se­ment, nous avions de l’oxy­gène pour les cas d’ur­gence au camp 1. L’équipe de Ko­bler or­ga­ni­sa donc le pre­mier trans­port. Louis Rous­seau et Jos Car­los Ta­mayo se sont dé­cla­rés im­mé­dia­te­ment dis­po­nibles et ont en­tre­pris de re­joindre le sau­ve­tage avec des mé­di­ca­ments et un traî­neau de sau­ve­tage […]» peut-on lire sur le site de Louis Rous­seau.

«À 11 h, l’équipe at­tei­gnait la vic­time à en­vi­ron 5500 m. Louis com­men­çait les pre­miers soins et sta­bi­li­sait la vic­time. Avec quatre por­teurs et Ta­mayo ils ont pu pour­suivre le trans­port. Peu après, ils ren­con­traient la deuxième équipe de sau­ve­tage, et le mé­de­cin peut exa­mi­ner la vic­time.»

Un sau­ve­tage dé­dié à l’hon­neur et au grand coeur de tous

«Toute l’équipe de sau­ve­tage at­tei­gnait le camp de base à 16:30 h, épui­sée, mais sa­tis­faite. [..] C’est à l’hon­neur et au grand coeur de tous qu’on a man­gé et bu ce soir-là, dé­plo­rant l’égoïsme et le manque d’hu­ma­ni­té des autres. Louis Rous­seau écrit qu’il existe “une règle «non dite» qu’il ne faut pas se sou­cier d’ai­der les por­teurs, sous pré­texte que les sau­ve­tages en haute al­ti­tude sont trop dan­ge­reux et mettent en pé­ril le suc­cès des ex­pé­di­tions… On avait même in­ter­dit la for­ma­tion d’équipe de sau­ve­tage par les autres por­teurs pa­kis­ta­nais, sous peine de bris de contrat!»

Épui­sé, Louis Rous­seau n’a pas ter­mi­né son as­cen­sion

Louis n’a pas pu com­plé­ter l’as­cen­sion vers le som­met du G1. Il était épui­sé et ne vou­lait pas ris­quer de man­quer de force pour la des­cente. Mal­gré tout, les autres membres de l’ABC ont pu at­teindre le som­met. Il est tout de même heu­reux de s’être ren­du à 7900m.

Les grim­peurs lui ont dé­dié leur som­met

14 juillet 2011 - «Louis n’est pas triste d’avoir re­brous­sé che­min. Il a la ferme convic­tion que c’était la bonne dé­ci­sion. “J’étais très fa­ti­gué de la veille, du tra­vail dans le cou­loir ja­po­nais.”»

«Plu­sieurs grim­peurs, conscient du grand tra­vail qu’il a réa­li­sé entre le camp 2 et le camp 3, lui ont dé­dié leur som­met. Ce n’est donc pas la conster­na­tion qui règne dans le coeur de Louis, mais une grande fier­té et beau­coup d’émo­tions, suite à ces grands élans de gra­ti­tude. Ils furent ac­cueillis dans un cam­pe­ment dé­co­ré par des guir­landes et des ban­de­roles! »

Le 10 juin der­nier, Louis Rous­seau par­tait pour le Pakistan dans le but de gra­vir le K2. Il ten­tait d’ou­vrir, en­core une fois, une nou­velle voie. Sources : www.louis­rous­seau.com http://kurv.tv

Pho­to ti­rée du site www.louis­rous­seau.com

Louis à 6800 m; der­rière lui, toute l’équipe.

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