Com­bien vaut notre culture ?

D’un bout à l’autre de son im­mense ter­ri­toire, les Lau­ren­tides battent au rythme des arts

Le Nord - - DIVERTISSEMENT ET SPECTACLES -

Il peut sem­bler dif­fi­cile de trou­ver une base com­mune à l’iden­ti­té des Lau­ren­tides étant don­nées les réa­li­tés dif­fé­rentes qui existent sur notre ter­ri­toire. De la ban­lieue à l’es­pace de vil­lé­gia­ture en pas­sant par la fo­rêt, les rai­sons pour s’éta­blir dans la ré­gion ne sont pas les mêmes. Pour­tant, un point est com­mun pour cha­cun : la qua­li­té de vie. Cer­tains l’ont choi­sie, d’autres y par­ti­cipent et plu­sieurs s’in­quiètent de pou­voir la conser­ver.

La culture = qua­li­té de vie

La culture est une fa­çon d’in­no­ver et de s’im­pli­quer dans la com­mu­nau­té. Elle de­vient ain­si une fa­çon de mettre en va­leur le pas­sé, pré­ser­ver le présent et struc­tu­rer l’ave­nir.

Pour l’ar­tiste, les Lau­ren­tides offrent une source d’ins­pi­ra­tion in­com­pa­rable. Pour le ci­toyen, la culture de­vient élé­ment de sa qua­li­té de vie et source de fier­té. Pour l’élu, la culture est une fa­çon de se rap­pro­cher de sa com­mu­nau­té et de la dé­ve­lop­per par l’éla­bo­ra­tion d’une po­li­tique cultu­relle.

Notre double sen­si­bi­li­té ré­gio­nale, ur­baine et ru­rale, nous per­met de dé­ve­lop­per et de pro­mou­voir une offre cultu­relle riche et ori­gi­nale. La na­ture et le sport ne sont pas les seuls at­traits des Lau­ren­tides.

Quand le mot ar­tiste rime avec pau­vre­té

Dans le but de dis­po­ser de sta­tis­tiques dé­taillées sur les ar­tistes d’ici, l’ob­ser­va­toire de la culture et des com­mu­ni­ca­tions du Qué­bec (OCCQ) de l’ins­ti­tut de la sta­tis­tique du Qué­bec a ré­cem­ment me­né une étude sur les écri­vains qué­bé­cois.

Se­lon l’étude, en 2010 la pro­fes­sion lit­té­raire est es­ti­mée à 1510 écri­vains au Qué­bec. Les deux tiers (65 %) des écri­vains qué­bé­cois ont ti­ré moins de 5 000$ de leur tra­vail de créa­tion lit­té­raire. Ce faible re­ve­nu ex­plique pour­quoi trois écri­vains qué­bé­cois sur quatre doivent ti­rer des re­ve­nus d’autres ac­ti­vi­tés que la créa­tion lit­té­raire.

Plus on écrit, plus on est pauvre ?

Par­mi les 410 écri­vains qui consacrent plus des deux tiers de leur temps de tra­vail à l’écri­ture, 51 % d’entre eux se si­tuent dans la tranche des re­ve­nus per­son­nels les plus faibles de la pro­vince. Pour­tant les écri­vains sont for­te­ment sco­la­ri­sés (81 % d’entre eux sont di­plô­més uni­ver­si­taires).

Se­lon la même étude, il n’y a que 4 % des écri­vains qué­bé­cois, soit 60 per­sonnes, qui tirent un re­ve­nu de créa­tion su­pé­rieur à 20 000$.

Même por­trait dans le do­maine du conte

Les mé­dias on fait de Fred Pel­le­rin une ve­dette, ce qui a per­mis au conte de se ré­ap­pro­prier une cer­taine no­blesse dans le pay­sage cultu­rel qué­bé­cois. Pour­tant, se­lon le der­nier rap­port d’en­quête du Re­grou­pe­ment du conte au Qué­bec, pour 91 % des conteurs pro­fes­sion­nels re­cen­sés, le conte re­pré­sente moins de 15 000$ de re­ve­nus an­nuels.

La culture et ses re­tom­bées éco­no­miques

Suite à la lec­ture de l’étude de l’ob­ser­va­toire de la culture et des com­mu­ni­ca­tions du Qué­bec, on com­prend mieux pour­quoi la ma­jo­ri­té des écri­vains consacrent une part de leur temps de tra­vail à d’autres ac­ti­vi­tés que l’écri­ture puisque la por­tion des re­ve­nus que les écri­vains tirent de la créa­tion lit­té­raire est gé­né­ra­le­ment très faible.

Pour­tant, les écri­vains et les ar­tistes sont au coeur de notre so­cié­té et font par­ti d’un mou­ve­ment qui non seule­ment raf­fer­mi notre iden­ti­té en tant que Lau­ren­ti­diens, mais aus­si en tant que Qué­bé­cois.

Pour ai­der les ar­tistes de la ré­gion, et pour leur per­mettre d’être mieux va­lo­ri­sés dans leur tra­vail, le Conseil de la culture des Lau­ren­tides pu­blie­ra pro­chai­ne­ment les ré­sul­tats d’une vaste en­quête sur les re­tom­bées éco­no­miques de la culture dans notre ré­gion.

Avec les chiffres élo­quents recueillis, il est fa­cile de dé­mon­trer qu’en plus de jouer un rôle cru­cial dans l’amé­lio­ra­tion de notre qua­li­té de vie et dans l’af­fir­ma­tion de notre iden­ti­té, la culture se veut un in­ves­tis­se­ment ren­table pour le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique de notre ré­gion. (Source : www.stat.gouv.qc.ca/ob­ser­va­toire)

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