«Qu’ils me donnent mon hô­pi­tal, après je ver­rai pour mon ave­nir po­li­tique » - Jacques Du­ches­neau

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Si Jacques Du­ches­neau est bien dé­ter­mi­né à faire avan­cer les dos­siers de Saint-Jé­rôme et être plus pré­sent dans son com­té, il garde avant tout en ligne de mire la construc­tion d’un nou­vel hô­pi­tal, qu’il consi­dère comme es­sen­tielle.

« Saint Jé­rôme a be­soin d’un hô­pi­tal neuf »

« J’ai tou­jours mon idée fixe de l’hô­pi­tal, nous dit-il en en­tre­vue té­lé­pho­nique. Je vais conti­nuer à co­gner sur le clou, sur­tout avec ce qu’on nous a an­non­cé der­niè­re­ment dans les mé­dias - dans cer­tains hô­pi­taux on se­rait peut-être obli­gé de payer notre chambre d’hô­pi­tal - et quoique le mi­nistre ( Ré­jean Hé­bert) l’ait nié, il n’en de­meure pas moins que dans le mi­lieu de la san­té chaque dol­lar est comp­té. Il ne faut sur­tout pas ré­gres­ser. Le meilleur moyen de ne pas le faire c’est de conti­nuer à ta­per sur le même clou. Saint-Jé­rôme a be­soin d’un hô­pi­tal neuf et ça presse », mar­tèle le dé­pu­té de Saint-Jé­rôme.

« Je veux voir du concret! »

Le dé­pu­té porte une at­ten­tion par­ti­cu­lière sur le grand nombre d’an­nonces faites par le Par­ti qué­bé­cois dans les der­niers mois. « Bra­vo, je ne peux pas être contre. Ce que j’ai hâte de voir, ce sont les pre­mières pel­le­tées de terre. On a an­non­cé une salle de spec­tacle à Saint-Jé­rôme. J’ai hâte de voir la pre­mière pel­le­tée de terre et, après, les pé­pines dans la cour. Il y a tel­le­ment d’an­nonces par­tout dans la pro­vince - on a éva­lué ça a plus d’un mil­liard $- je ne sais pas où ils vont prendre l’ar­gent, alors qu’on est en dé­fi­cit, s’in­quiète-t-il. Je veux voir du concret, scande Du­ches­neau. On nous fait toutes sortes de pro­messes de­puis un an et de­mi, je veux voir la réa­li­sa­tion de ces choses-là! »

Par ailleurs, le dé­pu­té, par­lant de la nou­velle salle de spec­tacle à Saint-Jé­rôme, pro­met qu’il se­ra la pre­mière per­sonne à al­ler en avant et re­mer­cier le PQ, « quand je se­rai as­sis dans un banc… »

Beau­coup de tra­vail à l’As­sem­blée na­tio­nale

Il n’y a tou­jours pas eu d’an­nonce de sub­ven­tion pour la construc­tion du fu­tur aré­na de la Ri­viè­re­du-Nord. Jacques Du­ches­neau confie avoir ren­con­tré der­niè­re­ment le maire de Saint-Jé­rôme, Sté­phane Ma­her : « j’ai par­lé au maire Ma­her. Il y a des choses qui s’en viennent. On a eu une ex­cel­lente réunion en­semble. On a fait le bi­lan de cer­tains dos­siers. Je pense qu’ils sont ani­més par une vo­lon­té de bien faire les choses et de les faire ra­pi­de­ment. Là aus­si, don­nons la chance au cou­reur. Il y a une équipe pleine de bonne vo­lon­té et on va voir les choses chan­ger. »

Par ailleurs, fai­sant son bi­lan de l’an­née 2013, le dé­pu­té met l’em­phase sur l’am­pleur de son tra­vail à l’As­sem­blée na­tio­nale, et nous parle des axes sur les­quels il va tra­vailler.

« No­tam­ment pour la pro­tec­tion des dé­non­cia­teurs. Qué­bec so­li­daire a fait une mo­tion, et j’ai pous­sé très fort là-des­sus. C’est un dos­sier im­por­tant. Deux per­sonnes de Saint-Jé­rôme ont d’ailleurs été ho­no­rées. »

Il nous parle aus­si du pro­jet de loi 61, qui vise le re­cou­vre­ment de sommes payées in­jus­te­ment par les mu­ni­ci­pa­li­tés. « En juin der­nier, on (la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec-CAQ) avait lan­cé une cam­pagne qui s’ap­pe­lait « Rem­bour­sez-nous » et on vou­lait que les gens qui nous avaient «vo­lés» (sic) dans les contrats pu­blics nous rem­boursent. On a beau­coup tra­vaillé là- des­sus. Le gou­ver­ne­ment nous re­vient avec un pro­jet de loi qui vise prin­ci­pa­le­ment le rem­bour­se­ment de sommes qu’on a payées en trop dans des contrats pu­blics. On a tra­vaillé fort sur ce dos­sier-là, un peu mal fi­ce­lé, on de­vrait re­ve­nir au prin­temps avec ce pro­jet de loi. On veut que ce soit bien fait », af­firme Jacques Du­ches­neau.

