Conflits d’in­té­rêts à Saint-co­lom­ban?

Le Nord - - LA UNE - Fran­çoise Le Guen

Des ci­toyens dé­non­çaient des ap­pa­rences de si­tua­tions de conflits d’in­té­rêts et des man­que­ments à l’éthique et à la dé­on­to­lo­gie lors du der­nier con­seil mu­ni­ci­pal de Saint-Co­lom­ban le mar­di 13 no­vembre.

Du­rant la séance le maire La­brosse ne sem­blait pas au cou­rant des si­tua­tions sou­le­vées.

Les va­cances de Rou­leau

À la pé­riode de ques­tions, un ci­toyen, in­ter­pel­lait le maire Jacques La­brosse. La ques­tion : lui, ou ses conseillers, avaient-ils bé­né­fi­cié, de­puis qu’ils sont en poste, soit les trois der­nières an­nées, de dons, de ca­deaux, de voyages ou de gra­ti­fi­ca­tions quel­conques éma­nant d’en­tre­pre­neurs ou de firmes qui sont en lien d’af­faires avec la Ville? Cha­cun des conseillers s’est alors pu­bli­que­ment li­vré à un témoignage per­son­nel pro­cla­mant leur droi­ture.

Autre ques­tion au conseiller Rou­leau, ce der­nier pre­nait-il des va­cances en Thaï­lande avec un four­nis­seur de la Ville, Guy Laurin, un en­tre­pre­neur et conseiller mu­ni­ci­pal de Mi­ra­bel. « M. Laurin est un ami, oui il est un four­nis­seur de Saint-Co­lom­ban (G et R Laurin Trans­port), mais j’ai le droit de prendre des va­cances avec lui, car je paie moi-même mes dé­penses de voyage, » a ré­pon­du M. Rou­leau.

Au tour de Fran­cis Émond

Sui­vant cette in­ter­ven­tion, un autre ci­toyen, a po­sé à son tour, des ques­tions sur les ap­pa­rents conflits d’in­té­rêts liant le conseiller et pré­sident du Co­mi­té Consul­ta­tif d’Ur­ba­nisme (CCU), Fran­cis Émond, et sa compagnie, la Gou­dron Lau­ren­tien (dont il est le pré­sident). En in­vo­quant ses «liens d’af­faires », le conseiller Émond doit ré­gu­liè­re­ment se re­ti­rer pour des dé­ci­sions concer­nant le dé­ve­lop­pe­ment de la Ville de St-Co­lom­ban et il a sou­te­nu n’avoir au­cun pro­blème avec cette ap­pa­rence de si­tua­tion conflic­tuelle.

Re­joint par té­lé­phone, M. Émond nous as­sure qu’il s’est tou­jours re­ti­ré « toutes les fois » et qu’il ne «fait pas af­faire avec des pro­mo­teurs, mais des construc­teurs. Je fais des fon­da­tions ! »

Nous ap­pre­nons éga­le­ment qu’une plainte en bonne et due forme se­ra dé­po­sée au Mi­nis­tère des Af­faires Mu­ni­ci­pales.

Mé­la­nie Dostie dans l’eau chaude

Un autre ci­toyen, a ques­tion­né les conseillers et le maire sur le fait que le re­gistre pu­blic des en­tre­prises du Qué­bec fai­sait état que la compagnie Gou­dron Lau­ren­tien com­por­tait aus­si comme ad­mi­nis­tra­teurs et ac­tion­naires, Sté­phane Laurin, frère du conseiller Marc Laurin et fils de Guy Laurin, ain­si que Be­noit Therrien, conjoint de la conseillère Mé­la­nie Dostie.

Le conseiller Fran­cis Émond ex­plique que M. Therrien ne fait plus par­tie de sa compagnie de­puis peu et qu’il est dé­sor­mais sé­pa­ré de la conseillère Dostie… Il de­meure que la si­tua­tion pla­çant Ma­dame Dostie en conflit d’in­té­rêts exis­tait au­pa­ra­vant, sans que cette der­nière ne l’ait dé­cla­ré au­pa­ra­vant, no­tam­ment dans sa dé­cla­ra­tion an­nuelle d’in­té­rêts pé­cu­niaires. Ici aus­si, nous ap­pre­nons qu’une autre plainte of­fi­cielle se­ra dé­po­sée aux au­to­ri­tés com­pé­tentes.

Ré­ac­tions du maire

Re­joint par té­lé­phone, dans un pre­mier temps, le maire de Saint-Co­lom­ban, Jacques La­brosse nous in­forme qu’il ne voit pas de pro­blèmes de conflit d’in­té­rêts ni pour Mon­sieur Émond ni pour Mé­la­nie Dostie. En ce qui concerne les va­cances du conseiller Rou­leau, Il n’y pas de pro­blème non plus, « il se conforme à la loi et peut par­tir avec un ami, en l’oc­cur­rence Guy Laurin». Il in­siste sur le fait que chaque an­née les conseillers font leur dé­cla­ra­tion de « di­vul­ga­tion des in­té­rêts pé­cu­niers». Il ter­mine, « il y a des élec­tions dans un an, ça doit être la rai­son de toutes ces ques­tions!»

Or, le maire La­brosse nous rap­pelle deux jours plus tard et nous dé­clare : «J’ai vé­ri­fié. Fi­na­le­ment en 2011, il n’y avait pas de pro­blème, mais au­pa­ra­vant oui. J’au­rais dû être plus vi­gi­lant en tant que maire. À l’avenir je vais l’être. Ils au­raient dû se re­ti­rer. Éven­tuel­le­ment, je vais en dis­cu­ter avec eux!» Fran­cis Émond se re­tire tou­jours. Je n’ai pas eu le temps de vé­ri­fier si Mé­la­nie Dostie avait dé­cla­ré M. Therrien. Mais c’est in­di­rect»ajoute-t-il

« Je trouve mal­heu­reux qu’on at­taque des gens au lieu de dis­cu­ter avec eux, si on est en désac­cord. Ce soir-là je dé­po­sais mon rap­port fi­nan­cier. La si­tua­tion est bonne. On a fait de bons coups et on ne parle pas de ça. Par exemple du nou­veau Centre spor­tif et com­mu­nau­taire. Je ne re­garde pas le cô­té né­ga­tif des choses. Je m’at­tends à ce qu’on avance dans la pro­chaine an­née, » in­siste le maire de Saint Co­lom­ban.

Au mo­ment de mettre sous presse ni le conseiller Rou­leau ni la conseillère Dostie n’avaient re­tour­né nos ap­pels. Sui­vez-nous sur Fa­ce­book ( fa­ce­book.com/Jour­nal­le­nord) et Twit­ter (@Jour­nal­Le­Nord)

Pho­to Fran­çoise le Guen

Jacques La­brosse

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