Des «diètes re­li­gieuses» par mil­liers dans les pri­sons du Qué­bec

Le Nord - - ACTUALITÉS - Mi­chel Moy­neur

Pen­dant que le dé­bat en­tou­rant la charte de la laï­ci­té et le port de signes re­li­gieux os­ten­ta­toires par les em­ployés de l’État conti­nue de faire rage, TC Me­dia a ap­pris que les dé­te­nus des pri­sons du Qué­bec ont droit à des diètes par­ti­cu­lières pour mo­tifs re­li­gieux.

Se­lon le mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique, ces «diètes re­li­gieuses» font par­tie du quo­ti­dien dans les 18 éta­blis­se­ments de dé­ten­tion de la pro­vince de­puis la fin des an­nées 90.

«Pour ob­te­nir une diète adap­tée, la per­sonne in­car­cé­rée doit pré­sen­ter une de­mande en la jus­ti­fiant. Le bien-fon­dé de chaque de­mande est ana­ly­sé. On ne ré­pond pas oui à toutes les de­mandes au­to­ma­ti­que­ment», ex­plique Clé­ment Fa­lar­deau, re­la­tion­niste pour le mi­nis­tère.

Chaque an­née, en­vi­ron cinq mil­lions de re­pasb sont ser­vis dans les pé­ni­ten­ciers de ju­ri­dic­tion pro­vin­ciale. Du nombre, 1%, soit 50 000, sont adap­tés pour ré­pondre aux croyances et cou­tumes de dé­te­nus.

«Un pour cent de tous les re­pas ser­vis, si on les compte un à un, ça peut pa­raître beau­coup. Mais sur la po­pu­la­tion car­cé­rale en gé­né­rale, c’est très peu», sou­ligne M. Fa­lar­deau. En 2012-2013, 42 720 per­sonnes ont été ad­mises dans les pri­sons du Qué­bec.

Au mo­ment de l’en­tre­vue, TC Me­dia n’a pu savoir si des coûts ad­di­tion­nels étaient liés à ces diètes re­li­gieuses dans les­quelles se re­trouve no­tam­ment de la viande ha­lal.

«Est-ce que ça change beau­coup les coûts? Il fau­drait voir, a in­di­qué le re­la­tion­niste. Mais une diète re­li­gieuse ne veut pas dire que chaque re­pas est différent des autres. Ça dé­pend tou­jours de ce qui est ser­vi.»

Une obli­ga­tion

De­puis le dé­but des an­nées 2000, les di­rec­teurs de pé­ni­ten­cier se doivent d’étu­dier cha­cune des de­mandes qui se re­trouvent sur leur bu­reau, la loi sur le sys­tème cor­rec­tion­nel du Qué­bec les en obli­geant.

«Il faut com­prendre que le de­voir de garde, qui est pré­vu dans cette loi, im­plique né­ces­sai­re­ment que le di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment de dé­ten­tion offre à chaque per­sonne in­car­cé­rée le né­ces­saire à la vie. Ça com­prend no­tam­ment les soins de san­té et la nour­ri­ture. Et en ver­tu de la Charte des droits et li­ber­tés de la per­sonne, les éta­blis­se­ments de dé­ten­tion ont le de­voir de nour­rir les gens in­car­cé­rés en te­nant compte de leur li­ber­té de re­li­gion», conclut M. Fa­lar­deau.

NDLR: Il a été im­pos­sible de savoir com­bien de dé­te­nus du pé­ni­ten­cier de Saint-Jé­rôme sont concer­nés par cette me­sure.

Photo ar­chives Jour­nal Le Nord.

Le pé­ni­ten­cier de Saint-Jé­rôme.

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