«Nous avons for­mel­le­ment re­çu leur nou­velle de­mande - Lise Goyer

Les pa­ra­mé­dics des SPLL en grève

Le Nord - - LA UNE - Fran­çoise Le Guen

Les am­bu­lan­ciers des SPLL (Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­tides-La­nau­dière) sont en grève de­puis le mar­di 12 mars. La Fra­ter­ni­té des pa­ra­mé­dics de la Rive-Nord (FPRN) monte la pres­sion face à ce qu’il dé­nonce comme un re­fus de né­go­cier de la part des em­ployeurs.

Au mo­ment de mettre sous presse, Lise Goyer, pré­si­dente-di­rec­trice gé­né­rale des SPLL nous dit avoir re­çu une nou­velle de­mande de la FPRN.: « On a re­çu for­mel­le­ment leur nou­velle de­mande hier (lun­di 11 mars), vers 15 h. On en a pris connais­sance. On les at­tend au­jourd’hui (mar­di 12 mars) vers 16 h. Il s’agit tou­jours de la par­tie nor­ma­tive de la conven­tion col­lec­tive, je ne peux pas vous en dire plus. »

Non ca­té­go­rique

Lun­di, Alexandre Brouillette, vice-pré­sident exé­cu­tif de la Fé­dé­ra­tion des pa­ra­mé­dics et des em­ployés des ser­vices pré­hos­pi­ta­liers du Qué­bec (FPESPQ) met­tait de l’avant que les né­go­cia­tions étaient res­tées au point mort « Il n’y a pas d’en­tente avec l’em­ployeur, la grève dé­bute ce soir !»

«Ici, il s’agit d’une de­mande à l’em­ployeur concer­nant les clauses de pro­tec­tions. On de­mande le droit à l’in­for­ma­tion, soit une lettre, un avis dis­ci­pli­naire dans les 48 h pré­cé­dentes, qui nous ex­plique pour­quoi on est convo­qué, soit exac­te­ment les mêmes droits qu’au cri­mi­nel. Là, ce n’est pas le cas. Ils nous prennent par sur­prise, pour des af­faires qui re­montent à deux ans, et on ne peut pas se pré­pa­rer. Nous avons re­çu un non ca­té­go­rique de l’em­ployeur. On a fer­mé la table de né­go­cia­tion. Alors que le Qué­bec en en­tier a dit oui, a si­gné. L’ASAQ (l’As­so­cia­tion des ser­vices d’am­bu­lance du Qué­bec) est le seul à avoir dit non à cette clause de pro­tec­tion. Dans notre Fé­dé­ra­tion, qui re­groupe 57 syn­di­cats, 53 ont dit oui, 4 re­fusent,» ex­plique Alexandre Brouillette.

Monsieur Brouillette pré­cise éga­le­ment que tout ce qui re­garde le Mi­nis­tère de la San­té et des Ser­vices so­ciaux (aug­men­ta­tion sa­la­riale, etc.) est dé­jà ré­glé.

« Lors de la grève, on ne touche pas à la po­pu­la­tion. Les pa­ra­mé­dics conti­nue­ront d’as­su­mer les ser­vices. On fait une pres­sion ad­mi­nis­tra­tive,» pré­cise Alexandre Brouillette.

Par ailleurs, plus d’une cen­taine de pa­ra­mé­dics ma­ni­fes­taient lun­di 11 mars der­nier, de­vant les bu­reaux des Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­ti­desLa­nau­dière (SPLL) à Mi­ra­bel.

Man­dat de grève illi­mi­tée

Le 8 fé­vrier der­nier, les membres de la FPRN avaient don­né un man­dat de grève à leur exé­cu­tif. Puis­qu’il y a blo­cage de­puis plus d’un an dans les né­go­cia­tions, l’exé­cu­tif de la FPRN dé­clen­che­ra la grève gé­né­rale illi­mi­tée le 12 mars à 12 h 01. Le 3 mars der­nier, après avoir fi­na­li­sé les pré­pa­ra­tifs né­ces­saires, le man­dat de grève illi­mi­tée a été en­voyé à l’em­ployeur, les Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­tides La­nau­dières (SPLL) et au Conseil des ser­vices es­sen­tiels en res­pec­tant les dé­lais pré­vus par la loi an­nonce la Fra­ter­ni­té des pa­ra­mé­dics de la Rive-Nord (FPRN).

Né­go­cia­tions au point mort

De fait, les par­ties im­pli­quées étaient le jeu­di 7 mars, de­vant le conseil des ser­vices es­sen­tiels. « Nous sommes de­vant un mur de né­go­cia­tions pour le mo­ment,» nous in­for­mait Alexandre Ga­gné pré­sident in­té­ri­maire de la Fé­dé­ra­tion des pa­ra­mé­dics en nous pré­ci­sant que le li­tige «ne vise pas le Mi­nis­tère de la San­té, mais bien l’em­ployeur.» Il est ques­tion entre autres de l’en­ca­dre­ment des em­ployés en cas de pour­suite, de la pro­tec­tion du tra­vailleur. La Fra­ter­ni­té des pa­ra­mé­dics de la Rive-Nord re­pré­sente les 237 pa­ra­mé­dics em­ployés chez les Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­tides La­nau­dières, une en­tre­prise de Lise Goyer, pré­si­dente- di­rec­trice gé­né­rale. Les membres de la FPRN sont sans contrat de tra­vail de­puis mars 2010. Cette si­tua­tion per­siste de­puis un an, mal­gré une en­tente de prin­cipe pour les autres en­tre­prises du sec­teur am­bu­lan­cier.

As­pects nor­ma­tifs de la conven­tion col­lec­tive

Les né­go­cia­tions achoppent prin­ci­pa­le­ment sur les as­pects nor­ma­tifs de la conven­tion col­lec­tive. Il est de dif­fi­cile com­prendre pour­quoi les né­go­cia­tions n’avancent pas, car, la FPRN de­mande seule­ment les mêmes condi­tions de tra­vail que l’en­semble des pa­ra­mé­dics de la pro­vince ont dé­jà ob­te­nu se de­mande la FPRN. La FPRN trouve pa­ra­doxal le blo­cage dans les né­go­cia­tions alors que SPLL se targue que : « Les autres réus­sissent, les nôtres ex­cellent. » «Si les pa­ra­mé­dics de SPLL ex­cellent, ce qu’ils font, pour­quoi de­vraient-ils se conten­ter d’une conven­tion col­lec­tive à ra­bais?» se de­mande la Fra­ter­ni­té.

Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­ti­desLa­nau­dière

Ser­vices pré­hos­pi­ta­liers Lau­ren­tides-La­nau­dière Ltée (SPLL) est une en­tre­prise qui ex­ploite main­te­nant de­puis plus de 35 ans un ser­vice am­bu­lan­cier. Elle as­sume éga­le­ment la prise d’ap­pel et la ré­par­ti­tion des res­sources d’autres en­tre­prises am­bu­lan­cières et de ser­vices de pre­miers ré­pon­dants de la ré­gion des Lau­ren­tides et de la ré­gion de La­nau­dière. Au cha­pitre de ses ac­ti­vi­tés am­bu­lan­cières, l’en­tre­prise des­sert 510 000 per­sonnes ré­par­ties sur le ter­ri­toire des Basses-Lau­ren­tides et du sud de La­nau­dière et ef­fec­tue près de 30 000 transports par an­née.

Pho­to: Ar­mand Ohayon

Les am­bu­lan­ciers sont en grève pour une ques­tion de pro­tec­tion ju­ri­dique.

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