L’UQO dé­cerne un doc­to­rat ho­no­ris cau­sa à Mi­chel Chartrand

Le Nord - - ACTUALITÉS - Ri­chard Pas­cone

Un doc­to­rat ho­no­ri­fique a été dé­cer­né à titre post­hume à Mi­chel Chartrand pour sa contri­bu­tion ex­cep­tion­nelle au syn­di­ca­lisme et aux re­la­tions de tra­vail au Qué­bec, lors de la qua­trième cé­ré­mo­nie de la Col­la­tion des grades or­ga­ni­sée par L’UQO | Cam­pus de Saint-jé­rôme, di­manche.

« Mon père, cet homme de pa­role et d’ac­tion, avait tel­le­ment de ta­lent pour la vie qu’on était ar­ri­vé à le croire éter­nel, et sans doute le se­ra-t-il dans notre mé­moire col­lec­tive, » a dé­cla­ré Alain Chartrand, re­ce­vant le doc­to­rat ho­no­ri­fique au nom de son père.

« La nou­velle a éton­né toute la fa­mille. Mon père n’a ja­mais eu de di­plômes et a sur­tout oeu­vré dans le monde ou­vrier. Il au­rait sû­re­ment trou­vé ça ma­gni­fique que le monde uni­ver­si­taire re­con­naisse son tra­vail. Pour lui les di­plô­més c’était l’ave­nir. Ça l’au­rait sans doute tou­ché beau­coup, » confiait M. Chartrand. Le plus grand ac­com­plis­se­ment de Mi­chel Chartrand se­lon son fils est la Fon­da­tion pour l’aide aux tra­vailleurs ac­ci­den­tés, qu’il a créée en 1983, avec Rock Ban­ville. Vient en­suite le re­ve­nu de ci­toyen­ne­té: « Il au­rait vou­lu voir ça de son vi­vant, » confir­mait Alain Chartrand. Bien que Mi­chel Chartrand n’a ja­mais eu la chance de re­ce­voir un di­plôme uni­ver­si­taire, le rec­teur de L’UQO, Jean Vaillan­court s’est dit très fier de pou­voir re­mettre un doc­to­rat ho­no­ris cau­sa en l’hon­neur du cé­lèbre syn­di­ca­liste. « L’UQO forme beau­coup de jeunes en re­la­tions in­dus­trielles et en tra­vail so­cial, deux dis­ci­plines qui ont bé­né­fi­cié de la contri­bu­tion de M. Chartrand. C’est un grand Qué­bé­cois. Ses va­leurs d’ac­ces­si­bi­li­té, de par­tage et de dé­fense des plus dé­mu­nis cor­res­pondent éga­le­ment à celles de l’uni­ver­si­té du Qué­bec. Sa plus grande contri­bu­tion au­ra cer­tai­ne­ment été son ap­port à ce qu’est de­ve­nue la CSST. C’est un or­ga­nisme exem­plaire et en­vié. Elle a contri­bué au bien-être des tra­vailleurs dans le mi­lieu ou­vrier. »

Eric Gos­se­lin, pro­fes­seur en re­la­tions in­dus­trielles à L’UQO a es­ti­mé qu’il était es­sen­tiel de sou­li­gner l’ap­port de ce grand homme à la so­cié­té : « Peu d’hommes ont in­car­né dans le Qué­bec mo­derne la cause ou­vrière et les re­ven­di­ca­tions des plus dé­mu­nis comme l’a fait Mi­chel Chartrand. Jour après jour, lutte après lutte, il a consa­cré une vie en­tière à prê­ter sa voix à ceux que la mi­sère condamne trop sou­vent au si­lence. Homme de pa­role, mais sur­tout homme d’ac­tion, l’oeuvre de Chartrand se vit quo­ti­dien­ne­ment pour des mil­liers de tra­vailleurs qui peuvent au­jourd’hui as­pi­rer au res­pect, à la sé­cu­ri­té et à l’équi­té au tra­vail. En lui dé­cer­nant sa plus haute dis­tinc­tion, le doc­to­rat ho­no­ris cau­sa, L’UQO re­con­nait bien sûr les mul­tiples réa­li­sa­tions de ce syn­di­ca­liste d’ex­cep­tion, mais elle cé­lèbre aus­si les va­leurs et les convic­tions qui ont gui­dé ses ac­tions. »

Mi­chel Char­tand s’est éteint le 12 avril 2010, à l’âge de 93 ans. Il au­ra mar­qué l’his­toire syn­di­cale et so­ciale du Qué­bec. Son franc-par­ler a fait de lui l’un des mi­li­tants les plus connus au Qué­bec, mais c’est son en­ga­ge­ment qui lui au­ra per­mis de se dé­mar­quer.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.