«L’APHIL, c’est un mi­lieu de vie!»

Le Nord - - ACTUALITÉS - Brigitte Ber­trand

Mal­gré ses 32 ans d’exis­tence, l’APHIL (As­so­cia­tion des per­sonnes han­di­ca­pées in­tel­lec­tuelles des Lau­ren­tides) de­meure as­sez mé­con­nue du pu­blic. Quel est le rôle d’une telle as­so­cia­tion?

«Notre mis­sion est d’ai­der les per­sonnes han­di­ca­pées à dé­ve­lop­per leur au­to­no­mie, leur ré­seau d’amis. C’est aus­si de dé­fendre leurs droits et leur per­mettre de faire des ac­ti­vi­tés», ex­plique Catherine Dion, ani­ma­trice et in­ter­ve­nante de­puis sept ans. Des ac­ti­vi­tés, ce n’est pas ce qui manque à l’APHIL: ca­fé-ren­contre tous les ven­dre­dis, cui­sine col­lec­tive, ra­quette, quilles, ski al­pin, plage, théâtre, ate­liers de ma­rion­nettes. «Nous fai­sons aus­si des sorties spé­ciales. Nous al­lons à La Ronde, aux glis­sades d’eau, au ci­né­ma, à la ca­bane à sucre. Il y a les Olym­piques spé­ciaux chaque an­née et des com­pé­ti­tions de ski. Pour les 30 ans de l’or­ga­nisme, neuf de nos membres sont al­lés en France», confie Catherine. Elle ajoute: «L’APHIL, c’est leur mi­lieu de vie!».

Pour survivre, l’or­ga­nisme doit ré­col­ter en­vi­ron 100 000$ par an­née. «Nous re­ce­vons une sub­ven­tion de 93 000$ an­nuel­le­ment, mais nous de­vons amas­ser le reste nous­mêmes», men­tionne l’ani­ma­trice.

Pour ce faire, l’APHIL or­ga­nise ses jour­nées spa­ghet­ti qui se tien­dront les 2 et 3 mai pro­chain. L’or­ga­nisme peut aus­si comp­ter sur l’aide de Nez Rouge et sur la vente de ma­rion­nettes et de cartes fa­bri­quées par les membres. 95 per­sonnes, dont 75 han­di­ca­pés in­tel­lec­tuels ont leur carte de membre. Le per­son­nel de l’APHIL ai­me­rait bien que leur or­ga­nisme soit plus connu du grand pu­blic, ques­tion de fa­ci­li­ter les cam­pagnes de sous­crip­tion.

Tous dif­fé­rents

Nous avons ren­con­tré une tren­taine de membres lors de notre vi­site à l’APHIL. La mu­sique jouait à plein régime et tout le monde était af­fai­ré à dis­cu­ter et à s’amu­ser au­tour d’un bon re­pas. «Moi ce que j’aime, c’est dan­ser!», lance Char­lène. «Moi c’est les quilles!», rap­porte Simon, 25 ans. À la ques­tion «comment te sen­ti­rais-tu sans l’APHIL», JeanP­hi­lippe a ré­pon­du: «Je me sen­ti­rais triste!». Maxime lui, aime ai­der les han­di­ca­pés. «J’aime aus­si al­ler à la pis­cine», confie-t-il. Il a 24 ans, est tri­so­mique, tra­vaille chez Tim Hor­tons et au Stu­dio 62. Il vit en ap­par­te­ment su­per­vi­sé.

«Cer­tains tra­vaillent, d’autres non. Il y en a une qui a sa voi­ture. Ils sont tous dif­fé­rents», ex­plique Catherine. La di­rec­trice gé­né­rale, Sophie Dion, abonde dans le même sens: «Ils sont comme nous, ils ont tous une per­son­na­li­té dis­tincte. Il y a des vaillants, des pa­res­seux, des al­coo­liques, des dro­gués, des tout croches, des gé­né­reux (…)».

Pour­quoi cer­taines per­sonnes se sentent moins à l’aise avec les per­sonnes han­di­ca­pées? «Se­lon moi, c’est une ques­tion d’ou­ver­ture d’es­prit (…) Lors­qu’on les connait, on les aime», ex­plique Catherine. Se­lon elle, une er­reur fré­quente se­rait de les vieillir trop vite: «Ils évo­luent comme nous, mais plus len­te­ment. L’en­fance et l’ado­les­cence durent plus long­temps. C’est vers l’âge de 18 ans qu’ils de­viennent de vrais ados. Vers 25 ans, ce sont des adultes».

L’APHIL est tou­jours à la re­cherche de do­na­teurs et de bé­né­voles: 819 326-5202.

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