SOS du Ca­fé de rue

Le Nord - - SAINT-JÉRÔME - Fran­çoise Le Guen

Le Ca­fé de rue SOS ac­cueille les jeunes de 16 à 30 ans (jeunes iti­né­rants, rap­peurs, punks...). Les in­ter­ve­nants leur offrent nour­ri­ture, sou­tien, ain­si qu’une oreille at­ten­tive sur leur réa­li­té quo­ti­dienne. Ce­pen­dant, l’or­ga­nisme, pro­prié­taire de la bâ­tisse, doit ré­pa­rer sa toi­ture et il n’en a pas les moyens.

La mis­sion ? Pré­ve­nir l’iti­né­rance (se lo­ger et se nour­rir conve­na­ble­ment : re­cherche de lo­ge­ment, dis­tri­bu­tion de soupe gra­tuite, dis­tri­bu­tion de vê­te­ments re­cy­clés), fa­vo­ri­ser la ré­in­ser­tion so­ciale des jeunes en dif­fi­cul­té et of­frir dif­fé­rents ser­vices, dont un ser­vice de dé­pan­nage. . «Nous ré­pon­dons à un be­soin!» met en avant Claire Lé­veillé, la di­rec­trice.

Un toit pour eux

«On ne fait pas ce­la tout seul. Et j’ai aus­si un con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion (CA) qui nous sou­tient. » «On veut of­frir aux jeunes un beau mi­lieu,» ex­plique Claire Lé­veillé, la di­rec­trice. «Les gens pensent beau­coup à nous. On est for­te­ment ap­puyé par des com­mer­çants et nos fa­milles, par contre c’est dif­fi­cile au ni­veau du fi­nan­ce­ment « Le gou­ver­ne­ment ou­blie qu’on existe!» Une réa­li­té, le désen­ga­ge­ment pro­gres­sif des gou­ver­ne­ments n’amé­liore pas la si­tua­tion des or­ga­nismes com­mu­nau­taires qui souffrent de sous fi­nan­ce­ment; et il est de plus en plus dif­fi­cile d’al­ler cher­cher de l’ar­gent dans le mi­lieu.

Le Ca­fé de rue SOS (So­li­da­ri­té, Orien­ta­tion so­ciale) vit ac­tuel­le­ment une pro­blé­ma­tique. L’or­ga­nisme pro­prié­taire de la bâ­tisse du 342 rue La­belle doit en ef­fet ré­pa­rer le toit. Et il n’en a pas les moyens. «Nous avons un pro­blème avec le toit de la bâ­tisse. J’en­voie un S.O.S. S’il y avait un en­tre­pre­neur qui pou­vait nous ai­der à ré­pa­rer notre toit, il se­rait bé­ni des dieux!», in­ter­pelle Claire Lé­veillé.

C’est aus­si pour­quoi Simon Du­puis, dont le stu­dio –ga­le­rie loge dans la bâ­tisse, a dé­ci­dé de faire l’ex­po­si­tion «Tous nus pour la rue. «Simon sait que l’on doit ré­pa­rer la toi­ture et nous n’avons pas l’ar­gent, ce qui ex­plique l’ex­po­si­tion. Il faut qu’on trouve une so­lu­tion!» lance la di­rec­trice.

Les ar­tistes s’en­gagent

«L’idée de l’ex­po­si­tion vient de moi, nous pré­cise Simon Du­puis. Je cher­chais une fa­çon de faire une col­lecte en uti­li­sant mes forces. En faire bé­né­fi­cier le Ca­fé de rue. D’où le titre! Deux ar­tistes du Ca­fé de rue SOS y par­ti­cipent aus­si. L’ex­po­si­tion montre l’art du nu et sou­haite faire connaitre le mo­dèle vi­vant, dé­mys­ti­fier. Je suis lo­ca­taire ici et je suis tou­jours à l’af­fut de ce qui se passe en bas (Ca­fé de rue). Les ar­tistes que j`ai sol­li­ci­tés n’ont pas hé­si­té une se­conde. Le concept est simple, il n’y a pas de sur­charge de tra­vail pour les gens du Ca­fé. Ils sont très en­thou­siastes. Je ne vou­lais pas faire une ex­po­si­tion éli­tiste, mais ra­me­ner le «street art» dans la ga­le­rie, il n’y a pas de cli­vage,» spé­ci­fie Simon Du­puis.

Le Ca­fé de rue SOS, une né­ces­si­té

Le tra­vail que fait l’équipe du Ca­fé de rue SOS est es­sen­tiel dans la com­mu­nau­té. Ou­vert cinq jours, fré­quen­té par de 250 jeunes dans l’an­née, l’équipe des sept in­ter­ve­nants est sur la pre­mière ligne d’in­ter­ven­tion. Un tra­vail de ter­rain avec l’aide entre autres de Mois­son Lau­ren­tides, dé­pan­nage de nour­ri­ture. Le Ca­fé de rue offre aus­si douche et vê­te­ments.

« Et je peux té­moi­gner du taux de réus­site éle­vé avec les moyens qu’on a, c’est très sa­tis­fai­sant, constate Claire Lé­veillé.»

Néan­moins, l’or­ga­nisme re­marque une hausse mar­quée de la clien­tèle «due à l’aug­men­ta­tion de la dé­tresse hu­maine!» « Un nombre de plus en plus im­por­tant de jeunes de la rue vi­vant des pro­blèmes de santé men­tale ap­pellent au Ca­fé de rue,» in­ter­pelle la di­rec­trice.

Claire Lé­veillé est im­pli­quée sur dif­fé­rents con­seils s d’ad­mi­nis­tra­tion (CA) «en lien avec ce que l’on fait pour être au ren­dez-vous dans les dos­siers,» ex­plique-t-elle.

Ac­tuel­le­ment le Ca­fé de rue em­ploie aus­si d’une agente de liai­son, Ch­ris­ti­na Clé­ment . Le Ca­fé de rue est par­te­naire avec le Centre Si­daA­mi­tié (CSA ) et Centre An­dré Bou­dreau

Ca­fé de rue SOS 450 431-0002. 342 rue La­belle, Saint-Jé­rôme Com­men­tez cette nou­velle sur nos pages Fa­ce­book (fa­ce­book.com/Jour­nal­le­nord) et Twit­ter (@Jour­nal­Le­Nord)

Pho­to Fran­çoise Le Guen

Flo­rence Mar­chand, in­ter­ve­nante, Claire Lé­veillé, di­rec­trice, Ni­na–Mau­reen Trem­blay, se­cré­taire-comp­table et My­rianne Millette, in­ter­ve­nante.

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