« On est tous Fran­cis Gre­nier »

Le Nord - - ACTUALITÉS - Ri­chard Pas­cone

À l’aube de la ma­ni­fes­ta­tion an­nuelle contre la bru­ta­li­té po­li­cière pré­vue jeu­di, au parc Émi­lieGa­me­lin de Mon­tréal, le slo­gan « On est tous Fran­cis Gre­nier » est sur toutes les lèvres. Plu­sieurs re­doutent cet évé­ne­ment.

« Le 15 mars, il va fal­loir vrai­ment être exem­plaire, si­non, vous al­lez vous faire vo­ler votre mes­sage, » in­di­quait Sa­rah Baillar­geon, une en­sei­gnante au Cé­gep de Saint-jérôme, aux étu­diants lors de la ren­contre avec le dé­pu­té Robert, lun­di. « La ma­ni­fes­ta­tion du 22 mars est beau­coup plus por­teuse de votre lutte, » de ren­ché­rir Gilles Robert au su­jet de la grande ma­ni­fes­ta­tion contre la hausse des droits de sco­la­ri­té pré­vue aus­si à Mon­tréal, la se­maine pro­chaine.

« On ne sou­haite pas at­ta­cher la cause de Fran­cis Gre­nier à la ma­ni­fes­ta­tion de jeu­di. Il ne faut pas en faire un martyr, par exemple avec le slo­gan « on est tous Fran­cis Gre­nier «; il ne sou­haite pas ça », d’ajou­ter Ju­lie Per­reault Paie­ment. L’étu­diante était en com­pa­gnie de Fran­cis Gre­nier au parc Émi­lie-ga­me­lin, mer­cre­di der­nier, dans les mi­nutes qui ont pré­cé­dé le tra­gique évé­ne­ment.

Gre­nade as­sour­dis­sante?

Le mys­tère plane tou­jours sur l’ori­gine de la bles­sure de Fran­cis Gre­nier. Se­lon sa version et celle de la CLASSE, c’est une gre­nade as­sour­dis­sante lan­cée par les po­li­ciers qui au­rait cau­sé les dom­mages. « Il a été bles­sé par une gre­nade as­sour­dis­sante. La ma­ni­fes­ta­tion était très calme, très pa­ci­fique. Ce sont les po­li­ciers qui ont fait les pre­mières confron­ta­tions avec des ma­traques et du poivre gaz, » in­dique Jeanne Rey­nolds porte-pa­role de la CLASSE.

Un vi­déo cir­cu­lant sur in­ter­net et sur les mé­dias so­ciaux laisse croire que des bombes fu­mi­gènes au­raient aus­si été uti­li­sées, mais le tout reste à prou­ver. Lors­qu’il a pris connais­sance de l’in­ci­dent, Charles-étienne Gill, un en­sei­gnant du Cé­gep, a pris part la vi­gile contre la bru­ta­li­té po­li­cière, le soir même.

« Les ma­ni­fes­tants, des étu­diants, sur les trot­toirs, sur les ter­rasses, dans les es­ca­liers, ob­servent les po­li­ciers for­mer un tas. Ils dé­cident alors sou­dai­ne­ment de faire re­cu­ler tout le monde. Comme des spartiates, les ma­traques frappent les bou­cliers et les pas ré­pondent en ta­pant le sol avec hos­ti­li­té. La po­lice vide les trot­toirs. On ré­siste; il semble lé­gi­time de res­ter, d’oc­cu­per ce bout, mi­nus­cule, de sou­ve­rai­ne­té ci­toyenne, le trottoir. C’est avec des coups de ma­traque et de bou­clier qu’on nous fe­ra re­cu­ler. Je m’ac­croche à un po­teau, et ce sont trois ma­traques qui as­saillent mes mains, » té­moigne M. Gill dans une lettre envoyée au Jour­nal Le Nord.

Bles­sure à l’oeil

Fran­cis Gre­nier ne sait pas s’il pour­ra voir à nou­veau de son oeil droit un jour. « 50 % de sa ré­tine est dé­col­lée. Ça va prendre quelques se­maines avant de sa­voir s’il va conser­ver la vue, nous ont fait sa­voir les mé­de­cins. Chose cer­taine, sa vi­si­bi­li­té se­ra vrai­ment ré­duite même s’il la conserve, » ajou­tait Jeanne Rey­nolds, porte-pa­role de la CLASSE, jeu­di. Par­ta­gez votre opi­nion sur nos pages Fa­ce­book et Twit­ter (@Jour­nal­le­nord)

(Pho­to: Ri­chard Pas­cone)

Les en­sei­gnants du Cé­gep de Saint-jérôme ont or­ga­ni­sé une ma­ni­fes­ta­tion contre la bru­ta­li­té po­li­cière, ven­dre­di. Une grande ma­jo­ri­té des par­ti­ci­pants por­taient un ban­dage à l’oeil en guise d’ap­pui à Fran­cis Gre­nier.

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