Des trau­ma­ti­sés crâ­niens se ra­content aux fi­nis­sants

Le Nord - - ACTUALITÉS - Ma­thieu Ste-ma­rie

À l’ap­proche du bal des fi­nis­sants, des trau­ma­ti­sés crâ­niens ont li­vré de vi­brants té­moi­gnages afin d’in­ci­ter les fi­nis­sants à conduire pru­dem­ment et in­tel­li­gem­ment, le 9 mai der­nier, à l’Aca­dé­mie La­fon­taine.

Ces per­sonnes, qui ont per­du plu­sieurs fa­cul­tés phy­siques après un ac­ci­dent au­to­mo­bile, ont ra­con­té leur his­toire tou­chante pour sen­si­bi­li­ser les jeunes de se­con­daire 5.

À 17 ans, Guillaume, qui n’était pas at­ta­ché, s’est en­dor­mi au vo­lant. Sa voi­ture est en­trée en contact avec un mu­ret de ci­ment. Cet ac­ci­dent lui a fait perdre la vue. « L’ac­ci­dent a chan­gé ma vie to­ta­le­ment», a-t-il dit.

Après cet épi­sode, ce jeune homme, qui était dans une gang de rue, a vu son ré­seau so­cial écla­ter. «J’avais une tren­taine d’amis, si ce n’est pas plus. Main­te­nant, mes amis, je peux les comp­ter sur les doigts de ma main», ex­plique-t-il.

Guillaume parle avec tris­tesse de sa co­pine qui l’a quit­té après six ans de fré­quen­ta­tion puis­qu’elle était in­ca­pable d’ac­cep­ter l’état dans le­quel il était. « Je l’ai re­vu, il y a quelques jours, ça m’a tel­le­ment fait du bien», dit-il, la gorge nouée par l’émo­tion.

Ce­lui qui se dé­crit comme étant un gars «frais chié» et «fen­dant» avant son trau­ma­tisme crâ­nien et re­des­cen­du les deux pieds sur terre. Guillaume est main­te­nant un jeune homme jo­vial et drôle qui veut ai­der son pro­chain. «Si grâce à mon té­moi­gnage, je peux sau­ver une vie. J’au­rais fait mon tra­vail», dit-il, hum­ble­ment.

Guillaume ne se laisse pas dé­cou­ra­ger par son han­di­cap et conti­nue d’être très ac­tif. Entre autres, il joue au hockey, fait de la planche à neige et de la course au­to­mo­bile en plus de faire du bé­né­vo­lat.

Vic­time du brouillard

Après une soi­rée à oc­cu­per le rôle de bar­man lors d’un ma­riage d’un membre de sa fa­mille, Pa­trick ne se dou­tait pas que ça vie al­lait chan­ger à ja­mais. Alors qu’il em­prun­tait l’au­to­route, un ca­mion «10 roues» a heur­té son vé­hi­cule de plein fouet. Le brouillard cette soi­rée-là a nui à sa vi­sion. Pa­trick n’avait pas bu une goutte d’al­cool.

Cet ac­ci­dent qui l’a lais­sé un mois et de­mi dans le co­ma le han­te­ra toute sa vie. « Au­jourd’hui, je ne vois plus du cô­té gauche, je ne peux plus tra­vailler et conduire. Je fais des crises d’épi­lep­sie. Avant, j’étais très en forme», ra­conte-t-il.

Sa blonde avec qui il de­vait em­mé­na­ger a rom­pu après cet ac­ci­dent.

Ce tren­te­naire a in­vi­té les jeunes à la pru­dence en voi­ture à l’ap­proche des fes­ti­vi­tés de fin d’an­née. « Si vous bu­vez, ap­pe­lez quel­qu’un. C’est cer­tain qu’il y a d’autres al­ter­na­tives. Soyez pru­dent sur la route et par­lez-en à vos amis», a-t-il dit.

Dans la peau d’un trau­ma­ti­sé crâ­nien

Pour mieux sen­si­bi­li­ser les jeunes, quelques élèves ont pas­sé la jour­née dans la peau d’un trau­ma­ti­sé crâ­nien. As­sis dans un fau­teuil rou­lant et un col­let cer­vi­cal au cou, ces jeunes ont pu, en par­tie, com­prendre la réa­li­té des trau­ma­ti­sés crâ­niens. « Du­rant la jour­née, j’ai su­bi les re­gards in­ter­ro­ga­teurs et apeu­rés des gens», a dit Ali­cia.

« Je ne sou­haite pas ça à per­sonne. C’était très bi­zarre et in­con­for­table», a com­men­té un autre par­ti­ci­pant.

Jean-Fran­çois Gratton, du Ser­vice de po­lice de Saint-Jé­rôme, a rap­pe­lé aux fi­nis­sants d’être pru­dents sur la route. « Un mor­ceau de tôle ça se déplie, mais un corps hu­main ça ne se déplie pas», a-t-il dit.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.