Des lo­co­mo­tives qui dé­rangent…

Le dé­pu­té fédéral ac­com­pagne les ci­toyens

Le Nord - - TRAIN DE BANLIEUE - Fran­çoise Le Guen

Hier soir à l’émis­sion La fac­ture dif­fu­sée à Ra­dioCa­na­da, il était ques­tion de la pro­blé­ma­tique que vivent près d’une cen­taine de ré­si­dants du sec­teur Saint-An­toine, dont les mai­sons sont li­mi­trophes au « dor­toir » des trains de la ligne Saint-Jé­rôme/ Montréal.

Ils se font ré­veiller aux en­vi­rons de 4 h 20 du ma­tin, du lun­di au ven­dre­di, quand les pré­po­sés font dé­mar­rer les lo­co­mo­tives en vue de la des­serte à comp­ter de 5 h 30 à par­tir de la gare in­ter­mo­dale de Saint-Jé­rôme.

Le dos­sier est sur la table de­puis de nom­breux mois, mais avance à pas de tor­tue. Une chose est cer­taine, Pierre Dionne La­belle, le dé­pu­té fédéral, les ac­com­pa­gne­ra dans leurs dé­marches. D’au­tant que, se­lon son at­ta­ché po­li­tique Nor­mand La­londe la loi fé­dé­rale s’ap­plique au bruit des trains. « On ne les abandonne pas, on les ren­seigne, les ac­com­pagne dans leurs dé­marches,» as­sure-t-il.

De­puis 2007

Au bu­reau du dé­pu­té pro­vin­cial, Kim Nu­nès, nous dit que Jacques Du­ches­neau a re­pris le dos­sier dé­jà en main de l’ex-dé­pu­té Gilles Ro­bert. « Il y a dé­jà eu deux ren­contres au bu­reau (deux ci­toyens en no­vembre, trois ci­toyens en dé­cembre). On est sur le dos­sier, au ni­veau pro­vin­cial. On ac­com­pagne les ci­toyens dans notre champ de com­pé­tence et de ju­ri­dic­tion » Toute l’his­toire re­monte le 8 jan­vier 2007, lorsque l’Agence mé­tro­po­li­taine de transports (AMT) pro­longe sa ligne de train de ban­lieue Blain­vil­leMon­tréal jus­qu’à Saint-Jé­rôme. L’AMT amé­nage alors un ga­rage pour ses lo­co­mo­tives très proches d’un quar­tier ré­si­den­tiel de Saint-Jé­rôme. M.Paul-An­dré Clou­tier, qui ha­bite sur la rue des Bou­leaux, à deux pas du ga­rage des trains af­fir­mait (texte de My­chel La­pointe du 25 avril der­nier) qu’il n’avait rien contre le ser­vice du train de ban­lieue. Les ré­si­dents souffrent de se faire ré­veiller aux en­vi­rons de 4 h 20 du ma­tin.

Où en est le dos­sier?

Le cau­che­mar, les gens le vivent de­puis six ans, comme

Mes­sieurs Clou­tier et Ma­rio Le­sage, et leurs voi­sins de­puis les tout dé­buts de la des­serte du train à Saint-Jé­rôme, à la hau­teur de la rue du Boi­sé. En avril ces ci­toyens di­saient avoir fait des re­pré­sen­ta­tions au­près des au­to­ri­tés municipales de SaintJé­rôme et au­près de l’Agence mé­tro­po­li­taine de trans­port (AMT), mais sans grand suc­cès.

À la Ville de Saint-Jé­rôme, ils sou­lignent s’être fait ré­pondre que le dos­sier re­lève de l’AMT et à l’AMT que ça re­lève du gou­ver­ne­ment fédéral (ils ont ob­te­nu la même ré­ponse de la part du mi­nis­tère des Af­faires municipales des Ré­gions et de l’Oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire). Les deux Jé­rô­miens en­ten­daient donc, à l’époque, al­ler faire des re­pré­sen­ta­tions au­près des ins­tances fé­dé­rales, en­cou­ra­gés en ce sens par les gens du bu­reau du dé­pu­té de Pré­vost, M.Gilles Ro­bert.

