5 ques­tions en 5 lignes avec Ju­lie Lau­zon

Di­rec­trice de Vi­sion­narts

Le Nord - - DIVERTISSEMENT ET CULTURE -

Vi­sion­narts fait la pro­mo­tion et le sou­tien des ar­tistes de la re­lève en arts de la scène des Lau­ren­tides avec des ser­vices de ré­fé­rence, d’ac­com­pa­gne­ment et d’in­té­gra­tion pro­fes­sion­nelle, et ce de­puis 1999. Ce dont je suis le plus fière est d’avoir un im­pact réel dans le che­mi­ne­ment pro­fes­sion­nel des ar­tistes de la re­lève. Faire par­ti de leur vie est un réel pri­vi­lège. À titre d’exemple, contri­buer au lan­ce­ment d’un pre­mier al­bum, ini­tier une ex­pé­rience à la bourse Ri­deau, faire dé­cou­vrir un ta­lent en pre­mière par­tie d’un ar­tiste de re­nom, ou en­core per­mettre à un ar­tiste de se per­fec­tion­ner sont d’in­croyables ac­com­plis­se­ments. Mais en­core, avoir per­mis à Vi­sion­narts de re­joindre les rangs des or­ga­nismes de ser­vices na­tio­naux des­ti­nés à ser­vir les ar­tistes, en plus d’avoir ga­gné sa cré­di­bi­li­té au­près de l’en­semble de par­te­naires, est dé­fi­ni­ti­ve­ment ma plus grande sa­tis­fac­tion.

Quoique riche et di­ver si fiée, la cul ture en ré­gion est en mode sur­vie. Les res­sources dis­po­nibles pour ac­com­pa­gner les ar­tistes dans leur quête de re­con­nais­sance et de cré­di­bi­li­té sont fra­giles ou in­exis­tantes. Le fi­nan­ce­ment est bien mai gre et grand nom bre d’ar­tis tes quit tent leur pro fes sion pour ar­ri ver à bou­cler leurs bud gets. La cul ture dans les Lau­ren­tides est ex­tra­or­di­naire, mais mal sou­te­nue. Elle est por­tée à bout de bras par ces créa teurs, ces ges tion nai res cul tu rels et ces dif­fu­seurs qui tant bien que mal tentent de convain cre qu’elle est le re­flet de qui nous sommes et que nous avons be­soin d’elle pour exis­ter comme peuple. Dé­fi­ni­ti­ve­ment une im­pli­ca­tion gé­né­rale et concer­tée des par­te­naires ré­gio­naux au pro­fit des en­jeux col­lec­tifs. Seul, nous ne pou­vons avoir d’im­pact réel sur un ter­ri­toire aus­si vaste, mais en­semble nos grandes idées prennent toutes leur en­ver­gure. Je rêve d’être as­sise au­tour d’une grande table de concer­ta­tion au pro­fit de la re­lève et des pra­tiques émer­gentes. Une table où les par­te­naires en­dos­se­raient et por­te­raient plus loin les pro­jets cultu­rels parce qu’ils se sentent concer­nés par l’ave­nir des jeunes et de la culture en gé­né­ral. Je ne crois pas avoir choi­si les arts, ce sont eux qui m’ont choi­si. Tra­vailler en cul ture est une vo­ca­tion, une pas­sion que je sa­voure à chaque ins­tant. Cette pas sion, d’où me vient-elle ? J’ose croire que toutes les fois où mes pa­rents et mes pro­fes­seurs m’ont mis en contact avec le théâ tre, la pho­to gra phie, la danse, la mu­sique ou en­core la poé sie, j’ai été im­pré­gné de cette sen­si­bi­li­té propre aux arts et qu’elle s’est gra vée en moi pour ne plus en res­sor­tir. Une em­preinte iden­ti­taire forte où les jeunes ar­tistes ins­pi­rés de cette ré­gion y ont une place de choix. Je rêve de voir cette ré­gion se mo­bi­li­ser pour ses en­jeux et tra­vailler en­semble à po­ser des gestes concrets pour faire avan­cer les grands dos­siers cultu­rels. J’es­père faire par­ti de ses lea­ders qui ont de la vi­sion, de l’in­tui­tion, de la pas­sion à re­vendre et qui sau­ront en ins­pi­rer d’autres.

(Pho­to : Courtoisie)

Ju­lie Lau­zon

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.