Le coût des ali­ments est un obs­tacle dans les Lau­ren­tides

Le Nord - - ACTUALITÉS - My­chel La­pointe

Une bonne pro­por­tion de fa­milles des Lau­ren­tides pei­ne­raient à man­ger sai­ne­ment pour des rai­sons de li­mites bud­gé­taires.

C’est le constat prin­ci­pal qui se dé­gage d’une étude me­née via la tour­née Tout le monde à table qui était de pas­sage dans les Lau­ren­tides au cours de la ré­cente sai­son es­ti­vale.

Tout le monde à table est une ini­tia­tive des nu­tri­tion­nistes d’Ex­ten­so, le por­tail Web du Centre de ré­fé­rence en nutrition de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal, ren­due pos­sible grâce au sou­tien et à l’ap­pui fi­nan­cier de Qué­bec en Forme. Ce pro­jet est la plus im­por­tante ini­tia­tive sur les ha­bi­tudes ali­men­taires des jeunes de 0 à 12 ans ja­mais dé­ployée au Qué­bec. « L’ana­lyse nous per­met de consta­ter que la ré­gion se dis­tingue en ce qui concerne le plus grand obs­tacle à man­ger sai­ne­ment au­quel ont dit faire face les pa­rents. Le coût des ali­ments et les li­mites bud­gé­taires re­pré­sentent un des plus grands obs­tacles (40 %) pour les fa­milles de la ré­gion, com­pa­ra­ti­ve­ment à la moyenne na­tio­nale de 22 %. La ré­gion des Lau­ren­tides est la ré­gion de la pro­vince pour la­quelle cet obs­tacle est le plus im­por­tant » nous disent les res­pon­sables d’Ex­ten­so.

Les autres points prin­ci­paux sur les­quels se dé­marquent les fa­milles des Lau­ren­tides sont les sui­vants :

-L’obs­tacle des goûts et ca­prices de membres de la fa­mille a été men­tion­né par un plus grand nombre de pa­rents des Lau­ren­tides com­pa­ra­ti­ve­ment à ceux de l’en­semble du Qué­bec (34 % contre 17 %). Il est en de même pour l’obs­tacle d’ha­bi­le­tés cu­li­naires (17 % pour les pa­rents des Lau­ren­tides, contre 10 % à l’échelle de la pro­vince).

-Lors de la pré­pa­ra­tion du re­pas, le fac­teur temps est vu comme un élé­ment pré­oc­cu­pant par un plus fort pour­cen­tage de pa­rents dans les Lau­ren­tides que la moyenne des pa­rents à l’échelle de la pro­vince (34 % contre 21 %). À l’op­po­sé, un très faible pour­cen­tage (3 % contre 8 % pour le reste du Qué­bec) des pa­rents voit la pla­ni­fi­ca­tion ou l’or­ga­ni­sa­tion comme un des prin­ci­paux obs­tacles à man­ger sai­ne­ment en fa­mille. Dans les Lau­ren­tides, l’écart entre les pa­rents qui manquent de temps et ceux qui in­diquent la pla­ni­fi­ca­tion comme obs­tacle à man­ger sai­ne­ment est plus grand que pour l’en­semble de la pro­vince.

-Pour l’en­semble des ré­gions qué­bé­coises, les femmes sou­haitent da­van­tage de me­sures pour la conci­lia­tion tra­vail-fa­mille que les hommes. Ce n’est pas le cas pour les pa­rents des Lau­ren­tides, où les hommes sou­haitent la mise en place de ces me­sures tout au­tant que les femmes.

-L’har­mo­nie à table est im­por­tante pour les fa­milles des Lau­ren­tides! En ef­fet, 59 % des pa­rents sou­lignent l’im­por­tance des dis­cus­sions har­mo­nieuses et de l’ab­sence de ten­sion lors du par­tage du re­pas, ce qui est consi­dé­ra­ble­ment plus éle­vé que la moyenne qué­bé­coise de 39 %.

-Con­trai­re­ment à la moyenne des en­fants du Qué­bec, qui nomment le dé­jeu­ner comme étant leur re­pas pré­fé­ré, les en­fants des Lau­ren­tides pré­fèrent le sou­per aux deux autres re­pas de la jour­née. En outre, dans les Lau­ren­tides, la bonne ha­bi­tude de prendre les re­pas en fa­mille se bute à un ennemi de taille : la té­lé­vi­sion.

Ain­si, lors d’un soir ty­pique de se­maine, seule­ment une fa­mille des Lau­ren­tides sur deux (55 %) dit man­ger en fa­mille, sans la té­lé­vi­sion, avec tous les membres de la fa­mille. La moyenne na­tio­nale est de 51 %. Dans la ré­gion, la té­lé­vi­sion est un membre ac­tif de la fa­mille pour 21 % d’entre elles. C’est consi­dé­ra­ble­ment plus bas que la moyenne qué­bé­coise de 34 %.

Par ailleurs, pour les gens d’Ex­ten­so, « de l’achat d’ali­ments jus­qu’à la table, les Qué­bé­cois ont be­soin de se ré­ap­pro­prier des com­por­te­ments qui fa­vo­risent de saines ha­bi­tudes ali­men­taires telles que cui­si­ner et man­ger en fa­mille. De nom­breuses so­lu­tions existent pour ai­der les pa­rents à sur­mon­ter les obs­tacles qu’ils ren­contrent ».

En ce sens, Ex­ten­so a éta­bli cinq voies d’ac­tions prio­ri­taires :

-As­su­rer le dé­ve­lop­pe­ment des com­pé­tences cu­li­naires des en­fants;

-Faire re­con­naître les bien­faits et le plai­sir à man­ger en fa­mille dans le but de mo­di­fier la norme so­ciale;

-Ai­der les fa­milles à in­té­grer une meilleure pla­ni­fi­ca­tion dans leur rou­tine de re­pas;

-Faire connaître les pra­tiques ali­men­taires à pri­vi­lé­gier pour rendre la pla­ni­fi­ca­tion, la pré­pa­ra­tion et le par­tage de re­pas agréable et sain mal­gré tous les obs­tacles iden­ti­fiés;

-Di­mi­nuer la pré­sence de la té­lé­vi­sion aux re­pas.

Pour plus d’in­for­ma­tion sur l’étude, on peut vi­si­ter le site tout­le­mon­dea­table.org

De fa­çon glo­bale, la ma­jo­ri­té des en­fants des Lau­ren­tides mangent-ils au­tant qu’ils le sou­haitent? On est en droit de se po­ser la ques­tion, même si dans cer­tains cas, la ré­ponse est OUI.

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