«T’as des hanches, des fesses, c’est nor­mal»

Nu­tri­tion­niste au Pro­gramme Jeu­nesse du CSSS de Saint-jé­rôme

Le Nord - - SANTÉ - Fran­çoise Le Guen

Se­lon Brigitte Cam­den, nu­tri­tion­niste au Pro­gramme Jeu­nesse du CSSS de Saint-Jé­rôme, im­pli­quée dans la jour­née de mo­bi­li­sa­tion à la po­ly­va­lente pour chan­ger les normes de beau­té de la so­cié­té, « Les jeunes d’au­jourd’hui sont tel­le­ment pré­oc­cu­pés par leur poids et leur ap­pa­rence, je le constate tous les jours. Ils s’ima­ginent que ce que l’on voit à la télé et dans les pu­bli­ci­tés, c’est la réa­li­té et un but à at­teindre. »

Bien dans sa tête, bien dans sa peau

Per­sonne-res­source qui tra­vaille à pro­mou­voir le pro­gramme BTBP (Bien dans sa tête, bien dans sa peau) au sein de l’École po­ly­va­lente SaintJé­rôme, no­tam­ment au ni­veau de la per­cep­tion qu’ont les ado­les­cents de leur image cor­po­relle, Brigitte Cam­den pré­cise que «BTBP est un pro­gramme sco­laire pour les écoles se­con­daires afin de mettre en place des ac­ti­vi­tés qui vont faire prendre conscience aux jeunes que le mo­dèle de beau­té unique n’existe pas.»

Un pro­gramme ac­tif à l’École po­ly­va­lente Saint- Jé­rôme qui a d’ailleurs sou­li­gné la Jour­née sans ma­quillage, Belles au na­tu­rel. «Dé­pen­dam­ment du mi­lieu, il va y avoir dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés qui vont être faites. On peut par­tir des choses du mi­lieu et les bo­ni­fier ou bâ­tir des ac­ti­vi­tés soit des ac­ti­vi­tés en classe ou des ac­ti­vi­tés de masse, des kiosques. Par exemple une en­sei­gnante en éthique et culture re­li­gieuse va par­ler de la Charte qué­bé­coise pour une image cor­po­relle saine et di­ver­si­fiée dans les classes.»

«Ici, on a aus­si un vo­let du re­grou­pe­ment de Qué­bec en forme qui fait bou­ger des jeunes qui ne bougent peut-être pas avec le spin­ning (car­dio vé­lo), le zum­ba, qui in­citent à bou­ger d’une autre fa­çon. Les arts mar­tiaux vont com­men­cer bien­tôt.»

On est tous unique

«Moi j’ai plus un rôle de sup­port, je suis par­te­naire, je tra­vaille au CLSC avec l’équipe jeu­nesse. Je peux voir des jeunes en in­di­vi­duel, ré­fé­rés par mon équipe et, comme nu­tri­tion­niste, j’aide les écoles pri­maires et se­con­daires, par­fois le cé­gep, à faire des ac­ti­vi­tés de pro­mo­tion/ prévention, toutes sortes de choses en lien avec l’alimentation. J’aide la po­ly­va­lente à orien­ter des ac­tions pour que ça ne soit pas «on fait une course pour perdre du poids». Non. BTBP c’est : on veut bou­ger pour le plai­sir de bou­ger, on veut man­ger pour le plai­sir c’est en lien avec ces va­leurs-là. On veut chan­ger la norme so­ciale de dire, c’est nor­mal d’être maigre. Non, c’est nor­mal d’avoir des for­mats cor­po­rels dif­fé­rents, c’est nor­mal de bou­ger et de bien man­ger,» par­tage Brigitte Cam­den.

Elle ajoute : «Le pro­gramme a un vo­let image cor­po­relle, soit s’ai­mer comme on est. On est tous unique. On est tous dif­fé­rents et c’est par­fait; il ne faut pas que tout le monde soit pa­reil comme ce que l’on voit dans les mé­dias, les ma­ga­zines… »

«T’as des hanches, des fesses, c’est nor­mal»

«Comme nu­tri­tion­niste je vois beau­coup de jeunes en in­di­vi­duel qui ont des pré­oc­cu­pa­tions de poids. On es­saye de voir si c’est un trouble ali­men­taire ou si on est juste sur le bord de… Quand je les ren­contre, je leur fais prendre conscience que, quand tu as mal à la tête, mal au coeur, que tu es étour­di, c’est parce que tu as faim; tu sautes un re­pas, mais ton corps il parle. Ou je leur montre une image mo­di­fiée, pour faire prendre conscience de la pres­sion de la so­cié­té.» La nu­tri­tion­niste leur rap­pelle que «t’as des hanches des fesses c’est nor­mal ».

«Et les gars que j’ai vus c’est : je avoir un “six pack”. Ils ont 14 ans.

Ma­dame Cam­den a no­té que, sou­vent, les filles du se­con­daire 3/4 ont com­men­cé à cou­per des re­pas « mais ce n’est pas la bonne fa­çon de perdre du poids. Je parle des saines ha­bi­tudes de vie. Comme le som­meil c’est im­por­tant pour le contrôle du poids, l’ac­ti­vi­té phy­sique.»

D’après ma­dame Cam­den, cette conscien­ti­sa­tion avance tran­quille­ment. «C’est long, c’est cultu­rel! La so­cié­té, toute la culture amé­ri­caine qui nous ar­rive…» Le Pro­gramme existe de­puis les an­nées 90.

Le rôle de pa­rents est éga­le­ment im­por­tant. Il existe no­tam­ment le pro­gramme « votre in­fluence a du poids » . Brigitte Cam­den met de l’avant qu’une mère à la diète tout le temps, tou­jours sur la ba­lance, c’est ça l’en­fant a comme mo­dèle. De plus, les jeunes sont bom­bar­dés dans les mé­dias par les images mo­di­fiées!».

Des adultes conscien­ti­sés

«Ici, il y a un co­mi­té école d’adultes in­té­res­sés par la pro­blé­ma­tique, des en­sei­gnants de dif­fé­rents ni­veaux, un conseiller d’orien­ta­tion, la pro­fes­seure d’an­glais qui or­ga­nise le spin­ning. Elle va faire le dé­fi Pierre La­voie avec des jeunes qui ne bou­geaient pas au dé­part, mais qui ont le goût de faire un dé­fi.»

Afin de vo­ter pour leur fi­na­liste pré­fé­ré, les jeunes doivent se rendre au www.der­rie­re­le­mi­roir.ca jus­qu’au 29 mars 2013.

Pho­to Fran­çoise Le Guen

Fré­dé­rique Du­fort avec le co­mi­té jeu­nesse BTBP de l’École po­ly­va­lente Saint-Jé­rôme : Ma­rieJo­sée Trem­blay, res­pon­sable du pro­gramme BTBP, Amé­lie, Sa­rah, Fré­dé­rique Du­fort, Sout­chia­na et William.

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