Une ca­tas­trophe pour les com­mer­çants

Fer­me­ture de la 158

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Des com­mer­çants si­tués sur la route 158, le long du tron­çon fer­mé dans le sec­teur SaintAn­toine, se sont re­grou­pés et par­ta­gaient leurs in­quié­tudes lors d’un point de presse lun­di der­nier. Ils dé­noncent la baisse im­por­tante d’acha­lan­dage qu’ils su­bissent, une vé­ri­table ca­tas­trophe se­lon eux, d’au­tant que cer­tains de ces com­merces ont une clien­tèle liée à la pé­riode tou­ris­tique.

Les com­mer­çants s’in­quiètent éga­le­ment du temps que pren­dront les tra­vaux et sur­tout de la fer­me­ture de la route. Ils veulent pas­ser le mes­sage à leur clien­tèle qu’ils sont tou­jours ou­verts et ac­ces­sibles mal­gré tout.

La clien­tèle a dé­ser­té

«On a dé­ci­dé de se re­grou­per et d’es­sayer de contrer la baisse du chiffre d’af­faires. On veut po­ser des gestes com­muns pour in­ci­ter la clien­tèle à re­ve­nir. On va pos­si­ble­ment mettre de la pu­bli­ci­té dans les jour­naux et po­ten­tiel­le­ment mettre des af­fiches à l’in­ter­sec­tion des routes Jean- Paul- Hogue et 158 pour faire la liste des com­merces qui sont ou­verts. On va agir. On va faire notre pos­sible pour li­mi­ter les dé­gâts. On es­père que les mu­ni­ci­pa­li­tés, spé­cia­le­ment la Ville de Saint- Jé­rôme, vont com­prendre la ca­tas­trophe qui nous frappe en ce mo­ment, » in­ter­pelle Yvon Lau­rin de l’en­tre­prise Les Étals.

Tous les com­mer­çants pré­sents sont una­nimes :

«Les gens ont de la dif­fi­cul­té à trou­ver les dé­tours pour se rendre chez nous, » dit Fre­de­rick Bé­dard, Ma­te­las dé­pôt. « On perd la moi­tié de nos clients au res­tau­rant. Il faut qu’ils fassent des dé­tours. On coupe du per­son­nel,» lance Natacha Sé­guin du res­tau­rant «C’est pas pa­reil».

Du cô­té de la Fro­ma­ge­rie Mi­ra­bel même son de cloche «On perd une bonne par­tie de notre clien­tèle sur­tout la clien­tèle tou­ris­tique.»

«Ça m’a cou­pé 75 % de mon chiffre d’af­faires, »se plaint Da­niel Le­fran­çois de Concept Plus Li­qui­da­tion.

Le pro­prié­taire des Étals dé­nonce de son cô­té une baisse de 40 %. «À ce jour on conserve les em­plois à temps plein. Cette se­maine il a fal­lu cou­per des heures, dit-il avant d’ajou­ter : on n’a pas la cir­cu­la­tion de­vant nos com­merces, mais en plus, ce qui très dom­ma­geable c’est que les routes en pé­ri­phé­rie sont conges­tion­nées aux heures de pointe. Et le Cégep re­com­mence, bien­tôt la Com­mis­sion sco­laire…»

«Si ça reste de même, ha­bi­tuel­le­ment je ferme le 1er oc­tobre. Je se­rais obli­gé de fer­mer le 1er sep­tembre. J’ar­rose mes fleurs pour rien. J’ai eu trois clients par jour en fin de se­maine, » de ren­ché­rir M. Dion des «Serres Beau Jar­din».

Ma­rie-Jo­sée Au­bé, co­pro­prié­taire de Des Lau­ren­tides Ford, nous dit avoir par­lé avec le mi­nis­tère des Trans­ports: « Ils m’ont dit ce ma­tin (lun­di) qu’ils ont pris la dé­ci­sion de faire la ré­pa­ra­tion ma­jeure, de re­faire le pon­ceau au com­plet. On parle d’un mi­ni­mum d’un mois, entre un mois et trois mois de tra­vaux. Ils es­sayent de faire un pont tem­po­raire avec une voie qui va cir­cu­ler dans les deux sens, » au­rait ap­pris Mme Au­bé.

Pas en­core de dé­lai

Isa­belle Ga­gné, conseillère en com­mu­ni­ca­tion au mi­nis­tère des Trans­ports, di­rec­tion des Lau­ren­tides-La­nau­dière, contac­té par le jour­nal, as­sure que le mi­nis­tère n’est pas en­core en me­sure de don­ner de dé­tails ni de dé­lai pour le mo­ment.

«Nos équipes ont pro­cé­dé à une ins­pec­tion gé­né­rale ap­pro­fon­die du pon­ceau comme on fait chaque deux ans. En plus, chaque an­née, entre les deux ins­pec­tions, on fait une ins­pec­tion an­nuelle. Le 14 août der­nier, suite à l’ins­pec­tion, on a dé­ci­dé de fer­mer la route de fa­çon pré­ven­tive pour la sé­cu­ri­té des usa­gers. On a consta­té des fis­sures sur les pa­rois la­té­rales de la struc­ture, un pon­ceau cir­cu­laire en acier de 5,5 mètres de dia­mètre, ins­tal­lé en 1973,» pré­cise-t-elle.

« On va de­voir soit le ré­pa­rer, soit le rem­pla­cer, et c’est ce qu’on est en train de re­gar­der. Nos équipes y tra­vaillent ac­tuel­le­ment. Quand je vais en sa­voir un peu plus, on va avi­ser. On cherche le meilleur type d’in­ter­ven­tion pos­sible tout en li­mi­tant les im­pacts à la cir­cu­la­tion. Le mi­nis­tère est conscient des im­pacts et tra­vaille pour pou­voir ré­ta­blir la cir­cu­la­tion le plus tôt pos­sible, »as­sure-t-elle.

Louis Pa­rent, à la di­rec­tion des com­mu­ni­ca­tions de Saint-Jé­rôme, nous confirme par ailleurs que la ville to­lè­re­ra et ac­cepte que les com­mer­çants s’af­fichent mal­gré un rè­gle­ment mu­ni­ci­pal l’in­ter­di­sant.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.