Les jeunes des Lau­ren­tides : de très grands consom­ma­teurs!

Le Nord - - NOS JEUNES - Bri­gitte Ber­trand

L’En­quête qué­bé­coise sur la san­té des jeunes du se­con­daire 2010-2011 me­née au­près de 63 000 jeunes, dont 3866 des Lau­ren­tides, a dé­mon­tré que les ado­les­cents de la ré­gion consomment da­van­tage d’al­cool, de drogue et de ta­bac que leurs com­parses du reste du Qué­bec.

Les ré­sul­tats du pre­mier tome de cette en­quête pan-qué­bé­coise, dé­voi­lés par l’Ins­ti­tut de la sta­tis­tique du Qué­bec le 22 oc­tobre der­nier, ont per­mis de consta­ter que les élèves du se­con­daire sont gé­né­ra­le­ment en bonne san­té, mais ont des ha­bi­tudes de vie et des com­por­te­ments à risque. Les ado­les­cents des Lau­ren­tides n’échappent pas à la règle. Les jeunes ont été ques­tion­nés sur leurs ha­bi­tudes ali­men­taires, leur ni­veau d’ac­ti­vi­té phy­sique, leur consom­ma­tion de ta­bac, de drogue et d’al­cool, leurs ha­bi­tudes sexuelles, leur poids et ap­pa­rence ain­si que sur la per­cep­tion de leur état de san­té.

Plus de drogue, d’al­cool et de ta­bac

Les élèves des Lau­ren­tides ont un état de san­té com­pa­rable à ce­lui de l’en­semble du Qué­bec, mais l’en­quête dé­montre tou­te­fois une dif­fé­rence no­table au ni­veau de cer­taines ha­bi­tudes de vie. « Ce qui les dis­tingue, c’est qu’ils ont consom­mé da­van­tage de drogue, de ta­bac et d’al­cool et qu’ils ont da­van­tage de re­la­tions sexuelles », men­tionne Syl­vie Na­don, agente de recherche à la Di­rec­tion de la san­té pu­blique des Lau­ren­tides.

Au Qué­bec, 11,5% des élèves du se­con­daire sont fu­meurs ou fu­meurs dé­bu­tants, alors que ce taux grimpe à 14,9% dans les Lau­ren­tides. Tou­te­fois, le nombre de fu­meurs a dras­ti­que­ment chu­té au cours des der­nières an­nées puisque 30% des jeunes Qué­bé­cois fu­maient en 1998.

Les ados de notre ré­gion sont plus nom­breux à avoir consom­mé de la drogue au cours des douze der­niers mois, soit 28,8% contre 25,7% pour l’en­semble du Qué­bec. Le can­na­bis est la sub­stance la plus po­pu­laire; 28% des élèves des Lau­ren­tides en ont consom­mé dans la der­nière an­née, contre 24,9% pour les jeunes du Qué­bec. Tou­te­fois, les sta­tis­tiques sont en­cou­ra­geantes : de­puis 2000, le taux de consom­ma­teurs est pas­sé de 43% à 28%. « Les jeunes des Lau­ren­tides res­semblent à ceux des autres ré­gions. Ce sont sur­tout les ré­gions de La­val et Mon­tréal qui font bais­ser la sta­tis­tique pro­vin­ciale. L’écart pour­rait être dû à la di­ver­si­té cultu­relle et aux dif­fé­rents va­leurs vé­hi­cu­lées chez d’autres eth­nies », ex­plique Syl­vie Na­don. Mme Na­don sou­ligne néan­moins que le taux de dé­pen­dance ou de pro­blé­ma­tiques avec les drogues n’est pas plus élevé ici qu’ailleurs.

Les élèves lau­ren­tiens sont aus­si plus nom­breux à consom­mer de l’al­cool. Près de 65% d’entre eux ont af­fir­mé en avoir bu dans la der­nière an­née, contre 59,7% dans l’en­semble de la pro­vince. Ils sont 46,4% à en avoir consom­mé de fa­çon ex­ces­sive alors que le taux qué­bé­cois est de 41%.

Pas si dif­fé­rents, nos jeunes

Nos ado­les­cents ont pra­ti­que­ment la même per­cep­tion de leur état de san­té que leurs pairs des autres ré­gions. Plus de 70% consi­dèrent qu’ils sont en ex­cel­lente ou en très bonne san­té. Près de 4% croient que leur san­té est pas­sable ou mau­vaise. Les ado­les­cents de la ré­gion ont aus­si des ha­bi­tudes ali­men­taires si­mi­laires: 44% d’entre eux consomment la por­tion mi­ni­male re­com­man­dée de fruits et de lé­gumes et 48% at­teignent leur consom­ma­tion de pro­duits lai­tiers. Ils sont plus nom­breux dans notre ré­gion à dé­jeu­ner avant de par­tir pour l’école, soit 61,5% contre 59,7%.

Les jeunes lau­ren­tiens bougent da­van­tage que les autres élèves du Qué­bec. 16,2% sont ac­tifs (vs 15,9% au Qué­bec) et 32% se disent sé­den­taires (contre 34% pour l’en­semble de la pro­vince).

Quelques signes po­si­tifs

Le poids des élèves de la ré­gion se si­tue en de­çà de la moyenne qué­bé­coise. Alors que 71,3 % des jeunes dans les Lau­ren­tides ont un poids nor­mal, le taux moyen du Qué­bec baisse à 68,8%. Nos jeunes sont aus­si moins obèses (4,1% vs 6,8%) et font moins d’em­bon­point (12,9% vs 14,2%). Ils sont aus­si moins nom­breux à avoir eu re­cours à des mé­thodes po­ten­tiel­le­ment dan­ge­reuses pour contrô­ler leur poids (64,4% vs 66,3%).

« La ré­gion se dé­marque aus­si du reste de la pro­vince avec une pro­por­tion plus im­por­tante d’élèves ayant eu au moins une re­la­tion sexuelle consen­suelle au cours de leur vie (41,8% contre 37,1%). Ce­pen­dant, les in­di­ca­teurs dé­cri­vant les com­por­te­ments sexuels à risque semblent se com­pa­rer à la si­tua­tion de la pro­vince », peut-on lire dans le rap­port émis par l’Agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux des Lau­ren­tides. « Les pro­blé­ma­tiques de san­té prio­ri­taires sont l’aug­men­ta­tion des in­fec­tions trans­mises sexuel­le­ment et par le sang (ITSS) et la pré­ven­tion des maladies chroniques par les ha­bi­tudes de vie. Il y a beau­coup d’amé­lio­ra­tion à ap­por­ter », d’ajou­ter Mme Na­don.

Grâce à des ana­lyses plus ap­pro­fon­dies, cette en­quête per­met­tra éven­tuel­le­ment de dé­ter­mi­ner les fac­teurs fa­vo­rables à la san­té et aux bonnes ha­bi­tudes de vie, tels que les sta­tuts fa­mi­liaux, l’âge, la ré­gion, le ni­veau sco­laire et le sexe.

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