Je vends ma mai­son!

Le Nord - - ACTUALITÉS -

Ok, com­men­çons par le dé­but.

Et je l’avoue, je m’avance dans mes pro­pos, mais je crois que c’est la consé­cra­tion pour la plu­part d’entre nous que d’avoir sa mai­son, son do­maine, son chez soi.

Vous savez bien cette mai­son ache­tée dans les Lau­ren­tides, ou peut-être ailleurs, mais ce havre de paix dont on rêve de­puis fort fort long­temps et qui sem­blait im­pos­sible à at­teindre.

Cette mai­son se­ra en­core plus dé­si­rée si nous réus­sis­sions à la bâ­tir de nos mains ou du moins y ac­cé­der clé en main.

La fa­meuse de­meure où nous sou­hai­tions re­ce­voir à sou­per, faire des dé­jeu­ners sur la ga­le­rie tout en écou­tant le ruis­seau. Une mai­son sur un grand ter­rain où pis­cine, ca­ba­non, po­ta­ger, serre, fleurs luxu­riantes et abri d’au­to pour­raient trô­ner fiè­re­ment d’une sai­son à l’autre.

Et bien nous l’avons trou­vé Lin­da et moi.

En fait c’était notre deuxième, car notre pre­mière nous l’avions eue à Mon­tréal. Et pour les Lau­ren­tiens nou­veaux que nous étions, il y a 11 ans, c’était en­fin la mai­son fa­mi­liale qui ve­nait d’être éri­gée au centre de l’uni­vers.

Ap­pré­cier ce que l’on a…

Évi­dem­ment, quelques di­zaines de mil­liers de dol­lars plus tard, nous avions du « top soil » de bonne, de moyenne et de mau­vaise qua­li­té. Mais, ça, il faut se faire avoir une fois pour ap­pré­cier en­core plus ce que l’on a.

Il y a eu fi­na­le­ment de la tourbe, une en­trée de ga­rage as­phal­tée et un sous- sol fi­ni. Et c’est là que tout s’est écrou­lé. Pas de pa­nique, no pa­ni­co, les fon­da­tions, la mai­son et tout est en­core en place et plus beau que ja­mais.

Par contre, l’idée d’être « pei­nard » , tran­quille chez soi et pro­fi­ter du do­maine est dis­pa­rue au pro­fit du be­soin de connaître les alen­tours et plus loin en­core.

C’est Kevin Pa­rent qui dit dans une chan­son : « Je suis un no­made sé­den­taire ». Il a rai­son. La mai­son est de­ve­nue le QG ( Quar­tier gé­né­ral) où l’on se rap­porte après chaque mis­sion, mais dans les faits c’est aux cours de ten­nis, aux le­çons de bal­let, aux week- ends im­pro­vi­sés à l’hô­tel, aux sou­pers chez la fa­mille aux pique-niques avec les amis, sans ou­blier la sor­tie au res­to le voyage dans le sud, le trekking, le cross-coun­try, le Geo­cat­ching etc, etc que nous vouons nos wee­kends et autres jour­nées de la semaine.

Pour­tant comme chante Kaïn : « La Mai­son est grande »

Je parle en gé­né­ra­li­sant gros­siè­re­ment de la réa­li­té des clans autres que le nôtre, mais je crois avoir trou­vé la so­lu­tion. C’est vendre la mai­son. At­ten­dez! At­ten­dez! C’est le prin­cipe et la forme sans ap­pli­quer l’idée, mais néan­moins rap­pe­lez-vous les jeunes adultes que nous étions en lo­ge­ment. Vous vous sou­ve­nez, il y avait ré­gu­liè­re­ment des sou­pers, des par­ties de Mo­no­po­ly et les soi­rées du hockey étaient cou­tumes.

Et suite aux 5 à 7 du jeu­di, ven­dre­di et sa­me­di on re­tour­nait avec la douce dans l’antre du nec plus ul­tra faire des choses et d’autres et pré­pa­rer les plans de cette cam­pa­gnarde si dé­si­rée pour y fon­der notre fa­mille.

Fi­na­le­ment vendre n’est pas la so­lu­tion, mais ré­no­ver se­ra sa­lu­taire pour les dix ans de notre mai­son et, après coup, faire un sou­per et plus pour mon­trer la réa­li­sa­tion de nos tra­vaux et fi­na­le­ment se ré­ap­pro­prier les lieux avant l’ar­ri­vée de l’hi­ver.

Photo Alain Jean-Ma­ry

«Se ré­ap­pro­prier les lieux avant l’ar­ri­vée de l’hi­ver…»

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