Quatre ques­tions en quatre ré­ponses avec Mylène Blan­chet

Le Nord - - ARTS ET SPECTACLES -

Le mé­cé­nat qué­bé­cois ac­cuse un re­tard si­gni­fi­ca­tif par rap­port aux autres pro­vinces. Évi­dem­ment, le gou­ver­ne­ment a le de­voir de sou­te­nir le mi­lieu cultu­rel. Mais la pré­sence de mé­cènes pri­vés est in­dis­pen­sable pour que la culture joue son rôle es­sen­tiel dans l’épa­nouis­se­ment de la na­tion qué­bé­coise. C’est pour­quoi le Qué­bec offre des avan­tages fis­caux gé­né­reux afin d’en­cou­ra­ger les do­na­tions pri­vées.

Le Qué­bec verse en ef­fet 194 mil­lions an­nuel­le­ment en cré­dits d’im­pôt pour les dons phi­lan­thro­piques dans le do­maine de la culture. Mal­gré ce­la, la pro­vince traîne de la patte en ce qui a trait au mon­tant des dons ver­sés.

« Il y a dif­fé­rents chiffres qui cir­culent, mais di­sons que per ca­pi­ta, [les dons] par­vien­draient en­vi­ron à la moi­tié de ce qui est contri­bué ailleurs au Ca­na­da. Alors évi­dem­ment, il faut se po­ser des ques­tions », a dé­cla­ré le mi­nistre des Fi­nances Ni­co­las Mar­ceau.

Des avan­tages concrets

Cré­dit d’im­pôt pour les dons, évé­ne­ments cultu­rels dé­duits des re­ve­nus d’en­tre­prise… Les avan­tages concrets du mé­cé­nat pour les gens d’af­faires sont nom­breux.

De plus, les évé­ne­ments cultu­rels sont des oc­ca­sions pri­vi­lé­giées pour re­mer­cier les em­ployés, pour ren­for­cer l’es­prit d’équipe et ac­croître la mo­ti­va­tion. La culture fa­vo­rise aus­si la créa­tion d’un en­vi­ron­ne­ment d’af­faires fa­vo­rable en jouant un rôle dans l’amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de vie, l’at­trac­tion et la ré­ten­tion des res­sources hu­maines.

Fac­teur si­gni­fi­ca­tif dans la crois­sance éco­no­mique, la culture fait rayon­ner la ville et sa ré­gion, donne du tra­vail et fa­vo­rise le dé­ve­lop­pe­ment d’autres sec­teurs tels que le trans­port, le tou­risme et la res­tau­ra­tion.

Qu’en est-il dans les Lau­ren­tides?

Les in­ves­tis­se­ments en culture dans la ré­gion des Lau­ren­tides en 2010 ont contri­bué di­rec­te­ment à la créa­tion de 4 730 em­plois à temps com­plet et à l’aug­men­ta­tion de la ri­chesse col­lec­tive de 300,4 M$ en va­leur ajou­tée.

Puisque l’ac­ti­vi­té cultu­relle est au coeur de la vi­ta­li­té des Lau­ren­tides, l’ex­per­tise, le temps et l’ar­gent que les gens d’af­faires mettent à contri­bu­tion dans ce do­maine peuvent faire une dif­fé­rence non seule­ment dans la vie des ar­tistes, mais éga­le­ment dans la crois­sance éco­no­mique d’un sec­teur qui ali­mente l’image de marque des Lau­ren­tides.

C’est pour­quoi le Conseil de la culture des Lau­ren­tides or­ga­nise un évé­ne­ment in­con­tour­nable le 19 avril pro­chain pour les gens d’af­faires et les ac­teurs cultu­rels des Lau­ren­tides. En­ri­chir les gens d’af­faires grâce à la culture. En­ri­chir la culture grâce aux gens d’af­faires. Tous les dé­tails sur : www.Cul­tu­reAf­faires.com Consul­tante pour ar­tistes et or­ga­nismes cultu­rels et ga­le­riste

1 – Quels sont vos ac­com­plis­se­ments cultu­rels dont vous êtes le plus fier ?

Tout d’abord, c’est d’avoir mis sur pied mon bu­reau de consul­tante au­près des ar­tistes et des or­ga­nismes cultu­rels; le CCL m’a alors don­né le coup de pouce de dé­part en me ré­fé­rant mes pre­miers clients. Je suis aus­si fière d’avoir, de­puis plus d’un an, pré­sen­té à ma ga­le­rie d’art, si­tuée à Ro­se­mère, le ta­lent des gens de chez-nous.

2 – Comment dé­crie­riez-vous la culture dans les Lau­ren­tides ?

Une culture riche et des ac­teurs heu­reux d’y contri­buer; une culture qui n’a rien à en­vier à celle de ses voi­sins mon­tréa­lais. C’est un mi­lieu dy­na­mique et ce, du sud au nord. Les ar­tistes et tra­vailleurs cultu­rels lau­ren­tiens sont ta­len­tueux et fiers.

3- Qu’est-ce qui pour­rait faire en sorte que la culture dans les Lau­ren­tides rayonne da­van­tage ?

La ré­gion étant géo­gra­phi­que­ment très vaste, c’est im­por­tant que les dif­fé­rents ac­teurs se re­groupent pour contrer l’iso­le­ment et pour ac­croître leur vi­si­bi­li­té. C’est pour­quoi je par­tage mon adresse ac­tuelle avec le joaillier Do­mi­nic Du­four et, des ar­tistes de dif­fé­rentes dis­ci­plines se join­dront à nous dès juillet. D’autre part, comme le fi­nan­ce­ment pu­blic pour la culture est de plus en plus rare, nous de­vrons être in­no­va­teurs pour fi­nan­cer nos pro­jets. C’est un tra­vail énorme mais non uto­pique que de conscien­ti­ser le plus grand nombre de per­sonnes pos­sibles quant aux re­tom­bées de la culture au plan éco­no­mique, tou­ris­tique et so­ciale.

4 – D’où vient votre pas­sion pour les arts et la culture ?

A par­tir du Cé­gep, j’ai tou­ché aux arts sans vou­loir de­ve­nir ar­tiste. Je vou­lais plu­tôt être « der­rière », comme porte-pa­role, comme per­sonne-res­source. Ma pas­sion pour l’art et l’écri­ture m’a pous­sée à faire un BACC en his­toire de l’art pour, par la suite, col­la­bo­rer à des re­vues et jour­naux ar­tis­tiques. Mon be­soin d’ai­der les autres m’a ame­née à mon­ter un pro­jet d’aide aux ar­tistes. Puis, der­niè­re­ment, mon en­vie de dé­mo­cra­ti­ser leur tra­vail et de contri­buer à leur vi­si­bi­li­té m’a fait ou­vrir une ga­le­rie.

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