Des règles et le contexte éco­no­mique ont chan­gé les choses

Res­tau­rants et bars

Le Nord - - L’ACHAT LOCAL , MOI… J’EMBARQUE! -

Au cours des deux der­nières an­nées, le monde des res­tau­rants et des bars a su­bi des chan­ge­ments en rai­son, dans une cer­taine me­sure, de nou­velles règles et d’un contexte éco­no­mique plus dif­fi­cile.

C’est, somme toute, l’éva­lua­tion qu’en fait, pour un, Gaé­tan La­pointe, co­pro­prié­taire du Com­plexe le Vieux Shack de Saint- Jé­rôme.

« Il est clair qu’on sent les ef­fets des règles qui ont été adop­tées au cours des der­nières an­nées au ni­veau, no­tam­ment, de la po­li­tique sur la ci­ga­rette et le 0 al­cool pour les 21 ans et moins). Ça nous a ame­nés à nous adap­ter à ces nou­velles si­tua­tions. Pour ce qui est du 0 al­cool, entre autres, nous avons mis en place un ser­vice de rac­com­pa­gne­ment».

Chez Gaé­tan La­pointe, on parle d’ajus­te­ments face aux nou­velles règles. Pour d’autres, ce fut dif­fé­rent et cer­tains pro­prié­taires de bars ont dû fer­mer leurs portes.

Un contexte

Les choses ont éga­le­ment chan­gé au ni­veau du res­tau­rant, mais pour d’autres rai­sons.

« En rai­son du contexte éco­no­mique, les gens sur­veillent da­van­tage leurs dé­penses. Quand ça ar­rive, les re­pas au res­tau­rant de­viennent en quelque sorte un luxe. C’est pour­quoi les gens viennent moins sou­vent… » de re­prendre M.La­pointe.

Quant à sa­voir s’il y a trop de res­tau­rants à Saint- Jé­rôme pour le po­ten­tiel de consom­ma­tion, Gaé­tan La­pointe re­fuse d’al­ler là: « Le so­leil brille pour tout le monde…» note-t-il.

N’al­lez sur­tout pas croire que Gaé­tan La­pointe et ses as­so­ciés du Vieux Shack de­meurent les bras croi­sés en at­ten­dant que la si­tua­tion s’amé­liore.

En com­pa­gnie de son col­lègue Da­ny Ber­ger, il siège à cet égard sur un co­mi­té « centre- ville » au sein de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie de Saint- Jé­rôme.

Ri­ve­ti

On a, par contre, un son de cloche dif­fé­rent du cô­té de Francis Ri­ve­ti, co­pro­prié­taire du Bos­ton Piz­za de Saint- Jé­rôme, pour qui les af­faires roulent ron­de­ment. « Je dois avouer que les choses vont bien pour nous ac­tuel­le­ment. C’est comme ça de­puis un bon bout de temps. Je sais, pour en avoir par­lé avec d’autres, que ce n’est pas fa­cile pour tout le monde à SaintJé­rôme, ac­tuel­le­ment, mais, pour ma part, ça se passe bien. Dans le contexte, je me sens même as­sez pri­vi­lé­gié » lance- t- il.

Il faut bien dire que la si­tua­tion géo­gra­phique du Bos­ton Piz­za de Saint- Jé­rôme n’est pas sans in­fluen­cer les choses.

« Je pense bien que la pré­sence de l’au­to­route 15, tout près y est pour quelque chose…» note M.Ri­ve­ti.

La pré­sence des grandes sur­faces, à proxi­mi­té, y fait aus­si dans un acha­lan­dage mar­quée.

La clien­tèle ve­nue du Nord de la ré­gion pour ma­ga­si­ner aux Cost­co, Wal­mart, RO­NA l’en­tre­pôt et autres, est sus­cep­tible ( dé­pen­dant de l’heure de la jour­née) de se rendre au Bos­ton Piz­za pour un re­pas avant de re­ga­gner le do­mi­cile.

À 15 mi­nutes

Ce qui n’em­pêche pas que la clien­tèle, consi­dé­rée comme lo­cale, se ma­ni­feste aus­si dans une bonne part, se­lon M. Ri­ve­ti. Même si ce der­nier est conscient qu’une part de cette clien­tèle consomme en de­hors de la ré­gion, à l’oc­ca­sion.

« Je sais bien qu’un cer­tain pour­cen­tage de gens sort de la ré­gion pour al­ler man­ger au res­tau­rant. Mal­gré tout, la ma­jo­ri­té de ma clien­tèle vient sur­tout d’un pé­ri­mètre qui re­pré­sente en­vi­ron 15 mi­nutes de route. C’est ty­pique du monde de la res­tau­ra­tion » .

Et le restaurateur consi­dère connaître la re­cette (!) pour que les choses se main­tiennent dans l’état ac­tuel.

« Il faut sa­voir fi­dé­li­ser la clien­tèle avec la bouffe, mais sur­tout avec la qua­li­té du ser­vice. Les gens ap­pré­cient re­ce­voir un ser­vice per­son­na­li­sé. Ils aiment éga­le­ment être re­con­nus dans les en­droits où ils consomment » .

Clien­tèle plus âgée

Quant aux ef­fets de la loi qui vise les 21 ans et moins, Francis Ri­ve­ti dit ne pas trop les res­sen­tir en rai­son d’un contexte par­ti­cu­lier. « Chez nous, la clien­tèle du bar est plus âgée que ceux qui sont vi­sés par la loi. Ça ne nous af­fecte donc pas beau­coup » . Une clien­tèle qui af­fec­tionne éga­le­ment les évé­ne­ments spor­tifs pré­sen­tés à la té­lé­vi­sion. « Les soirs de matches de ho­ckey, il y a de l’af­fluence dans le bar. Je suis donc heu­reux qu’on ait droit cette an­née à une saison com­plète… » sou­ligne Francis Ri­ve­ti qui, on l’au­ra com­pris, fait al­lu­sion à la saison écour­tée l’an­née der­nière dans la Ligue na­tio­nale de ho­ckey en rai­son du conflit de tra­vail.

Pho­to Ma­thieu Ste-Ma­rie

La proxi­mi­té de l’au­to­route 15 contri­bue à l’acha­lan­dage au Bos­ton Piz­za de Saint-Jé­rôme.

Pho­to Mi­chel Bro­deur

Da­ny Ber­ger et Gaé­tan La­pointe.

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