Com­plot pour meurtres: 46 mois de pri­son pour Guillaume Pi­cotte

Le Nouvelliste - - LA UNE - MAR­TIN LA­FRE­NIÈRE mar­tin.la­fre­niere@le­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS-RIVIÈRES — «Vous avez été chan­ceux de vous être fait ar­rê­ter par la po­lice, car vous au­riez été en de­dans pour une bonne par­tie de votre vie. La so­cié­té vous donne une chance. Pre­nez- la.»

Le juge Ray­mond W. Pro­no­vost a lan­cé ces com­men­taires à Guillaume Pi­cotte tout juste avant de le condam­ner à 46 mois d’em­pri­son­ne­ment pour com­plot pour meurtres. Pi­cotte est ce j eune homme de Saint- Pau­lin qui a été ar­rê­té avec un com­plice par la po­lice de Trois- Rivières en mars 2016 alors que le duo s’ap­prê­tait à se rendre à la mai­son de l’ex-co­pine de Pi­cotte dans le but de l’en­le­ver et de tuer ses pa­rents. Pi­cotte ne di­gé­rait pas la rup­ture amou­reuse avec cette ado­les­cente.

Pi­cotte et Ke­vin Le­blanc avaient quit­té Saint-Pau­lin pour s’in­tro­duire dans le do­mi­cile de l’ex-co­pine. Tou­te­fois, la mère de Le­blanc avait avi­sé les au­to­ri­tés après avoir consta­té dans l’or­di­na­teur de son fils la te­neur d’échanges avec Pi­cotte. Le conte­nu des cour­riels a ré­vé­lé que les deux hommes avaient pré­vu s’en­fuir à To­ron­to et à Ed­mon­ton. Les deux jeunes hommes ont été ar­rê­tés avant que l’ir­ré­pa­rable ne puisse être com­mis.

Le dos­sier de Pi­cotte était de re­tour au pa­lais de justice de TroisRi­vières ven­dre­di et l’ac­cu­sé a dé­ci­dé de ré­gler ses comptes avec la justice. Il a re­con­nu sa culpa­bi­li­té à trois ac­cu­sa­tions: com­plot pour meurtre des pa­rents de l’ado­les­cente, in­tro­duc­tion par ef­frac­tion et pos­ses­sion d’armes dans un des­sein dan­ge­reux.

Ces plai­doyers de culpa­bi­li­té étaient ac­com­pa­gnés d’une sug­ges­tion de sen­tence com­mune in­ter­ve­nue entre l’avo­cat de Pi­cotte, Me Guy Qui­rion, et l’avo­cat de la Cou­ronne, Me Be­noît La­rouche. La sug­ges­tion de sen­tence tient compte des évé­ne­ments, mais aus­si du fait que le jeune homme de 19 ans avait à peine 18 ans au mo­ment des faits et qu’il n’avait au­cun an­té­cé­dent ju­di­ciaire.

«Pour un jeune, c’est très pé­nible, a dit à la cour Me Qui­rion. Les pa­rents sont to­ta­le­ment bou­le­ver­sés, com­plè­te­ment at­ter­rés. Et Guillaume re­grette énor­mé­ment les gestes.»

Guillaume Pi­cotte est dé­te­nu de­puis le 21 mars 2016, soit de­puis en­vi­ron 18 mois. En comp­tant la dé­ten­tion pré­ven­tive à taux simple et de­mi, la peine nette à pur­ger est de 19 mois.

Cette sug­ges­tion de sen­tence com­mune est le fruit de dis­cus­sions entre les deux par­ties qui ont été me­nées de­puis plus d’un an. Dé­jà aux as­sises d’au­tomne de 2016, alors qu’une date pour le pro­cès de Pi­cotte de­vait être fixée, Me Qui­rion de­man­dait au juge Pro­no­vost de re­mettre cette étape aux as­sises d’hi­ver, en dé­cembre 2016, car des dis­cus­sions avaient été amor­cées avec la pour­suite. Me Qui­rion a te­nu le même dis­cours en avril der­nier, lui qui avait bon es­poir d’en ve­nir à une en­tente avec la pour­suite.

Se­lon l’avo­cat de Pi­cotte, la sug­ges­tion com­mune est rai­son­nable.

«C’est une bonne en­tente. Faire un pro­cès pour com­plot pour meurtre et être dé­cla­ré cou­pable, on parle d’une sen­tence de 8, 10 ans d’em­pri­son­ne­ment », ra­conte Me Qui­rion.

Se­lon Me La­rouche, cette peine d’em­pri­son­ne­ment est sub­stan­tielle pour un in­di­vi­du de l’âge de Guillaume Pi­cotte.

« Au mo­ment des crimes, il avait 18 ans et deux mois à peu près. C’est une pre­mière ex­pé­rience de dé­ten­tion non né­gli­geable pour une per­sonne à peine ma­jeure, et il en pur­ge­ra en­core 19 autres.»

Me La­rouche rap­pelle que si Pi­cotte avait mis son plan à exé­cu­tion, et compte te­nu de son plai­doyer de culpa­bi­li­té à un com­plot, la pré­mé­di­ta­tion du meurtre n’au­rait pas été tel­le­ment dif­fi­cile à dé­mon­trer. Il au­rait donc été ac­cu­sé de meurtre au pre­mier de­gré, un crime qui en­traîne une peine d’em­pri­son­ne­ment à per­pé­tui­té.

« C’est peut- être le pa­ral­lèle que le juge vou­lait tra­cer au jeune: une sen­tence de 46 mois ver­sus une peine à per­pé­tui­té sans pos­si­bi­li­té de li­bé­ra­tion avant 25 ans. Dans cette me­sure, oui, le jeune est chan­ceux.»

Guillaume Pi­cotte de­vra aus­si res­pec­ter une pé­riode de pro­ba­tion de deux ans. Il ne peut en­trer en contact avec les per­sonnes vi­sées par son com­plot, il ne peut se trou­ver en leur pré­sence et ne peut se rendre à leur do­mi­cile. Il lui est in­ter­dit de pos­sé­der des armes à feu du­rant 10 ans et il de­vra four­nir un échan­tillon de son ADN.

Ke­vin Le­blanc a plai­dé cou­pable à dif­fé­rentes ac­cu­sa­tions con­cer­nant cette af­faire.

En j uin, i l a pris l e che­min du pé­ni­ten­cier pour une pé­riode mi­ni­male de deux ans. Mi­neur au mo­ment des faits, il a été as­su­jet­ti à une peine pour adultes. Le quan­tum de sa sen­tence se­ra dé­ter­mi­né le 26 sep­tembre à l’oc­ca­sion des plai­doi­ries.

Le duo s’ap­prê­tait à se rendre à la mai­son de l’ex- co­pine de Pi­cotte dans le but de l’en­le­ver et de tuer ses pa­rents.

— PHO­TO: FA­CE­BOOK

C’est avec calme que Guillaume Pi­cotte a plai­dé cou­pable à trois ac­cu­sa­tions, ven­dre­di.

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