Une ma­ni­fes­ta­tion pour que cessent les pré­ju­gés

Le Nord - - LA UNE - Mathieu Ste-ma­rie

Mal­gré un temps froid, une ving­taine de per­sonnes, pan­cartes à la main, se sont réunies au coin de la rue de Mar­ti­gny et du bou­le­vard Mon­sei­gneur-Du­bois, à Saint-Jé­rôme, pour sen­si­bi­li­ser les ci­toyens aux pré­ju­gés que vivent les per­sonnes at­teintes du VIH, ven­dre­di en fin d’après-mi­di.

Or­ga­ni­sé par Centre Si­da Ami­tié (CSA), cet évé­ne­ment était te­nu en marge de la Se­maine na­tio­nale de sen­si­bi­li­sa­tion au VIH/Si­da. Plu­sieurs au­to­mo­bi­listes klaxon­naient pour ap­puyer cette cause.

Se­lon le di­rec­teur du CSA, Hu­go Bis­son­net, les pré­ju­gés sur les gens vi­vants avec le VIH ont en­core la vie dure, même en 2012. « La se­maine der­nière, je don­nais une en­tre­vue pour la té­lé­vi­sion lo­cale et quel­qu’un dans la salle m’a lan­cé : « S’ils ont le VIH, c’est qu’ils ont cou­ru après ! » C’est faux », ra­conte M.Bis­son­net. « C’est le si­da qu’il faut ex­clure, pas les sé­ro­po­si­tifs » , ajoute-t-il.

Ce der­nier sou­ligne qu’après avoir contrac­té ce vi­rus, plu­sieurs per­sonnes sont re­je­tées par leurs amis et leur fa­mille.

C’est le cas de Ro­bert L. qui, pen­dant deux ans, n’a pra­ti­que­ment pas eu de contact avec sa fa­mille puis­qu’elle avait peur de contrac­ter le VIH. « Mes pa­rents ne m’in­vi­taient jamais à man­ger chez eux puis­qu’ils ne vou­laient pas que je mange dans leurs as­siettes » , ra­conte- t- il. Heu­reu­se­ment pour lui, ses pa­rents ont fi­ni par com­prendre que le risque de trans­mis­sion de ce vi­rus est nul.

D’ailleurs, l’Agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux des Lau­ren­tides rap­pelle qu’em­bras­ser une per­sonne in­fec­tée, boire dans le verre de celle-ci ou se ser­rer dans les bras de cette per­sonne ne com­porte au­cun risque de contrac­ter ce vi­rus.

Des chiffres alar­mants

Dans les Lau­ren­tides, une moyenne de 13 nou­veaux cas de VIH son dé­cla­rés chaque an­née. De plus, au cha­pitre des ma­la­dies trans­mis­sibles sexuel­le­ment, les Lau­ren­tides est une des ré­gions du Qué­bec avec le plus haut taux de chla­my­dia et go­nor­rhée chez les 15-24 ans, sou­ligne Hu­go Bis­son­net.

Ac­tuel­le­ment, près de 20 000 Qué­bé­cois et Qué­bé­coises vivent avec le VIH et on es­time qu’il y au­rait en­vi­ron deux per­sonnes par jour qui de­viennent in­fec­tées.

Dans la pro­vince, le taux de mor­ta­li­té lié au si­da a beau­coup chu­té, mais près d’une cen­taine de per­sonnes en meurent en­core chaque an­née.

Sou­li­gnons qu’une per­sonne sur quatre vi­vant avec ce vi­rus ignore qu’elle est in­fec­tée. La seule fa­çon de le sa­voir est de pas­ser un test.

Mathieu Ste-ma­rie

Ces per­sonnes ont at­ti­ré l’at­ten­tion des au­to­mo­bi­listes sur une cause qui leur tient à coeur.

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