L’em­ployeur «com­plè­te­ment dé­pas­sé...» se­lon le syn­di­cat

Des dé­bor­de­ments à l’ur­gence

Le Nord - - LA UNE - My­chel La­pointe

S’il n’en tient qu’au syn­di­cat de l’hô­pi­tal ré­gio­nal de Saint- Jé­rôme, l’em­ployeur est « com­plè­te­ment dé­pas­sé par les évé­ne­ments » en ce qui concerne la si­tua­tion de l’ur­gence qui dé­borde de­puis le dé­but de la pré­sente an­née.

Dans une com­mu­ni­ca­tion ache­mi­née par cour­riel ven­dre­di à nos bu­reaux, Mme Ju­lie La­cha­pelle, pré­si­dente du Syn­di­cat des em­ployés-es du CSSS de St-jé­rôme – CSN dresse un por­trait noir de la si­tua­tion; in­sis­tant pour dire que les em­ployés doivent af­fron­ter des condi­tions de tra­vail dif­fi­ciles.

« L’ur­gence est aux prises avec un dé­bor­de­ment im­por­tant de­puis quelques se­maines, le tout com­bi­né à un manque de per­son­nel. Les em­ployés de l’ur­gence sont épui­sés et n’en peuvent plus de cette sur­charge de tra­vail », lance Ju­lie La­cha­pelle.

« Avec un taux d’oc­cu­pa­tion qui avoi­sine les 200 % (NDLR : il était-se­lon le re­le­vé quo­ti­dien de l’agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux des Lau­ren­tides — de 185 % ven­dre­di pour la pire fiche des ur­gences du ter­ri­toire des Lau­ren­tides), plu­sieurs em­ployés dont des agentes ad­mi­nis­tra­tives, des pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires et autres titres d’emploi tombent comme des mouches, partent en ma­la­die ou quittent le ser­vice de l’ur­gence. Il y a des clients sur ci­vières dans tous les cor­ri­dors de l’ur­gence, ce qui com­plique énor­mé­ment le tra­vail des pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires. Confi­den­tia­li­té, sé­cu­ri­té, com­mo­di­tés et soins di­rects aux pa­tients de­viennent un vé­ri­table tour de force, sans ou­blier un plus grand risque d’ac­ci­dent de tra­vail » note la pré­si­dente.

In­ti­mi­da­tion, me­naces et har­cè­le­ment

Qui plus est, aux dires de Mme La­cha­pelle, la di­rec­tion du centre hos­pi­ta­lier mi­se­rait da­van­tage, se­lon elle, sur des moyens dras­tiques pour obli­ger les em­ployés à de­meu­rer sur place, plu­tôt que de trou­ver des so­lu­tions.

«L’em­ployeur qui avoue avoir le même pro­blème de dé­bor­de­ment à chaque an­née, à la même pé­riode, n’a pas trou­vé de so­lu­tions per­ma­nentes pour cor­ri­ger la si­tua­tion. Au lieu de ce­la, les em­ployés goûtent à une tout autre mé­de­cine dont les in­gré­dients prin­ci­paux sont : l’in­ti­mi­da­tion, les me­naces et le har­cè­le­ment pour les obli­ger à de­meu­rer au tra­vail, fa­ti­gués et sur­me­nés ».

Dé­ra­pages in­ac­cep­tables

Par ailleurs, Ju­lie La­cha­pelle se dit d’avis que la di­rec­tion de l’hô­pi­tal ré­gio­nal ne sau­rait trop par où prendre le pro­blème pour ap­por­ter des so­lu­tions ef­fi­caces.

«Nous dé­non­çons cette si­tua­tion non pas parce que nous croyons, hors de tout doute, que l’em­ployeur est de mau­vaise foi, mais plu­tôt que ce­lui-ci perd le contrôle et, est com­plè­te­ment dé­pas­sé par les évé­ne­ments. Nous pas­sons tel­le­ment de crises en crises que ce­la fait place à des dé­ra­pages in­ac­cep­tables au dé­tri­ment des em­ployés et, par le fait même, la clien­tèle… Nos membres se dé­vouent de­puis le dé­but de cette crise, plu­sieurs ne comptent pas les heures et se montrent très dis­po­nibles, mais d’autres so­lu­tions per­ma­nentes et ré­cur­rentes doivent être en­vi­sa­gées. Rem­pla­cer des pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires par des agents de sé­cu­ri­té ou tordre un bras à d’autres, pen­dant que des membres du per­son­nel ont de la dif­fi­cul­té à sub­ve­nir à leurs be­soins, faute de tra­vail, n’en fait pas par­tie! » de conclure la pré­si­dente.

Pho­to ar­chives My­chel La­pointe

L’af­fluence est pro­blé­ma­tique à l’ur­gence de l’hô­pi­tal ré­gio­nal de Saint-jé­rôme.

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