Fi­na­le­ment, le dos­sier des vic­times d’actes cri­mi­nels, sur le­quel il a éga­le­ment tra­vaillé, le touche par­ti­cu­liè­re­ment. «On re­garde l’in­dem­ni­sa­tion des vic­times d’actes cri­mi­nels et on veut faire le tour de la ques­tion. On met à peu près 120 mil­lions de dol­lars par an­née et on est tou­jours en at­tente de savoir com­ment ce 120 mil­lions-là est ven­ti­lé. Va-t-il à l’ad­mi­nis­tra­tion ou aux vic­times? Le dé­pu­té nous cite en exemple le cas de Ma­ri­lou, vic­time d’in­ti­mi­da­tion. « Comme elle avait at­teint 18 ans, il n’y avait plus de mon­tant pos­sible.»

Plus de pré­sence dans le com­té

Le dé­pu­té at­teste que l’équipe de son bu­reau de com­té re­çoit de nom­breux dos­siers à ré­gler. « Les cas de com­té, on en a beau­coup et chaque cas est un cas sou­vent très pro­blé­ma­tique. » Il dé­plore ce­pen­dant le peu de moyens dont il dis­pose pour ré­gler les pro­blèmes. «Je trouve que, comme dé­pu­té, on n’a pas de moyens de pou­voir ré­gler des pro­blèmes. Je viens d’une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle où j’étais plus dans le mode ac­tion/ ré­ac­tion. Par­fois, je suis dé­so­lé du manque de pou­voir qu’on a pour ai­der les gens.»

« C’est frus­trant. Quand on ap­pelle dans les mi­nis­tères, on a une ques­tion, on ob­tient des ré­ponses, mais ja­mais de so­lu­tions. Moi, je suis plus en mode so­lu­tion, ajoute-t-il. Je m’at­ten­dais à avoir un peu plus de pou­voir dans ce sens-là, avoir une ca­pa­ci­té de dire : je vais ré­gler le pro­blème. »

Il re­con­nait avoir été moins pré­sent dans son com­té ces der­niers mois. « Oui, quand je suis à un en­droit, je ne suis pas à un autre ! Lors de la der­nière ses­sion, on a été très oc­cu­pé. On a eu beau­coup de com­mis­sions par­le­men­taires. »

Jacques Du­ches­neau nous laisse en­tendre qu’il se­ra do­ré­na­vant plus pré­sent dans son com­té:

«Dans la pre­mière an­née, j’ai ef­fec­ti­ve­ment été pré­sent par­tout, mais, un mo­ment don­né, les bat­te­ries com­mencent à se dé­char­ger. J’avais be­soin de re­char­ger mes bat­te­ries. Je peux vous dire que 2014 s’an­nonce un peu mieux. »

Un autre man­dat ?

Êtes-vous prêt pour un autre man­dat? « Je suis prêt à tout, tant que la pas­sion y est, tout le reste est là. J’ai fi­ni l’an­née vrai­ment épui­sé, on a eu une très grosse ses­sion par­le­men­taire. J’ai re­char­gé mes bat­te­ries et - comme je suis pour les voi­tures élec­triques- ma pe­tite voi­ture va al­ler loin » confesse-t-il.

Au su­jet de la vo­lon­té du Par­ti qué­bé­cois de re­prendre le com­té, tel qu’an­non­cé der­niè­re­ment à Saint-Jé­rôme par Pau­line Ma­rois : « Le mes­sage est clair. On re­çoit ce mes­sage-là. Je l’en­tends. Je ne baisse pas les bras, au contraire, af­firme le dé­pu­té. Ils vont me trou­ver fa­ti­gant, je veux un hô­pi­tal! Qu’ils me donnent mon hô­pi­tal, après ça je ver­rai pour mon ave­nir po­li­tique. Quand vien­dra le temps de faire la pre­mière pel­le­tée de terre pour un nou­vel hô­pi­tal, ils au­ront peut-être une chance d’avoir le com­té, mais d’ici ce temps-là… » conclut le dé­pu­té rap­pe­lant avoir par­lé a des an­ciens mi­nistres de la San­té « qui m’ont dit que Saint-Jé­rôme a tou­jours été leur prio­ri­té. Ils sont dé­jà ve­nus l’an­non­cer 5/6 fois. Il faut pas­ser de la coupe aux lèvres. J’ai une idée fixe, c’est l’hô­pi­tal. »

Fran­çoise Le Guen

« Saint-Jé­rôme a be­soin d’un hô­pi­tal neuf et ça presse », Jacques Du­ches­neau.

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