J’ai été in­fi­dèle !

Le Nord - - ACTUALITÉS -

Ha­bi­tuel­le­ment, c’est dif­fi­cile à avouer. Et quand, tous ceux qui l’ont été doivent en­fin dire la vé­ri­té, c’est qu’ils ont été dé­mas­qués.

Moi, je le dis tout haut, tout fort, sans gêne, car ça été plus fort que moi.

Vous savez, ses ron­deurs sont hyp­no­ti­santes, elle est en­voû­tante, sé­dui­sante, brillante et sa­lace. Il y a par contre un cô­té d’elle qui n’est pas dé­voi­lé et ce mys­tère m’at­tire. J’ai été in­fi­dèle, oui. Je la vois presque tous les jours, mais c’est la nuit qu’elle est prête, qu’elle se dé­voile à moi. Ven­dre­di der­nier je me suis com­mis. Ce qui m’a le plus trou­blé et aus­si ré­con­for­té c’est que je ne fusse pas le seul sur son cas. Vous au­riez été aba­sour­dis de voir toutes ces têtes se re­tour­ner pour elle. Je ve­nais de com­prendre qu’il n’y avait pas que moi à vou­loir pas­ser la nuit avec elle.

Un brin flat­teur que de savoir que de dé­cou­cher pour elle cette nuit-là en va­lait la peine.

La convoi­tise tou­jours la convoi­tise.

Nuit des sans-abris

Oui j’ai été in­fi­dèle dans la nuit du 18 au 19 oc­tobre.

Ce n’est pas une femme, mais plu­tôt la lune qui m’a sé­duit cette nuit-là…

Notre astre était plein et pour l’oc­ca­sion j’ai pas­sé un temps de­hors dans la rue avec elle avec vous avec eux…Oui, eux les ha­bi­tants des lieux. Eux les lo­ca­taires des bancs de parcs eux qui marchent, qui se dé­brouillent qui sur­vivent dans la rue. J’ai été in­fi­dèle à mon lit, car c’est là que je suis al­lé me pro­me­ner dans la nuit.

J’étais en quête du vide pour me vê­tir de la réa­li­té des sans-abris.

Saint- Jé­rôme, Sainte- Thé­rèse, SaintEus­tache et pour une pre­mière à Sain­teA­gathe, c’était la nuit des sans-abris. Quelques heures de ma nuit, mais pour­tant une vie pour mal­heu­reu­se­ment de plus en plus des nôtres.

Ral­lye de Leu­can

Le len­de­main, suite à ma nuit des sans-abris, c’est une jour­née en au­to qui nous at­ten­dait pour le deuxième Ral­lye de l’es­poir au pro­fit de Leu­can Lau­ren­tides-La­nau­dière. J’ai là aus­si été in­fi­dèle. J’ai en­freint la règle nu­mé­ro un en au­to: ne ja­mais dire de gros mots de­vant les en­fants, même quand on est per­du.LOL.

Un ral­lye teste la pa­tience, le couple et le sens de l’orien­ta­tion, mais que de plai­sir en fin de compte et pour la cause. 70 km de routes avec énigmes, dé­fis, jeux d’adresse dans les rangs et che­mins de Blain­ville, Sainte-Thé­rèse, Blain­ville, Saint-Eus­tache et Mi­ra­bel.

Le Notre Père

Mais mon in­fi­dé­li­té n’au­ra pas d’égale à celle sur le Notre Père.

Nous ap­pre­nions que pour des be­soins de tra­duc­tion le Va­ti­can a mo­di­fié le Notre Père. Ce­la m’a rap­pe­lé qu’au Cé­gep il y a 24 ans j’avais osé mo­di­fier le Notre Père. C’était pour la course à la tré­so­re­rie de l’As­so­cia­tion étu­diante. Notre ar­gent qui est en banque, Que ta somme soit fruc­ti­fiée, Que ton terme vienne, Que ta va­leur aug­mente sur la terre comme au ciel, Donne- nous au­jourd’hui nos quo­ti­diens. Par­donne-nous nos dé­penses comme nous par­don­nons aus­si à ceux qui nous font dé­pen­ser, Et ne nous sou­mets pas à la faillite. Amen…z’en de l’ar­gent …pour sor­tir les sans-abris de la rue et ai­der les en­fants ma­lades pour des siècles et des siècles. Oups! En­core in­fi­dèle et cette fois à la charte, mais je crois que mon ac­com­mo­de­ment est très rai­son­nable.

*Notre ar­gent est un texte com­po­sé par Alain Jean-Ma­ry. Tous droits ré­ser­vés

in­té­rêts

Photo Alain Jean-Ma­ry.

Ma­non Tou­ri­gny de Leu­can Lau­ren­tides-La­nau­dière, en com­pa­gnie de quelques en­fants.

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