L’hé­ri­tage de Marc Gas­con

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

En oc­tobre 2012, le maire de SaintJé­rôme, Marc Gas­con, an­non­çait qu’il ne sol­li­ci­te­rait pas un nou­veau man­dat. Élu pour un pre­mier man­dat en sep­tembre 1995, il quitte son poste dans sa 19e an­née à la tête de Saint- Jérôme après cinq man­dats.

Et si l’homme lais­se­ra un hé­ri­tage, ce­lui- ci se ré­sume sym­bo­li­que­ment à la de­vise de la ville « Par notre vo­lon­té » qui af­firme la dé­ter­mi­na­tion des ci­toyens à fa­çon­ner eux-mêmes leur his­toire.

« En­semble, on peut al­ler plus loin »

« J’au­rai pu sol­li­ci­ter un autre man­dat, mais je pense que je suis mûr pour re­le­ver de nou­veaux dé­fis, » nous dit Marc Gas­con, lors d’une en­tre­vue.

« De par ma for­ma­tion (cri­mi­no­logue, il a tra­vaillé 17 ans comme ex­pert en psy­chia­trie lé­gale à Pi­nel) je pars avec la sa­tis­fac­tion du de­voir ac­com­pli, avec les bons et les mo­ments plus dif­fi­ciles. Ce qu’on de­mande à un bon lea­der, c’est de gar­der le cap. On re­garde la qua­li­té d’un ca­pi­taine dans la tem­pête, pas dans les eaux calmes. Et je pense avoir dé­mon­tré aux ci­toyens qu’on n’avait rien à rou­gir à SaintJé­rôme et qu’au- de­là des ru­meurs, des al­lé­ga­tions, on garde le cap et on conti­nue. »

Par ailleurs, pour Marc Gas­con, pas­sion­né d’his­toire, qui a vé­cu la fu­sion des mu­ni­ci­pa­li­tés en jan­vier 2002, constate que c’est « le tour­nant des plus es­sen­tiel dans l’his­toire de la ville et un clin d’oeil de l’his­toire. En fai­sant la fu­sion, on est re­ve­nu à notre ter­ri­toire ini­tial, la pa­roisse de Saint-Jérôme! »

Il fal­lait y croire

À son ar­ri­vée, il a 38 ans. Il trouve une ville « mo­ri­bonde », un con­seil mu­ni­ci­pal en « guerre fra­tri­cide » . Il n'a alors au­cune ex­pé­rience po­li­tique.

« Je suis ar­ri­vé dans un con­seil di­vi­sé, 4 contre 4, dans la ville non fu­sion­née, avec 23 000 ci­toyens, donc un bud­get beau­coup plus res­treint. Je tran­chais cha­cune des dé­ci­sions au dé­but de ma car­rière pour en­suite ar­ri­ver re­la­ti­ve­ment ra­pi­de­ment à un cer­tain apai­se­ment… »

Marc Gas­con est Jé­rô­mien de souche « Ma fa­mille est ici de­puis plu­sieurs gé­né­ra­tions. J'étais vrai­ment in­ter­pel­lé par cette ville et j'étais aga­cé qu'on en dise tou­jours du mal. Saint Jérôme ville de " BS" de­ve­nait pour moi un ir­ri­tant. Il fal­lait don­ner un coup de barre. Saint-Jérôme était une ville in­dus­trielle du “sec­teur mou ”, mais quand l'in­dus­tria­li­sa­tion est tom­bée, c'est de­ve­nu une ville avec des dif­fi­cul­tés éco­no­miques im­por­tantes. Il fal­lait re­le­ver la tête et il fal­lait dire aux ci­toyens de croire en eux. »

Gas­con veut avant tout dé­mon­trer que la ville a des res­sources et des ca­pa­ci­tés d’agir.

« C'est pour cette rai­son que les pre­mières dé­ci­sions prises vou­laient pour don­ner un si­gnal fort aux ci­toyens. Et ce fut la construc­tion du 10 Saint-Jo­seph. Il fal­lait don­ner un si­gnal en fai­sant un édi­fice qui al­lait ren­ver­ser la va­peur. Pour mon­trer que cette ca­pi­tale ré­gio­nale, mo­ri­bonde, a tout ce qu’il faut pour réus­sir » .

La maire se sou­vient qu'à l'époque, le mi­di, il sor­tait de l'an­cien hô­tel de ville pour voir les tra­vaux. « J'en­ten­dais les ci­toyens dire à quel point ils n'y croyaient pas. Et, fi­na­le­ment, la bâ­tisse s'est cons­truite et ça a été le si­gnal! En­suite, la ville s'est prise en main pour don­ner une nou­velle image ur­ba­nis­tique du cen­tre­ville. On a po­sé les pre­miers ja­lons pour don­ner un si­gnal fort à notre po­pu­la­tion que, oui, nous sommes ca­pables de grandes choses. »

Une exi­gence l'ani­me­ra sans re­lâche; « ar­ri­ver au bien de notre com­mu­nau­té ».

À l'heure ac­tuelle la Saint-Jérôme est la 15e ville en im­por­tance au Qué­bec « ce qui nous a don­né des le­viers im­por­tants au ni­veau gou­ver­ne­men­tal ».

Le train

Les si­gnaux ne s’ar­rê­te­ront pas là. Marc Gas­con ne ces­se­ra ja­mais de pe­ser chaque

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