«Ça prend un vil­lage pour chan­ger les choses!»

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Afin de mieux com­prendre la mis­sion et les ac­tions po­sées par l’or­ga­nisme SOS Fé­lins (Pré­vost), notre jour­na­liste a sui­vi Da­nielle Lé­ger, la fon­da­trice, dans les dé­marches de cap­ture-sté­ri­li­sa­tion-re­tour-main­tien des chats com­mu­nau­taires. Vi­site d’une co­lo­nie sté­ri­li­sée et iden­ti­fiée, ren­contre avec un ange qui s’oc­cupe d’une co­lo­nie, et vi­sites chez des vé­té­ri­naires par­ti­ci­pants sont au pro­gramme.

« La com­mu­nau­té tra­vaille en­semble, col­la­bore. Ça prend un vil­lage pour chan­ger les choses! Je suis l’ins­ti­ga­trice du pro­jet, mais les ci­toyens vont en par­ler au­tour. Ce sont mes meilleurs porte-pa­roles, » tient à dire d’en­trée de jeu Da­nielle Lé­ger.

Mis­sion

L’or­ga­nisme vise l’amé­lio­ra­tion de la vie des chats com­mu­nau­taires ( er­rants) de fa­çon hu­ma­ni­taire et res­pon­sable et dé­sire li­mi­ter la re­pro­duc­tion des chats par la CSRM (Cap­ture – Sté­ri­li­sa­tion – Re­tour - Main­tien).

L’Ob­jec­tif ? Contrô­ler de fa­çon éthique la sur­po­pu­la­tion de chats com­mu­nau­taires et ré­duire les plaintes, ren­sei­gner la po­pu­la­tion et ins­tau­rer des so­lu­tions ef­fi­caces afin de ré­duire le nombre de chats de co­lo­nies fer­tiles er­rants sur le ter­ri­toire par la mise en place de pro­grammes de CSRM.

Pour réa­li­ser cet ob­jec­tif, des cages-trappes hu­ma­ni­taires sont uti­li­sées. Les chats sont sté­ri­li­sés et mar­qués à l’oreille dans des cli­niques vé­té­ri­naires. Les chats moins so­ciaux sont re­lâ­chés dans leur lieu d’ori­gine après la sté­ri­li­sa­tion. Les chats do­mes­ti­qués et les cha­tons trou­vés en bas âge sont so­cia­li­sés en fa­mille d’ac­cueil et mis en adop­tion par «Chats et Cha­tons à l’aban­don», une aide lo­cale dé­diée à ce pro­gramme.

Des so­lu­tions en amont

« Il faut mettre en place des so­lu­tions en amont (édu­ca­tion ci­toyenne, cap­ture-sté­ri­li­sa­tion- re­tour- main­tien), nous ex­plique Da­nielle Lé­ger. Dès lors, les mises à mort in­utiles ces­se­ront. » Elle spé­ci­fie que l’or­ga­ni­sa­tion s’est ins­pi­rée du mo­dèle de tra­vail de Neigh­bo­rhood Cats, Al­ley Cats Al­lies et NYC Fe­ral Cat (New York), or­ga­nismes sans but lu­cra­tif. En fonc­tion de­puis deux mois, SOS Fé­lins donne la place aux ci­toyens qui prennent eux­mêmes en charge le pro­gramme. En plus de la res­pon­sa­bi­li­sa­tion, ce pro­gramme crée des liens dans les quar­tiers et vise à di­mi­nuer la cap­ture/ mise à mort ou l’en­voi d’ani­maux dans les re­fuges.

Le coût? « Au­tour de 130 $ quand on fait de la cap­ture/mise à mort. Le pro­gramme de sté­ri­li­sa­tion coûte en­vi­ron 60 $ pour un mâle, 90$ pour une fe­melle avec les cli­niques par­ti­ci­pantes, » nous dit Da­nielle Lé­ger.

Ac­tuel­le­ment, l’or­ga­nisme ras­semble une di­zaine de bé­né­voles. Ils font les tour­nées ci­toyennes quand une plainte rentre par la ville.

