«L’école est de­ve­nue un ser­vice de garde! »

De la per­ti­nence et du coût des ac­ti­vi­tés édu­ca­tives

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Isa­belle Au­ger, parent d’élève de l’école Sa­créCoeur a tout ré­cem­ment en­voyé une lettre au pro­fes­seur de sa fille, dé­non­çant le nombre et le coût des ac­ti­vi­tés édu­ca­tives de l’école.

«Ça fait 7 ans que j’en­voie des lettres (de­puis que ma fille va à l’école). Ce qui me ren­verse c’est le nombre d’ac­ti­vi­tés soi-di­sant édu­ca­tives,» ma­ni­feste Isa­belle Au­ger. Entre les pé­da­go­giques, les ac­ti­vi­tés et les jours fé­riés, les jeunes perdent deux mois d’édu­ca­tion. Pour ces ac­ti­vi­tés, il faut que 90 % des pa­rents soient d’ac­cord avec le pro­jet édu­ca­tif; or les ac­ti­vi­tés du pro­jet sont dé­jà com­men­cées avant même d’avoir pré­sen­té le pro­jet aux pa­rents!»

Isa­belle se plaint de payer tout en n’étant pas d’ac­cord. De plus, elle trouve que toutes ces ac­ti­vi­tés sont très dis­pen­dieuses et dé­nonce : «Ne nous leur­rons, pas les cam­pagnes de fi­nan­ce­ment sont beau­coup plus utiles aux com­pa­gnies qui fa­briquent les pro­duits à vendre que pour les élèves. Nos en­fants sont ex­ploi­tés par ces com­pa­gnies et ce sont les pa­rents qui fi­nissent par ache­ter les pro­duits res­tants.»

40 % de dé­cro­chage

« Je com­prends les 40 % de dé­cro­chage. L’école est de­ve­nue un ser­vice de garde! Et ce pro­blème concerne tous les pa­rents, le gou­ver­ne­ment, le monde de l’édu­ca­tion. C’est nos taxes! Ce sys­tème contri­bue à for­mer des en­fants rois. » Isa­belle Au­ger se de­mande si elle est la seule à pen­ser ce­la ? « J’ai l’im­pres­sion de me battre contre des mou­lins à vent et j’ai l’air d’une tor­tion­naire de dire à ma fille que 178 $ pour 4 sor­ties, non tu ne pour­ras pas faire de ski alpin cet hi­ver. En plus comme pa­rents, on fait des ac­ti­vi­tés avec nos en­fants! Et elles peuvent être très simples comme d’al­ler glis­ser sur la pente en face de l’école !»

Point de vue de Ch­ris­tine Fi­lia­trault

«Les ac­ti­vi­tés édu­ca­tives passent par le conseil d’éta­blis­se­ment, nous ex­plique au té­lé­phone la di­rec­trice de l’école Sa­cré-Coeur, Ch­ris­tine Fi­lia­trault. Nous avons une loi qui in­dique la pro­cé­dure à suivre. Ici, à Sa­créCoeur, nous avons le nombre maxi­mum de pa­rents ( sept) sur les vingt par­ti­ci­pants de notre conseil d’éta­blis­se­ment Ces ac­ti­vi­tés sont sug­gé­rées par les en­sei­gnants dans un pre­mier temps.» Le conseil d’éta­blis­se­ment se réunit 6 fois par an­née. Les ac­ti­vi­tés pro­po­sées en dé­but d’an­née ont été ac­cep­tées en fin d’an­née sco­laire der­nière.

«Nous n’avons ja­mais re­çu de plaintes concer­nant les ac­ti­vi­tés édu­ca­tives. La se­maine der­nière (le 14 sep­tembre) nous avons eu l’as­sem­blée an­nuelle des pa­rents. Les pa­rents sont in­vi­tés à se pro­non­cer et per­sonne ne s’est plaint. »

En ce qui concerne le cô­té pé­da­go­gique, ma­dame Fi­lia­trault af­firme que l’école Sa­créCoeur a des ré­sul­tats sa­tis­fai­sants et un très bon taux de réus­site. «Si des pa­rents sont mé­con­tents, en­voyez-les-moi!» lance-t-elle.

Pour que les ac­ti­vi­tés édu­ca­tives soient pré­sen­tées au conseil d’éta­blis­se­ment, il faut 90 % de pa­rents qui ac­ceptent. «En ce qui concerne les 10 % qui ne se­raient pas d’ac­cord, on de­mande tou­jours pour­quoi. Si c’est une ques­tion fi­nan­cière, l’école ab­sorbe les coûts,» conclut la di­rec­trice.

Pho­to My­chel La­pointe

Isa­belle Au­ger et son époux Ré­jean Bour­gouin.

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