Des chan­ge­ments au bu­reau de poste de Saint-Jé­rôme ?

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Le dé­pu­té Pierre Dionne La­belle a ap­pris le jeu­di 30 jan­vier der­nier, d’une porte-pa­role gou­ver­ne­men­tale, que Postes Ca­na­da pro­cé­de­ra ra­pi­de­ment à des chan­ge­ments au bu­reau de poste de Saint-Jé­rôme.

Tou­jours d’après ce qu’il a ap­pris, les ré­no­va­tions qui au­ront lieu bien­tôt de­vraient être ter­mi­nées vers la mi-mars. « Par la suite, il n’y au­ra plus qu’une seule per­sonne au comp­toir pour ré­pondre à la clien­tèle par­ti­cu­liè­re­ment nom­breuse à l’heure de pointe. Les co­lis se­ront pla­cés dans un seul com­par­ti­ment et les ca­siers pos­taux se­ront ré­amé­na­gés » in­dique le dé­pu­té.

Re­struc­tu­rer les ser­vices lo­caux ?

Pierre Dionne La­belle y voit l’in­ten­tion de Postes Ca­na­da de re­struc­tu­rer les ser­vices lo­caux dans le contexte des cou­pures de ser­vices an­non­cées en dé­but d’an­née.

« Je sur­veille le dos­sier de près, fait savoir le dé­pu­té de Ri­vière-du-Nord. Les conser­va­teurs laissent Postes Ca­na­da mettre fin au ser­vice de li­vrai­son du cour­rier à do­mi­cile et aug­men­ter les prix des en­vois pos­taux. Le gou­ver­ne­ment a rom­pu sa pro­messe de pro­té­ger les consom­ma­teurs et n’offre au­cune nou­velle ap­proche pour gé­né­rer plus de re­ve­nus chez Postes Ca­na­da ».

Rap­pe­lons que le dé­pu­té du NPD est en désac­cord avec les di­ri­geants de Postes Ca­na­da qui ont dé­ci­dé de sup­pri­mer la li­vrai­son du cour­rier à do­mi­cile, d’aug­men­ter les ta­rifs de 30%, de ré­duire les heures d’ou­ver­ture des bu­reaux de poste et d’éli­mi­ner des em­plois.

À no­ter que, dans le plan d’ac­tion en cinq points pré­sen­té par Postes Ca­na­da le 11 dé­cembre der­nier, la so­cié­té d’État men­tionne qu’elle ra­tio­na­li­se­ra son réseau

tra­di­tion­nel de bu­reaux de poste de la So­cié­té. « Cer­tains de ces bu­reaux sont si­tués dans des em­pla­ce­ments qui ne conviennent plus aux clients. L’en­tre­prise cher­che­ra à ap­por­ter des ajus­te­ments là où l’acha­lan­dage le jus­ti­fie. Ain­si, à la suite de cet exa­men, on pour­rait par exemple re­voir les heures d’ou­ver­ture, ré­duire les stocks ou ins­tal­ler des ar­moires à co­lis ou des bornes au­to­ma­ti­sées en libre-ser­vice. »

Le dé­pu­té fé­li­cite la MRC

Par ailleurs, Pierre Dionne La­belle se fé­li­cite de la po­si­tion prise par les cinq maires de la MRC de Ri­vière-du-Nord dans ce dos­sier (voir texte dans l’édi­tion du 29 jan­vier du Jour­nal Le Nord) : « Comme élus, nous avons le de­voir de pro­té­ger les per­sonnes les plus vul­né­rables de notre so­cié­té. Il faut obli­ger la so­cié­té d’État à main­te­nir son ser­vice pour les per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite et les per­sonnes âgées. Et que l’on ne nous dise pas que la so­cié­té d’État est dé­fi­ci­taire. La seule an­née où Postes Ca­na­da n’a pas réa­li­sé de pro­fits au cours des 17 der­nières an­nées fut en 2012, soit l’an­née où elle a re­fu­sé de né­go­cier avec ses em­ployés et dé­cré­té un lo­ckout ».