« Après, on re­garde dans l’en­vi­ron­ne­ment qui pour­rait être l’ange, soit la per­sonne qui nour­rit. Dès qu’on trouve la co­lo­nie, on met en place le pro­gramme. On re­met les dé­pliants aux gens et je leur donne une for­ma­tion qui dure 45 mi­nutes. Ils ont une fiche à rem­plir de re­cen­se­ment de la co­lo­nie pour le por­trait sta­tis­tique. Ils dé­crivent les chats ce qui me per­met de prendre le ren­dez- vous chez le vé­té­ri­naire avec le nombre de chats à sté­ri­li­ser. »

« À heure ac­tuelle, huit co­lo­nies iden­ti­fiées sont prises en charge, deux sont en voie de sté­ri­li­sa­tion. On a pris en charge plus de 50 chats pour deux mois d’ac­ti­vi­tés, » pré­cise la fon­da­trice.

SOS Fé­lin a si­gné un pro­to­cole d’en­tente avec la Ville de Pré­vost, qui a fait l’ac­qui­si­tion des cages trappes hu­ma­ni­taires et paye une por­tion des sté­ri­li­sa­tions, jus­qu’à un cer­tain mon­tant.

Res­pon­sa­bi­li­ser

« J’ai été bé­né­vole dans deux SPCA. J’ai vu que la ma­jo­ri­té des ani­maux qui ren­trait était des chats. J’ai com­pris qu’il fal­lait faire un tra­vail en amont, à la base, res­pon­sa­bi­li­ser les gar­diens en­vers les chats. 90 % des cha­tons qui sont ame­nés en re­fuges et four­rières sont des cha­tons de chattes ex­té­rieures. Donc, si on règle cette pro­blé­ma­tique-là, on di­mi­nue les plaintes et sta­bi­lise la po­pu­la­tion fé­line. »

Da­nielle Lé­ger met ac­tuel­le­ment sur ce pro­jet 45 à 50 h par se­maine. « Au mois de juillet, c’est le mois des cha­tons! »

«Les bé­né­voles mettent 5 à 10 h et Ja­cinthe, qui s’oc­cupe des fa­milles d’ac­cueil, des res­sources d’adop­tion, met pas loin d’une ving­taine d’heures par se­maine dans le pro­jet. Plus le ci­toyen va s’en­ga­ger et s’im­pli­quer, com­prendre l’im­por­tance du pro­gramme et être sa­tis­fait de ce qu’on fait, moins ça nous prendre d’heures cha­cun. »

SOS Fé­lin a re­çu l’ap­pro­ba­tion du maire et du di­rec­teur gé­né­ral de Pré­vost le 14 mars der­nier. « On a si­gné le pro­to­cole d’en­tente le 1er juin 2013. « Mr.Richer est très com­pré­hen­sif. Il a vu que la so­lu­tion était le tra­vail en amont et l’im­pli­ca­tion des ci­toyens. SOS Fé­lins c’est des ci­toyens qui s’oc­cupent d’une pro­blé­ma- tique ci­toyenne,» met de l’avant la fon­da­trice

«C’est aux gens de se res­pon­sa­bi­li­ser. Si tu nour­ris, tu sté­ri­lises,» avance Mme Lé­ger en pré­ci­sant «Ce n’est pas pour moi que je le fais, c’est pour tout le monde. Il fal­lait quel­qu’un qui mette la main à la pâte, qui monte le pro­jet. Un pe­tit boom et le pro­jet prend vie! Des gens de par­tout viennent quand je fais les ren­contres ci­toyennes. En­suite ils vont par­ler à leurs élus. C’est long de faire bou­ger la ma­chine! »

Ger­main Richer, le maire de Pré­vost ajoute : « Nous, on a mis l’ac­cent une pre­mière an­née. On sait que c’est un pro­jet qui est ex­pé­ri­men­tal. Au bout d’un an, on va faire le bi­lan. J’ai eu des com­men­taires po­si­tifs des ci­toyens que j’ai ren­con­trés. Les gens sont sa­tis­faits qu’une orien­ta­tion soit don­née et des ac­tions po­sées. Nous sommes en ac­cord de tra­vailler en amont. On a mis une somme d’ar­gent qui ap­par­tient à la Ville, mais tout ce qu’on cherche c’est à créer c’est l’au­to­no­mie de l’or­ga­nisme. »

Fon­dé en mars 2013, SOS Fé­lins (Pré­vost) est un or­ga­nisme sans but lu­cra­tif créé par des ci­toyens de Pré­vost. SOS Fé­lins : 450 224 8888 poste 383.

Pho­to Fran­çoise le Guen

Le Dre Ka­thy Mau­rice, vé­té­ri­naire pro­prié­taire à Saint-Sau­veur, vient de pro­cé­der à une sté­ri­li­sa­tion.

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