« Haïti ce n’est pas juste un pro­blème d’ar­gent» Fran­cine Mailloux

Le Nord - - ACTUALITÉS -

À l’ap­proche du deuxième an­ni­ver­saire du trem­ble­ment de terre dé­vas­ta­teur en Haïti, Fran­cine Mailloux du Co­mi­té Haïti Lau­ren­tides jette un re­gard po­si­tif sur la si­tua­tion. Elle re­ve­nait en no­vembre der­nier d’un sé­jour à Car­re­four, Port-auP­rince, en com­pa­gnie de Mo­nique Reid et de son fils Pierre Reid, in­gé­nieur en struc­ture ve­nu par­ta­ger son ex­per­tise pour la re­cons­truc­tion du Col­lège Ed­dy Pas­cal d’haïti, dé­truit lors du séisme.

Les or­ga­nismes hu­ma­ni­taires dressent un triste bi­lan de la si­tua­tion ac­tuelle, abris de for­tune, tentes, cho­lé­ra, manque d’ar­gent, manque d’em­ploi, 80% d’anal­pha­bé­tisme...

La vi­sion de Fran­cine Mailloux, du Co­mi­té Haïti Lau­ren­tides, est dif­fé­rente.

Le séisme dé­truit le Col­lège Ed­dy Pas­cal

«Ed­dy Pas­cal, pro­fes­seur et di­rec­teur avait une toute pe­tite école en Haïti. On a com­men­cé à lui don­ner un coup de main il y a plus de trente ans ». L’école a été dé­truite lors du séisme de 2012, séisme qui a dé­bu­té deux mai­sons avant l’école à Car­re­four, 8 km de Port-au-prince. Après un ef­fort de trente ans, tout est à re­com­men­cer. L’école de 4 étages se­ra re­cons­truite. « En Haïti la si­tua­tion s’amé­liore, les gens qui se plaignent re­gardent le cô­té po­li­tique. Là-bas tout est lent, mais la men­ta­li­té change et l’im­por­tance d’al­ler à l’école gran­dit,» confie Fran­cine en spé­ci­fiant qu’il faut re­gar­der Haïti « Avec d’autres lu­nettes, tout y est dif­fé­rent. » En no­vembre 2011, 250 élèves étu­diaient à Ed­dy Pas­cal en se­con­daire et 150 au pri­maire.

Les Haï­tiens sont en­core trau­ma­ti­sés

«Nous al­lons là-bas deux fois par an­née. En 2010, 3 mois après le séisme, on a vu l’hor­reur, 6 mois après, on a vu une lé­gère amé­lio­ra­tion.» «Beau­coup de tra­vail se fait par des gens comme nous autres, re­cons­truc­tion et ges­tion de stress post-trau­ma­tique.» « Ce qu’il faut sa­voir c’est que les Haï­tiens s’en­traident et sont très gé­né­reux. Mais ils sont en­core trau­ma­ti­sés, deux ans après. Il faut dire qu’il y beau­coup de mou­ve­ment, le sol tremble en­core. Ils de­viennent ner­veux, à ce mo­ment-là, ils ont peurs.»

«Tout est lent en Haïti»

Ce sont des pe­tites choses qui font la dif­fé­rence. On voit beau­coup moins de tentes et de plus en plus de pe­tites mai­sons en bois avec des toi­lettes et de l’eau.» «Haïti ce n’est pas un pro­blème d’ar­gent. S’ils n’ap­prennent pas à gé­rer, ils n’y ar­ri­ve­ront pas!» Fran­cine Mailloux nous parle du dé­ve­lop­pe­ment du mi­cro cré­dit, de l’al­pha­bé­ti­sa­tion, ai­der les femmes à s’en sor­tir. «J’étais une pe­tite mar­chande, après une com­mer­çante, main­te­nant je suis une pâ­tis­sière,» lui a dit avec fier­té une des femmes ve­nant de re­ce­voir un di­plôme. Sou­te­nues par le Co­mi­té, ces femmes ont fait leurs cours en cui­sine, al­pha­bé­ti­sa­tion et ges­tion de com­merces.

Avez-vous vu du chan­ge­ment de­puis l’ar­ri­vée au pou­voir de Mi­chel Mar­tel­ly ? « Tout est lent en Haïti. Il tra­vaille à ou­vrir des écoles pu­bliques. Il a vou­lu ré­ta­blir l’ar­mée, les Haï­tiens ont dit non. En réa­li­té, les Haï­tiens at­tendent de voir...»

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Pho­to Gra­cieu­se­té

Le Col­lège Ed­dy Pas­cal après le séisme du 12 jan­vier 2010.

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