Dans les faits, les ci­toyens ont pré­pa­ré un dos­sier pour mi­nis­tère des Af­faires municipales des Ré­gions et de l’Oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire (MAMROT) avec l’ad­joint du dé­pu­té Gilles Ro­bert, une plainte qui a été re­fu­sée, car le dos­sier se­rait de com­pé­tence fé­dé­rale. Nor­mand La­londe nous confirme : « Oui le dos­sier se­rait de com­pé­tence fé­dé­rale, on a fouillé, cer­tains faits sont de com­pé­tence mu­ni­ci­pale ( bruits, zo­nage ), le bruit d’ori­gine fer­ro­viaire est de com­pé­tence fé­dé­rale.» L’ad­joint du dé­pu­té fédéral continue «le bruit est conte­nu dans la loi sur le train, mais la mu­ni­ci­pa­li­té a sa res­pon­sa­bi­li­té. Les ci­toyens veulent dé­po­ser une plainte (Of­fice des transports du Ca­na­da) mais avant de la dé­po­ser il faut faire la preuve que tout a été ten­té pour ré­gler.»

Gi­rard dé­cline

Coup de théâtre, il nous été per­mis d’ap­prendre que der­niè­re­ment l’an­cien dé­pu­té pé­quiste Ni­co­las Gi­rard, à la tête de l’Agence mé­tro­po­li­taine de trans­port (AMT), au­rait re­fu­sé de ren­con­trer les ci­toyens. Le Jour­nal le Nord a ten­té de re­joindre Monsieur Gi­rard sans suc­cès. « Il n’est pas dis­po­nible pour ré­pondre à vos ques­tions » ré­pond mar­di, Brigitte Léo­nard, des com­mu­ni­ca­tions de l’AMT. Il reste que, sui­vant la pro­cé­dure, les ci­toyens doivent al­ler en mé­dia­tion. Une de­mande de mé­dia­tion va être dé­po­sée à l’opé­ra­teur du train. Pour le mo­ment, les ci­toyens font le tour des ré­si­dences concer­nées, ap­prend-on au bu­reau du dé­pu­té fédéral.

Mé­dia­tion ?

Tou­jours sui­vant Nor­mand La­londe, si l’AMT re­fuse la mé­dia­tion les ci­toyens peuvent dé­po­ser la plainte à l’Of­fice des transports. Il y au­ra dé­li­bé­ra­tion, ren­contre des par­ties (c’est une dé­marche ju­di­ciaire) puis dé­ci­sion. « Dans notre cas, en 1981, il n’y avait plus de train, car on di­sait le ser­vice non ren­table, il était même ques­tion d’en­le­ver la voie ferrée,» met en re­lief Nor­mand La­londe.

«Le pro­blème que vivent les ci­toyens n’est pas le pas­sage du train, mais les vi­bra­tions basses des 8 lo­co­mo­tives qui partent à 4 h du ma­tin. Ils ne dorment plus, sont sur les pi­lules, les boules dans les oreilles, cer­tains ont des fis­sures dans leur mai­son, sans par­ler des odeurs de die­sel. Et le ga­rage va prendre de l’am­pleur, car il est ques­tion nou­velle ins­tal­la­tion.»

Der­niè­re­ment, on ap­pre­nait que l’AMT était pour aug­men­ter le nombre de pas­sages et cir­cu­le­rait la fin de se­maine à par­tir de juin 2013. «Le mi­nistre des Transports a été ques­tion­né en Chambre sur le su­jet, » ajoute M. La­londe.

Le pro­blème concerne 30 pro­prié­tés, 99 ré­si­dents, d’après un sondage mai­son réa­li­sé par les ci­toyens, tous af­firment que le bruit nuit à leur quié­tude, 57 % ont dé­jà por­té plainte à dif­fé­rentes re­prises.

À l’Agence mé­tro­po­li­taine de trans­port, on consi­dère avoir tout fait pour évi­ter que les ci­toyens soient in­com­mo­dés par le bruit.

Re­joint par le Jour­nal, M. Clou­tier a choi­si de com­men­ter après la dif­fu­sion de l’émis­sion, tout comme les deux dé­pu­tés concer­nés.

À suivre…

Pho­to My­chel La­pointe

Ma­rio Le­sage (à gauche) et Paul-An­dré Clou­tier n’en peuvent plus de se faire ré­veiller par le train.

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