« La sou­ve­rai­ne­té po­pu­laire est là »

- Amir Kha­dir

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Par­ti­sans, sou­ve­rai­nistes, mi­li­tants de Qué­bec so­li­daire étaient nom­breux, jeu­di soir der­nier pour en­tendre Amir Kha­dir. In­vi­té par l’as­so­cia­tion de Qué­bec so­li­daire Saint-Jé­rôme (QSSJ) le dé­pu­té de Mer­cier a par­lé de sou­ve­rai­ne­té et de la mise sur pied de l’as­sem­blée consti­tuante qué­bé­coise après avoir cri­ti­qué vi­ve­ment les prises de po­si­tions du Par­ti qué­bé­cois.

Il était ac­cueilli au mi­cro par Vincent Le­mayT­hi­vierge, porte-pa­role de QSSJ et can­di­dat aux der­nières élec­tions qui a ou­vert la soi­rée en chan­sons et dis­cours so­li­daire.

Cri­tiques du PQ

D’en­trée de jeu Amir Kha­dir, réa­gis­sant au ré­cent dé­pôt de pro­jet de loi sur les mines dé­non­çait que le gou­vernent Ma­rois avait man­qué une chance d’exer­cer sa sou­ve­rai­ne­té et de se dé­bar­ras­ser d’une loi co­lo­niale. « Le gou­ver­ne­ment du Par­ti qué­bé­cois, qui est pour­tant un gou­ver­ne­ment in­dé­pen­dan­tiste, avait une oc­ca­sion comme c’est ra­re­ment don­né d’exer­cer sa sou­ve­rai­ne­té et de faire une dé­mons­tra­tion de ce que peut être l’exer­cice de sou­ve­rai­ne­té à la tête de l’état.» Il rap­pe­lait que la loi sur les mines est une loi co­lo­niale ba­sée sur le prin­cipe du free mi­ning. Le dé­pu­té de Mer­cier pose la ques­tion : « Comment le Par­ti Qué­bé­cois compte-t-il ins­pi­rer, mo­bi­li­ser, convaincre la po­pu­la­tion de faire preuve du cou­rage col­lec­tif né­ces­saire à la réa­li­sa­tion de la sou­ve­rai­ne­té après avoir re­nié une fois au pou­voir toutes ses pro­messes les plus es­sen­tielles sur la taxe san­té, sur les droits mi­niers et l’im­pôt des riches de peur d’ef­fa­rou­cher le mi­lieu des af­faires?»

As­sem­blée consti­tuante

Dans sa «Lettre ou­verte aux in­dé­pen­dan­tistes», qu’il a lue du­rant cette soi­rée, Amir Ka­dir met en avant, entre autres, l’idée de l’As­sem­blée consti­tuante comme stra­té­gie pour l’in­dé­pen­dance. «L’As­sem­blée consti­tuante que pro­pose Qué­bec so­li­daire comme stra­té­gie d’ac­cès à l’in­dé­pen­dance est le moyen par le­quel le peuple qué­bé­cois pour­ra li­bre­ment re­prendre en main son des­tin, en toute au­to­no­mie des pres­sions de l’As­sem­blée na­tio­nale, des oli­gar­chies mé­dia­tiques et des mi­lieux d’af­faires qui dé­fendent le sta­tu quo. L’in­dé­pen­dance ne dé­cou­le­ra pas du jeu de la classe politique, même si celle-ci est ap­puyée par une cam­pagne de mar­ke­ting ou un Som­met de deux jours – comme ce­lui de l’Édu­ca­tion – re­pré­sen­tant des in­té­rêts li­mi­tés.»

Sou­ve­rai­ne­té po­pu­laire

Mais les Qué­bé­cois sont-ils sou­ve­rains in­di­vi­duel­le­ment ? Ne vivent-ils pas un sen­ti­ment d’im­puis­sance ? «Au Qué­bec, au cours des der­nières an­nées, on as­siste à de vé­ri­tables exer­cices de sou­ve­rai­ne­té, nous dit-il lors d’une en­tre­vue. La com­mis­sion Char­bon­neau, si on l’a, c’est à cause des gens. Rap­pe­lez-vous de ce jeune homme, un ci­toyen lamb­da qui est ve­nu à l’As­sem­blée na­tio­nale pour dé­po­ser sa pé­ti­tion pour de­man­der la dé­mis­sion de Cha­rest qui a été le point tour­nant. 250 000 si­gna­tures en moins de deux se­maines, c’est un exer­cice de sou­ve­rai­ne­té in­di­vi­duel et col­lec­tif in­dé­pen­dant de nous autres les po­li­ti­ciens. » Il conti­nue : «On a rom­pu le ron­ron­ne­ment de la ré­pu­blique des sa­tis­faits. Il y a des gens qui re­dressent l’échine, qui disent non, mal­gré tous les cor­rom­pus de ce monde. Des ci­toyens lamb­da qui par­tout dé­noncent les anomalies; des ci­toyens en éveil qui nous in­forment. Si le mou­ve­ment sou­ve­rai­niste re­nouait avec le com­bat so­cial, avec les en­jeux de so­cié­té et de­ve­nait l’ardent dé­fen­seur des droits des ci­toyens, ça fait long­temps que l’ap­pui à la sou­ve­rai­ne­té se­rait dans le camp des 50 % avant de com­men­cer une cam­pagne. »

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