«Je trouve la dé­ci­sion du maire ha­sar­deuse»

Une si­tua­tion qui se gé­né­ra­lise

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

La si­tua­tion du corps de po­lice mu­ni­ci­pal de Sainte-adèle n’est pas unique et fait par­tie d’un en­jeu me­na­çant plu­sieurs corps po­li­ciers mu­ni­ci­paux.

Aus­si, le 10 no­vembre der­nier, des re­pré­sen­tants des po­li­ciers mu­ni­ci­paux du Qué­bec se ren­daient à l’as­sem­blée na­tio­nale, pour dé­non­cer le pro­jet de loi 31 qui me­nace l’exis­tence de plu­sieurs corps po­li­ciers mu­ni­ci­paux. La FPMQ et la FPPM af­firment qu’il y a ini­qui­té dans le fi­nan­ce­ment des ser­vices po­li­ciers au Qué­bec puisque le gou­ver­ne­ment ne sub­ven­tionne que les mu­ni­ci­pa­li­tés des­ser­vies par la Sû­re­té du Qué­bec. « Le gou­ver­ne­ment fi­nance 47 % du coût de la des­serte pour la Sû­re­té du Qué­bec, ex­plique le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des po­li­ciers et po­li­cières mu­ni­ci­paux du Qué­bec (FPMQ), De­nis Cô­té. Alors quand une mu­ni­ci­pa­li­té peut sau­ver 1 à 2 mil­lions de dol­lars, bien sou­vent, elle va faire ce choix-là pour des consi­dé­ra­tions éco­no­miques alors que c’est au dé­tri­ment du ser­vice et de la pré­sence po­li­cière sur le ter­ri­toire. »

« Concer­nant Sainte- Adèle je trouve la dé­ci­sion du maire ha­sar­deuse. Sur­tout que c’est une dé­ci­sion ir­ré­vo­cable. Le maire au­rait tout avan­tage à écou­ter les ci­toyens. La po­lice mu­ni­ci­pale est ap­pré­ciée et le choix de la SQ di­mi­nue­ra le sen­ti­ment de sé­cu­ri­té de la po­pu­la­tion et en­gen­dre­ra des coûts im­por­tants pour le gou­ver­ne­ment et les ci­toyens. D’au­tant qu’il y au­ra une perte de ser­vices,» nous af­firme M Cô­té en en­tre­vue té­lé­pho­nique. «La SQ n’est pas en me­sure d’as­su­rer les mêmes ser­vices qu’une po­lice mu­ni­ci­pale. Ha­bi­tuel­le­ment, ils gardent les mêmes ef­fec­tifs, mais ils doublent ou ils triplent le ter­ri­toire. Les ci­toyens sont bien moins ser­vis », conti­nue-t-il. «On ne com­prend pas que le mi­nistre veuille im­po­ser la Sû­re­té du Qué­bec aux mu­ni­ci­pa­li­tés, con­trai­re­ment au choix des ci­toyens. Des son­dages ont été faits à Ri­vière-du-loup, à Sain­teA­dèle, les po­pu­la­tions n’en veulent pas de la Sû­re­té du Qué­bec. On com­prend mal que le mi­nistre cherche à avan­ta­ger la Sû­re­té du Qué­bec au dé­tri­ment de la sé­cu­ri­té de la po­pu­la­tion », a dé­cla­ré le pré­sident de la FPMQ. (Les ré­sul­tats de ce sondage in­diquent que 88 % des Adé­lois sont sa­tis­faits du ser­vice de po­lice mu­ni­ci­pal) « Et le pro­jet de loi dé­po­sé la se­maine der­nière par le mi­nistre Dutil pour­rait pro­vo­quer l’éli­mi­na­tion de 11 corps de po­lice mu­ni­ci­paux dans les villes de moins de 100 000 ha­bi­tants ». Qué­bec veut en ef­fet étendre l’offre de ser­vices de la Sû­re­té du Qué­bec (SQ) aux mu­ni­ci­pa­li­tés de 100 000 ha­bi­tants alors que seules celles de moins de 50 000 y ont ac­cès de­puis 2001. Ain­si, ces mu­ni­ci­pa­li­tés pour­ront abo­lir leur corps po­li­cier mu­ni­ci­pal pour s’en re­mettre aux ser­vices de ni­veau 1 de la SQ si elles tiennent une consul­ta­tion pu­blique à ce su­jet et ob­tiennent par la suite l’au­to­ri­sa­tion du gou­ver­ne­ment, pré­voit le pro­jet de loi. M. Cô­té sou­tient que les ci­toyens per­dront au change puisque leur sen­ti­ment de sé­cu­ri­té en se­ra al­té­ré et que la me­sure en­gen­dre­ra des coûts pour l’en­semble des contri­buables qué­bé­cois. «En ce mo­ment, nous mo­bi­li­sons nos membres et avons ef­fec­tué plu­sieurs ren­contres avec les dé­pu­tés à Qué­bec jeu­di der­nier. Le pro­jet de loi est dé­po­sé, on va se faire en­tendre en com­mis­sion par­le­men­taire,» conclut De­nis Cô­té.

Le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des po­li­ciers et po­li­cières mu­ni­ci­paux du Qué­bec (FPMQ), De­nis Cô­té.

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