«Mon gym­nase, c’est une fa­mille»

Le Nord - - ACTUALITÉS - Ri­chard Pas­cone

Mi­chel Brière a connu des an­nées de gloire dans le monde de la boxe qué­bé­coise et ca­na­dienne dans les an­nées 70. Il a entre autres par­ti­ci­pé aux Jeux pan­amé­ri­cains, aux Jeux du Com­mon­wealth et a fait par­tie de l’équipe olym­pique de 1976 avant de l’aban­don­ner pour des rai­sons fa­mi­liales. Il s’oc­cupe main­te­nant du C.R.A.B. où il trans­met sa pas­sion aux gens à qui la vie n’a pas tou­jours sou­ri.

« Ici, tout le monde se res­pecte, c’est obli­ga­toire. Mon gym­nase, c’est une fa­mille, tout le monde se tient en­semble, ils n’ont pas le droit de rire des autres mé­cham­ment. S’ils le font, je les sacre de­hors, » af­firme Mi­chel Brière.

« La boxe, c’est le moyen que j’ai pri­vi­lé­gié quand j’étais jeune. J’étais violent à cause de mes pro­blèmes fa­mi­liaux. Mon père était al­coo­lique et violent avec ma mère. Je la dé­fen­dais et je pas­sais par là. Je m’en suis sor­ti grâce à ça. J’ai com­men­cé à boxer à 17 ans et j’avais des pro­blèmes à 10 ans. J’ai vé­gé­té pen­dant 7 ans. J’étais agres­sif en­vers tout le monde. Après deux ans de boxe, j’ai réa­li­sé que j’étais quel­qu’un et que je de­vais ar­rê­ter les niai­se­ries », confie-t-il.

« L’éga­li­té des gens crée de bonnes re­la­tions in­ter­per­son­nelles. Le fait que tout le monde est heu­reux fait pro­gres­ser pas juste au ni­veau de la boxe, mais aus­si au ni­veau so­cial, parce qu’ils savent que c’est ce qui a ré­glé leurs bi­bittes. Quand un nou­veau ar­rive, ils donnent au sui­vant. » Re­con­nu pour son in­ten­si­té, M. Brière croit qu’il s’agit d’une par­tie de la so­lu­tion. « Je suis vrai. Quand j’exige quelque chose d’eux, c’est parce que je suis exi­geant en­vers moi-même. Ils l’ac­ceptent parce que je suis juste avec tout le monde. Ils sont tous pa­reils et doivent ré­pondre aux mêmes cri­tères. Il faut être ferme, mais avoir un coeur de pa­pa en même temps. Je suis prêt à les écou­ter et je les prends comme ils sont, » ex­plique-t-il. « Je conseille­rais aux gens de ve­nir ici parce que c’est un sport de dis­ci­pline. Mi­chel est sé­vère là­des­sus, c’est quelque chose qui lui tient à coeur. La dis­ci­pline t’aide à gar­der le contrôle et t’ap­prends beau­coup d’as­pects de la vie, que ce soit à l’école, au tra­vail ou à la mai­son, » conseille sa­ge­ment Derek Ra­by.

Ra­by voue un im­mense res­pect à son men­tor, Mi­chel Brière. «Je le consi­dère comme un phé­no­mène. Si tu ren­contres deux per­sonnes comme lui dans ta vie, c’est ex­cep­tion­nel. Je peux juste dire du bon de lui. Il pa­raît sé­vère, mais il a un très grand coeur. Il est comme un autre père, un mo­dèle mas­cu­lin, une idole. C’est quel­qu’un à qui j’ai­me­rais res­sem­bler plus tard. » Pa­trick Mc­col­lough adore l’am­biance qui règne au C.R.A.B. «On est comme une grosse fa­mille. Tout le monde se res­pecte et s’en­traide. Mi­chel nous oriente vers le bon che­min. On est en­ca­dré. C’est struc­tu­ré et il sait ce qu’il fait. » L’en­traî­neur Mar­tin Hé­bert tra­vaille avec Mi­chel Brière de­puis une quin­zaine d’an­nées. « La boxe sort beau­coup de jeunes de la rue, de la drogue, du parc et de bien des af­faires que tu ne peux même pas t’ima­gi­ner. Ça te ra­mène dans le droit che­min parce que pour faire de la boxe il faut que ça marche droit. Ça t’amène à faire des bonnes choses dans la vie. »

Le mé­daillé d’or aux gants d’ar­gent a eu un caillot de sang au cer­veau à 36 ans et il a conti­nué de s’en­traî­ner. La boxe lui a été d’un grand se­cours, au­tant mo­ra­le­ment que phy­si­que­ment. « Ça me tient en vie. Je suis pa­ra­ly­sé de la main gauche et de la jambe gauche. L’en­traî­ne­ment m’ap­porte de la sou­plesse. C’est dif­fi­cile de dé­crire tout ce que ça peut faire de po­si­tif sur le men­tal et le phy­sique» de dire Mar­tin Hé­bert.

(Pho­to: Ri­chard Pas­cone)

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