« Saint-Jé­rôme, une ville cha­leu­reuse, res­pon­sable et au­da­cieuse » - Ghis­laine Gi­rard

Le Nord - - ACTUALITÉS - Fran­çoise Le Guen

Re­vi­si­ter Saint- Jé­rôme et tra­ver­ser ses rues, dé­cou­vrir ou re­dé­cou­vrir ses ri­chesses tel est le voyage que nous pro­pose Ghis­laine Gi­rard, ar­ri­vée dans notre ville il y a un an et de­mi.

Cette route qu’elle nous pro­pose est celle du re­gard por­té sur un Saint-Jé­rôme que l’on ne voit pas ou peut-être plus, une ville « cha­leu­reuse, res­pon­sable et au­da­cieuse », comme elle se plait à la nom­mer. C’est aus­si par­ler de ses ren­contres avec les gens qu’elle croise, « des gens sou­riants, ac­cueillants, ai­dants ». Une ville que Ghis­laine Gi­rard voit pleine de ri­chesses au-de­dans et riche de son em­pla­ce­ment, entre les mon­tagnes et Mon­tréal.

Bé­né­vole à l’hô­pi­tal

Mont­réa­laise, Ghis­laine Gi­rard a presque 73 ans. Il y a un an et de­mi, elle s’est rap­pro­chée de son frère qui ha­bite ici. Elle vou­lait connaître Saint-Jé­rôme. Femme d’af­faires re­trai­tée, elle a aus­si beau­coup voya­gé.

« J’ai tou­jours ha­bi­té à Mon­tréal. J’y avais en­ten­du dire que Saint-Jé­rôme était pauvre, terne avec des per­sonnes dé­lin­quantes », nous ex­plique-t-elle.

« J’ai­me­rais que l’on parle de Saint-Jé­rôme de ma­nière plus po­si­tive. Elle est par­mi les villes les plus in­té­res­santes au Qué­bec » , af­firme Mme Gi­rard, après une dé­cou­verte de sa nou­velle ville.

Pour com­men­cer, lors­qu’on lui de­mande de se dé­fi­nir, Ghis­laine Gi­rard nous ré­pond avec le sou­rire : « Se­lon les re­cherches scien­ti­fiques, il est pos­sible qu’il y ait plus de 2 000 bil­lions de sper­ma­to­zoïdes dont je suis une pe­tite par­ti­cule qui a choi­si de ve­nir pour cette terre pour y vivre. Une ma­dame Tout-le­Monde, quel bon­heur! »

Ghis­laine Gi­rard a été opé­rée der­niè­re­ment avec suc­cès pour un cancer. Elle est bé­né­vole pour « Belle et bien dans sa peau » à l’Hô­pi­tal de Saint-Jé­rôme. Le bé­né­vo­lat, c’est la pre­mière fois qu’elle en fait. Ghis­laine a dé­ci­dé d’être au ser­vice des per­sonnes at­teintes de cancer en leur don­nant deux heures de dé­tente. « Par des pe­tites dou­ceurs je leur sers des muf­fins, du ca­fé, du jus et, du­rant cette pé­riode, les femmes, en­vi­ron une di­zaine, sont ins­tal­lées cha­cune de­vant leur mi­roir avec une boite de ma­quillage qu’elles rap­portent à la mai­son. Du­rant ce temps, un cours de ma­quillage leur est don­né. Les femmes re­tournent chez elle, heureuses, bien dans leur peau, prêtes pour une sor­tie », nous ex­plique-t-elle.

À la dé­cou­verte de sa nou­velle ville…

La jour­née de son dé­mé­na­ge­ment Ghis­laine Gi­rard re­marque dé­jà un pre­mier geste ac­cueillant des voi­sins. « De l’autre cote de la rue, l’un d’eux se pré­sente pour m’ai­der à mon­ter des boites. J’ha­bite au 2e étage. »

La deuxième jour­née, elle part à la dé­cou­verte de sa nou­velle ville. « J’ai fait le tour des rues pour connaître les noms et mes di­rec­tions. »

Elle vi­site ain­si les com­merces, centres d’achat, les trois bi­blio­thèques, la ca­thé­drale et l’hô­tel de ville. Mme Gi­rard ex­plore la ville et ses atouts dans les moindres dé­tails, du poste de po­lice, de pom­pier, le pa­lais de jus­tice, l’hô­pi­tal, le CLSC, jus­qu’au parc au centre-ville, le théâtre d’été. Elle nous parle aus­si du mar­ché ex­té­rieur, la Ri­vière-du-Nord, le train de ban­lieue, le ser­vice d’au­to­bus, lo­cal et jus­qu’au mé­tro Mont­mo­ren­cy, la piste cy­clable, le cé­gep, l’uni­ver­si­té. « Sans ou­blier l’aré­na et tous nos cham­pions spor­tifs dont nous sommes fiers ! » Et, pour fi­nir, elle est al­lée au Gym!

« J’ai même dé­cou­vert la mai­son de Mme So­lange Cha­put-Rol­land*, qui a de­meu­ré sur la rue Rol­land dans sa jeu­nesse.»

Tout ce­la pour dé­cou­vrir que, non seule­ment Saint-Jé­rôme pos­sède toutes les in­fra­struc­tures né­ces­saires, mais aus­si pour s’aper­ce­voir que les Jé­rô­miens sont sou­riants et ont le coeur sur la main.

« Ce que j’ad­mire dans cette ville, est que c’est une ville hu­maine, rem­plie d’amour, unique. Faites un sou­rire aux Jé­rô­miens et im­mé­dia­te­ment ils vous le re­tournent. Ces gens vous voient sur la rue en dif­fi­cul­té, soit avec un car­rosse d’épi­ce­rie, pour ou­vrir une porte de ma­ga­sin, peu im­porte, vous avez de l’aide. Il est rare que ce phé­no­mène se pro­duise à Mon­tréal sans qu’on le de­mande. Ici ils courent pour nous ai­der!»

Fier­té

Mme Gi­rard cite éga­le­ment « toutes ces as­so­cia­tions qui viennent en aide aux plus âgés. Le bé­né­vo­lat dans cette ville est pré­gnant, il y a un grand dé­voue­ment de toutes ces per­sonnes qui ont à coeur leur pro­chain, du plus dé­mu­ni au plus riche. »

« À Saint-Jé­rôme, l’on croise des gens très sym­pa­thiques. Vous ren­trez pour prendre une tasse de ca­fé, les gens vous disent bon­jour et vous sou­rient. Vous tra­ver­sez la rue à pieds, les au­tos s’ar­rêtent pour vous lais­ser pas­ser », nous dit en­core Mme Gi­rard.

« Oui, c’est rare à mes yeux que l’on trouve une ville comme la nôtre au Qué­bec, avec ce nombre de po­pu­la­tions et tous ces ser­vices. La ville a tout. Elle est riche en gens in­tel­li­gents, hu­mains, cour­tois en ma­nière et en pa­roles et qui par­tagent leur gé­né­ro­si­té en bé­né­vo­lat. Je suis fière de Saint-Jé­rôme. »

Fran­çoise Le Guen

Ghis­laine Gi­rard est ici de­vant l’hô­pi­tal de Saint-Jé­rôme où elle est bé­né­vole.

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