Les Centres de femmes dé­noncent l’aug­men­ta­tion de la taxe de san­té

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Les Centres de femmes dé­non­çaient, le 3 no­vembre der­nier, dans un mou­ve­ment na­tio­nal, l’aug­men­ta­tion de 100 $ de la taxe de san­té, cette an­née. Les Centres de femmes re­ven­diquent l’abo­li­tion de cette taxe. À Saint-jé­rôme, cette ac­tion se dé­rou­lait de­vant l’hô­pi­tal.

Lors de cette Jour­née d’ac­tion pro­vin­ciale des centres de femmes, L’R des centres de femmes du Qué­bec (L’R) a ain­si fait va­loir son mé­con­ten­te­ment face à la taxe san­té ins­tau­rée par le bud­get du gou­ver­ne­ment Cha­rest en 2010. L’R et les centres de femmes dé­noncent que cette taxe in­juste n’est pas pro­por­tion­nelle aux re­ve­nus. En ef­fet, toutes les per­sonnes ayant un re­ve­nu de plus de 16 000 $ doivent payer le même mon­tant an­nuel­le­ment : 100 $ en 2011, 200 $ en 2012 et peut-être plus dans le fu­tur.

Se­lon An­na-ma­ria du Centre de Femmes les Unes et les Autres, « La taxe san­té est in­ac­cep­table et elle ouvre la porte à la taxa­tion de ser­vices pour les­quels nous contri­buons dé­jà via nos im­pôts. Les femmes en ont as­sez des me­sures du gou­ver­ne­ment pour faire payer la classe moyenne tou­jours plus : taxe san­té, hausse des ta­rifs d’hy­dro, de la TVQ et des frais de sco­la­ri­té, etc. ». « On vit une ère de néo-li­bé­ra­lisme. Il y a de plus en plus de dé­gel. Il faut payer de plus en plus de taxes, et jus­qu’où ça va al­ler? L’écart et les in­jus­tices aug­mentent conti­nuel­le­ment, »s’in­digne An­na-ma­ria. «Il faut des po­li­tiques plus équi­tables.» Les femmes dé­montrent leur «ras-le-bol» de ces taxes et ta­rifs qui af­fectent les gens de la classe moyenne et plus spé­ci­fi­que­ment les femmes puis­qu’elles ont des re­ve­nus moins éle­vés que les hommes. « Les femmes ont un re­ve­nu moyen qui est en­core à 70% de ce­lui des hommes et se­ront une fois de plus désa­van­ta­gées par ces me­sures ré­gres­sives. Tout le ré­seau est mo­bi­li­sé au­tour de cet en­jeu im­por­tant et nous ne sommes prêtes à faire au­cun com­pro­mis » dé­nonce An­naMa­ria du Centre de femmes les Unes et les Autres. « 200$ par an­née, ça peut faire une dif­fé­rence chez une mère mo­no­pa­ren­tale qui paye dé­jà les mé­di­ca­ments et les frais ad­di­tion­nels lors­qu’elle se rend dans une cli­nique. Ces sur­charges consti­tuent une at­teinte dan­ge­reuse au droit à la san­té en en­tra­vant l’ac­cès à un ser­vice qui de­vrait être pu­blic et gra­tuit. » ajoute An­na-ma­ria. Se­lon L’R, de nom­breux éco­no­mistes pro­gres­sistes ont lan­cé des pistes pour une fis­ca­li­té qui re­dis­tri­bue mieux la ri­chesse. « Comment se fait-il que nous soyons pas­sées de 16 pa­liers d’im­po­si­tion en 1988 à seule­ment 3 pa­liers en 2011? Pour­quoi le gou­ver­ne­ment Cha­rest re­fuse-t-il de ré­vi­ser les me­sures fis­cales des en­tre­prises, de contrô­ler le coût des mé­di­ca­ments ou de lut­ter contre la cor­rup­tion dans l’at­tri­bu­tion des contrats gou­ver­ne­men­taux? Nous en avons as­sez de ce manque de vo­lon­té po­li­tique! » conclut An­na-ma­ria. Dans toutes les ré­gions du Qué­bec des membres des centres de femmes ont dis­tri­bué des do­cu­ments ex­pli­ca­tifs sur la taxe san­té. À Qué­bec, dans les Lau­ren­tides, sur la Côte-nord, dans Chau­dières-ap­pa­laches, au Sa­gue­nay-lac-stJean, en Abi­ti­bi-te­mis­ca­mingue, en Es­trie et en Gas­pé­sie des femmes ont abor­dé les pas­sants aux abords des centres hos­pi­ta­liers et des CLSC pour échan­ger sur la taxe san­té et in­vi­ter la po­pu­la­tion à de­man­der au gou­ver­ne­ment l’abo­li­tion de cette taxe du­rant les consul­ta­tions pré­bud­gé­taires, soit entre le 5 et le 9 dé­cembre pro­chain.

« Les femmes ont un re­ve­nu moyen qui est en­core à 70% de ce­lui des hommes et se­ront une fois de plus désa­van­ta­gées par ces me­sures ré­gres­sives,» dé­nonce An­na-ma­ria du Centre de Femmes les Unes et les Autres.

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