Des craintes du cô­té du syn­di­cat

An­to­nio Vio­lo, re­pré­sen­tant du Syn­di­cat des tra­vailleuses et tra­vailleurs des postes (STTP) nous dit qu’il n’y a rien d’of­fi­ciel, mais qu’il a ap­pris que Postes Ca­na­da va bien­tôt en­le­ver un or­di­na­teur du comp­toir en avant. « On a une bonne clien­tèle qui vient, je ne com­prends pas très bien. »

Dans les faits, ce chan­ge­ment vou­drait dire qu’il ne res­te­rait qu’un em­ployé sur les deux au bu­reau de poste de Saint-Jé­rôme. « Par ex­pé­rience, ce que je sais c’est qu’ailleurs ils (Postes Ca­na­da) ont trans­for­mé les comp­toirs ce qui ré­dige les gens vers les phar­ma­cies », avance M. Vio­lo.

Se­lon lui, le bu­reau de poste à Saint-Jé­rôme «marche très bien ». Il craint que ce chan­ge­ment « en­lève les clients et qu’ils jus­ti­fient en­suite qu’il y ait moins de monde. »

Par ailleurs, d’après lui, si les boites com­mu­nau­taires sont ins­tal­lées à Saint-Jé­rôme, ce­la vou­drait dire des cou­pures de postes pour 15 à 16 fac­teurs sur les 35. « Deux per­sonnes s’en vont à la re­traite avant leur temps. Ils s’en vont avec une pé­na­li­té. Ils ont peur de l’ave­nir, les gens ont peur et cer­tains s’en vont », fait-il re­mar­quer.

« J’ai en­ten­du dire que dans les pro­chaines se­maines Postes Ca­na­da va sor­tir une liste des villes où ils vont com­men­cer à faire les chan­ge­ments. On va at­tendre », conclut-il.

Le STTP a af­fir­mé qu’il tra­vaille­ra, pour s’op­po­ser à la dé­ci­sion uni­la­té­rale de Postes Ca­na­da de ré­duire les ser­vices de li­vrai­son, avec les groupes com­mu­nau­taires, les per­sonnes re­trai­tées, les or­ga­ni­sa­tions de per­sonnes han­di­ca­pées, des par­ti­cu­liers, les élus mu­ni­ci­paux, le mou­ve­ment syn­di­cal et tous ceux et celles qui ont à coeur de pré­ser­ver la li­vrai­son à do­mi­cile dans leurs col­lec­ti­vi­tés.

Pas de nou­velles du cô­té de la Ville

Du cô­té de la Ville, le di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions, Louis Pa­rent, nous men­tionne que SaintJé­rôme n’a pas re­çu de di­rec­tives de Postes Ca­na­da : « On n’a pas eu de contact avec eux pour les nou­velles orien­ta­tions (boites com­mu­nau­taires)», dit-il.

On rap­pelle que, dans cinq ans, la so­cié­té fé­dé­rale, ac­tuel­le­ment aux prises avec d’im­por­tantes dif­fi­cul­tés fi­nan­cières, pré­voit que le tiers des mé­nages ca­na­diens qui re­çoivent en­core leur cour­rier à la porte fe­ront la tran­si­tion à des boîtes pos­tales com­mu­nau­taires.

Cette tran­si­tion tou­che­rait les an­ciens quar­tiers de Saint-Jé­rôme. D’au­cuns s’in­ter­rogent si la mu­ni­ci­pa­li­té pos­sède les ter­rains né­ces­saires pour l’ins­tal­la­tion des boîtes pos­tales com­mu­nau­taires.

Au mo­ment de mettre sous presse, Anick Lo­sier, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions de Postes Ca­na­da n’avait pas ré­pon­du à notre de­mande d’in­for­ma­tion.

Gra­cieu­se­té

An­to­nio Vio­lo, re­pré­sen­tant du Syn­di­cat des tra­vailleuses et tra­vailleurs de Postes Ca­na­da et le dé­pu­té fé­dé­ral Pierre Dionne La­belle (NPD).

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