Cinq ques­tions à So­nia Pi­ché

Le Nord - - DIVERTISSEMENT ET SPECTACLES -

La culture est une res­pon­sa­bi­li­té du gou­ver­ne­ment, qui a le de­voir de veiller à l’épa­nouis­se­ment de l’iden­ti­té qué­bé­coise. Tou­te­fois, il est de­ve­nu né­ces­saire de di­ver­si­fier les sources de fi­nan­ce­ment sur les­quelles comptent créa­teurs, ar­tistes, ar­ti­sans, or­ga­nismes ar­tis­tiques, ins­ti­tu­tions et en­tre­prises cultu­relles pour as­su­rer leur pé­ren­ni­té et leur dé­ve­lop­pe­ment. Par­mi les so­lu­tions se trouve la créa­tion de nou­veaux par­te­na­riats avec le sec­teur pri­vé.

His­to­ri­que­ment, les mé­cènes ont contri­bué di­rec­te­ment à l’épa­nouis­se­ment de l’art et de la culture. Princes, ducs, rois, pape et grands mar­chands ont in­ves­ti leur ar­gent pour sou­te­nir les Bot­ti­cel­li, Léo­nard de Vin­ci et Mi­chelAnge de ce monde. Qu’en est-il de nos jours ? Dans les faits, les Qué­bé­cois donnent 3 fois moins qu’ailleurs au Ca­na­da

Le mé­cé­nat cul­tu­rel joue un rôle es­sen­tiel à la vi­ta­li­té du mi­lieu ar­tis­tique, pour­tant la culture du don ne semble pas une va­leur in­té­grée à la so­cié­té qué­bé­coise. Ici, les par­ti­cu­liers donnent 3 fois moins qu’ailleurs au Ca­na­da. Et moins de 2 % de l’ar­gent que les Qué­bé­cois donnent va à la culture. C’est pour­quoi les or­ga­nismes cultu­rels font très peu de cam­pagnes de sous­crip­tion. Pour­tant, bien sou­vent leur fi­nan­ce­ment est in­suf­fi­sant et éphémère.

De nou­velles pos­si­bi­li­tés et de nou­velles com­pé­tences doivent être dé­ve­lop­pées pour per­mettre à ces or­ga­nismes de sta­bi­li­ser leur si­tua­tion fi­nan­cière à long terme, d’avoir ac­cès à une source de re­ve­nus sup­plé­men­taire et ain­si de ga­gner en au­to­no­mie. Le pro­gramme Pla­ce­ments Culture vise à in­ci­ter les par­ti­cu­liers, les so­cié­tés pri­vées et les fon­da­tions du Qué­bec à don­ner plus gé­né­reu­se­ment aux or­ga­nismes sans but lu­cra­tif des do­maines de la culture et des com­mu­ni­ca­tions.

Pour ce faire, le Conseil des arts et des lettres du Qué­bec (CALQ) ac­corde des sub­ven­tions de contre­par­tie qui s’ajoutent aux dons et contri­bu­tions re­cueillis par les or­ga­nismes au­près de do­na­teurs et de fon­da­tions.

Par exemple, pour un or­ga­nisme dont le chiffre d’af­faires an­nuel est de moins de 250 000 $, le CALQ ma­jo­re­ra les dons re­cueillis par 300 %.

La plu­part des gens d’af­faires sou­haitent contri­buer, à la hau­teur de leur vo­lon­té et de leurs ca­pa­ci­tés, à amé­lio­rer le sort du do­maine cul­tu­rel à Qué­bec. En ef­fet, ces der­niers com­prennent très bien qu’une culture ré­gio­nale forte est sy­no­nyme d’une qua­li­té de vie sus­cep­tible d’at­ti­rer et de re­te­nir un ca­pi­tal hu­main vi­tal aux af­faires.

Le fait de sa­voir que leur don se­ra bo­ni­fié de 300 % grâce au pro­gramme Pla­ce­ments Culture per­met d’in­ci­ter le sec­teur pri­vé (in­di­vi­dus et or­ga­nismes) à s’en­ga­ger dans le fi­nan­ce­ment de la culture. De­puis l’ins­tau­ra­tion du pro­gramme Pla­ce­ments Culture en 2005, 274 or­ga­nismes qué­bé­cois ont pro­fi­té du pro­gramme, re­cueillant 29,7 mil­lions de dol­lars en don. Ce à quoi le CALQ a ajou­té 45,4 mil­lions de dol­lars en sub­ven­tion.

Mal­heu­reu­se­ment les or­ga­nismes des Lau­ren­tides sont très fai­ble­ment re­pré­sen­tés, ce à quoi le Conseil de la culture des Lau­ren­tides veut s’at­ta­quer en or­ga­ni­sant pro­chai­ne­ment des ren­contres d’in­for­ma­tion qui leur sont des­ti­nées. Pour plus d’in­for­ma­tion : www.calq.gouv.qc.ca/pla­ce­ments­cul­ture Ma­dame So­nia Pi­ché, Co­or­don­na­trice du théâtre du Ma­rais, cha­leu­reuse pe­tite salle de spec­tacle de 100 places éta­blie dans une an­cienne sy­na­gogue construite en 1936, au coeur du vil­lage de Val-mo­rin. 1 – Quels sont vos ac­com­plis­se­ments cultu­rels dont vous êtes le plus fière?

La mise en place des Soi­rées Ar­tistes d’ici au Théâtre du Ma­rais de Val-mo­rin où non seule­ment ces der­nières an­nées plus de 250 ar­tistes pro­fes­sion­nels de la ré­gion des Lau­ren­tides ont pro­fi­té de cette vi­trine, mais aus­si un pu­blic dé­cou­vrant ce re­flet de notre culture ré­gio­nale.

Aus­si, les soi­rées Ci­né-ma­rais, per­pé­tuant la for­mule ci­né-club ain­si que le ci­né­ma muet avec ac­com­pa­gne­ment au pia­no où au­tant le jeune pu­blic se dé­place que des gens plus âgés.

2 – Comment dé­crie­riez-vous la culture dans les Lau­ren­tides? Riche et di­ver­si­fiée, ne reste qu’à choi­sir! 3 — Qu’est-ce qui pour­rait faire en sorte que la culture dans les Lau­ren­tides rayonne da­van­tage?

Que les ar­tistes de la ré­gion puissent avoir da­van­tage ac­cès à des lieux spé­cia­li­sés leur per­met­tant de faire des ré­si­dences de créa­tion.

Aus­si, que l’art ur­bain prenne une place plus im­por­tante dans les villes et vil­lages des Lau­ren­tides.

4 – D’où vient votre pas­sion pour les arts et la culture?

D’ aus­si loin que je me sou­vienne j’ai tou­jours été bou­le­ver­sée par l’in­ter­ac­tion entre l’ar­tiste et le pu­blic. Jus­qu’à tout ré­cem­ment, je ne pou­vais m’em­pê­cher de ver­ser une larme lors d’ap­plau­dis­se­ments! Je ne suis pas en­core tout à fait gué­rie… Qu’un pu­blic se re­trouve, se nour­risse d’une pro­po­si­tion ar­tis­tique est pour moi une ren­contre d’une grande ri­chesse et de par­tage.

5 – Que sou­hai­tez-vous lais­ser en hé­ri­tage pour votre ré­gion?

Un lieu de dif­fu­sion re­con­nu par un pu­blic fi­dèle qui se di­ri­ge­ra avec ou­ver­ture vers des pro­po­si­tions nou­velles et émer­gentes.

Pho­to gra­cieu­se­té

So­nia Pi­ché.

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