Agres­sion dans un centre de per­sonnes âgées de Saint-jé­rôme

Le Nord - - LE PATROUILLEUR - Ri­chard Pas­cone

Bien dé­ci­dée à sor­tir sa mère de 84 ans de la ré­si­dence pour per­sonnes âgées de Saint-Jé­rôme où elle ré­si­dait, Chan­tal Baril ne s’est ja­mais dou­tée de ce qui l’at­ten­dait, le 6 oc­tobre der­nier, quand une simple de­mande a tour­né au drame. Ma­dame Baril s’est confié au Jour­nal Le Nord lors d’une conver­sa­tion té­lé­pho­nique.

« Tout a com­men­cé le 4 oc­tobre der­nier, quand la pro­prié­taire m’a té­lé­pho­né pour me dire que ma mère avait les che­veux trop longs et que les gens s’en plai­gnaient. Elle di­sait qu’il y avait des che­veux de ma mère par­tout. Je lui ai ré­pon­du qu’on ve­nait de les faire cou­per et qu’ils étaient courts. Elle af­fir­mait aus­si qu’elle était mal­propre et que les gens se plai­gnaient d’elle. Elle m’ap­pe­lait ré­gu­liè­re­ment pour se plaindre de ma mère et j’ai cru qu’il s’agis­sait d’un moyen de se dé­bar­ras­ser d’elle. Elle est là de­puis le 28 mai. J’ai donc dé­ci­dé d’al­ler la cher­cher, le 6 oc­tobre, avec mon ma­ri, » a-t-elle ex­pli­qué, re­fu­sant de dé­voi­ler le nom de la ré­si­dence. Il nous a tou­te­fois été per­mis d’ap­prendre qu’il s’agit d’une ré­si­dence pri­vée de Saint-Jé­rôme où ré­sident qua­torze per­sonnes âgées. Chan­tal Baril se rend à la ré­si­dence en ques­tion en com­pa­gnie de son ma­ri. « J’ai an­non­cé à la pro­prié­taire que je ra­me­nais ma mère à la mai­son. Elle a dit « pas de pro­blème, mais tu me dois un mois de loyer, ar­range-toi avec mon ma­ri «. Son ma­ri ar­rive et me de­mande ce qui se passe. Je lui ra­conte ce que sa femme m’a dit au té­lé­phone. Il me dit que c’est im­pos­sible. Il se tourne vers elle et elle lui af­firme qu’elle n’a ja­mais dit ça.»

Le pro­prié­taire au­rait alors dé­mon­tré des signes d’agres­si­vi­té. « Il a dit à ma mère d’un ton ar­ro­gant «tu sais que ta fille te ra­mène chez elle!» Il s’est re­tour­né vers moi et m’a dit «si ta mère ne me paye pas, c’est moi qui vais te ra­mas­ser». Absent du conflit jus­qu’à ce mo­ment, se­lon les dires de ma­dame Baril, son ma­ri in­ter­vient dans la dis­pute et lui donne des conseils: « Mon ma­ri m’a dit : « tu te ren­sei­gne­ras à la Ré­gie et t’ap­pel­le­ras ton avo­cat pour des ren­sei­gne­ments.» Le pro­prié­taire lui a ré­pon­du: « ce n’est pas avec toi que je m’ar­range. Je ne t’ai ja­mais vu ici. Si tu ne sors pas dans cinq se­condes, je vais te sor­tir moi-même» et il a com­men­cé le dé­compte. »

«Il a comp­té jus­qu’à trois et a sau­té à la gorge de mon ma­ri. Lui, il n’a rien fait. Sa tête a co­gné sur le mur, il l’a traî­né jus­qu’à l’ex­té­rieur. Il était son­né. Il avait des marques sur le cou, je les ai prises en pho­to. J’ai ap­pe­lé la po­lice. Les pro­prié­taires riaient et m’ont même don­né l’adresse de la ré­si­dence. »

Ma­dame Baril a re­fu­sé de dé­voi­ler les noms des pro­prié­taires, ain­si que ce­lui de la ré­si­dence en ques­tion. Nous n’avons donc pas été en me­sure de re­joindre le sup­po­sé agres­seur. « Mon ma­ri a un ren­dez-vous la se­maine pro­chaine avec la po­lice pour dé­po­ser sa plainte. Je pour­rai en­suite don­ner les noms. »

Le Ser­vice de po­lice a pour sa part re­fu­sé de com­men­ter l’évé­ne­ment jus­qu’à ce qu’une plainte soit of­fi­ciel­le­ment dé­po­sée.

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