Ca­fé de rue : pé­ril en la de­meure

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Le 31 mars 2013, le Ca­fé de rue du Centre Si­da Ami­tié (CSA) n’au­ra, semble-t-il, plus les fonds né­ces­saires pour conti­nuer de fonc­tion­ner. Et ce mal­gré le be­soin criant de ses ser­vices dans les Lau­ren­tides.

Il pour­rait à nou­veau fer­mer ses portes, comme au mois de juin 2011. D’au­tant que le gou­ver­ne­ment fédéral an­non­çait dé­but 2013 qu’il cou­pait la sub­ven­tion.

Plus de sub­ven­tion

Le Ca­fé de rue était en ef­fet sou­te­nu par une sub­ven­tion du gou­ver­ne­ment fédéral, le Pro­gramme de sou­tien au fi­nan­ce­ment du trai­te­ment de la toxi­co­ma­nie (PSFTT), nous dit Mme Ma­rie-Jo­sée Gron­din, agente d’in­for­ma­tion à l’Agence de la san­té et des ser­vices so­ciaux des Lau­ren­tides.

Le CSA, lui est sub­ven­tion­né par le Pro­gramme de sou­tien aux or­ga­nismes com­mu­nau­taires (PESOC) de l’Agence de la san­té pour un mon­tant de 237, 234 $ en 2011/2012. La mis­sion des deux en­ti­tés est dif­fé­rente même si celles-ci s’en­tre­croisent.

Re­cherche par­te­naires

La sub­ven­tion fé­dé­rale de 353 230 $ qui avait per­mis la ré­ou­ver­ture du Ca­fé de rue en juin 2011 est va­lide jus­qu’en 2013 (31 mars) et pro­vient du Pro­gramme de sou­tien au fi­nan­ce­ment du trai­te­ment de la toxi­co­ma­nie (PSFTT). Ces sommes étaient mises à la dis­po­si­tion du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial, en l’oc­cur­rence à l’Agence de la san­té qui veille à la mise en oeuvre du pro­gramme. Le Ca­fé de rue S.O.S. et le CSSS étaient associés au pro­jet du CSA en par­ta­geant l’en­ve­loppe pour tra­vailler en co­hé­sion et four­nir des res­sources spé­cia­li­sées.

Le Centre Si­da Ami­tié (CSA) ne pour­ra sup­por­ter les coûts re­liés au Ca­fé de rue, la res­source pour lut­ter contre la pau­vre­té et l’iti­né­rance dans les Lau­ren­tides, d’au­tant qu’his­to­ri­que­ment le CSA a pour mis­sion de sen­si­bi­li­ser, dé­pis­ter, édu­quer et soi­gner la po­pu­la­tion des Lau­ren­tides en re­gard aux dif­fé­rentes réa­li­tés étant en lien avec le VIH/Si­da et les autres ITSS et sou­haite se confor­mer à cette mis­sion.

Tou­te­fois, les be­soins des per­sonnes iti­né­rantes vi­vant des si­tua­tions as­so­ciées à la ma­la­die men­tale et à la toxi­co­ma­nie ne cessent de croitre au Ca­fé de rue, nous di­sait dé­jà l’ex-di­rec­teur Gas­ton Leb­lanc en 2011.

Sen­si­bi­li­sa­tion dif­fi­cile

Dé­jà, en 2011, l’ex-di­rec­teur Gas­ton Leb­lanc men­tion­nait que le CSA ne vou­lait pas conti­nuer la lutte contre la pau­vre­té et l’iti­né­rance ni ser­vir de «contai­ner so­cial» pour les éta­blis­se­ments des mi­nis­tères de la Sé­cu­ri­té pu­blique, de la San­té de ser­vices so­ciaux et de la So­li­da­ri­té so­ciale ain­si que la ville de Saint-Jé­rôme.

Néan­moins, aler­té dès la fer­me­ture du Ca­fé de rue en juin der­nier, le dé­pu­té Pierre Dionne La­belle, en­ten­dant le cri du coeur lan­cé par le CSA, s’en­ga­geait im­mé­dia­te­ment en réunis­sant des par­te­naires lo­caux pour tra­vailler à la re­lance de la res­source.

Ac­tuel­le­ment, le dé­pu­té Pierre Dionne La­belle continue de suivre le dos­sier de très près. «On es­père être ca­pable d’an­non­cer quelque chose pro­chai­ne­ment,» nous dit son at­ta­ché po­li­tique Nor­mand La­londe en ajou­tant qu’il faut trou­ver un par­te­naire cen­tré sur la mis­sion de l’iti­né­rance, pour re­prendre ce dos­sier ré­gio­nal, qui touche toutes les Lau­ren­tides. «Des gens se montrent in­té­res­sés à for­mer un OBNL.»

Des so­lu­tions?

Nous sa­vons de source sûre que le pro­blème se­ra mis à l’ordre du jour de la Table de concer­ta­tion sur l’iti­né­rance le 18 mars pro­chain. Il y au­rait éga­le­ment de l’ar­gent du pro­vin­cial dis­po­nible pour l’iti­né­rance au CRÉ (par le Plan d’ac­tion gou­ver­ne­men­tal pour la so­li­da­ri­té et l’in­clu­sion so­ciale (PAGSIS)).

Et l’Agence ?

«L’Agence de la San­té et de ser­vices so­ciaux a uni­que­ment un rôle d’ac­com­pa­gne­ment pour le Ca­fé de rue, un rôle so­cial,» pré­cise ma­dame Gron­din, agente d’in­for­ma­tion.

«La ques­tion est main­te­nant de trou­ver comment main­te­nir le Ca­fé de rue. Il y a ac­tuel­le­ment des dis­cus­sions avec des gens. L’ur­gence est là, mais ne cadre pas dans le pro­gramme PESOC. L’Agence croit dans le Ca­fé de rue. Comment faire? C’est un pro­blème de fonds,» as­sure Ma­rie-Jo­sée Gron­din en ajou­tant :

« Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y a échange d’in­for­ma­tion avec les par­te­naires, Ca­fé de rue, CSA et Ca­fé SOS. Il faut sa­voir com­bien ça coûte par mois pour main­te­nir. Ac­tuel­le­ment, il reste un solde. Ils es­sayent de pous­ser quelques mois, à court terme. Et la se­maine pro­chaine, Mar­tin Si­mard, co­or­don­na­teur à la di­rec­tion gé­né­rale et des ser­vices so­ciaux ren­con­tre­ra Hu­go Bis­son­net, di­rec­teur du CSA pour faire un re­tour.» Re­joint par té­lé­phone mer­cre­di der­nier, Hu­go Bis­son­net n’était pas dis­po­nible avant le ven­dre­di 15 mars pour par­ler de la si­tua­tion.

Pho­to Mathieu Ste-ma­rie

Le Ca­fé de rue fer­me­ra-t-il ses portes ?

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.