Nou­veaux vi­sages pour l’en­tre­prise

Le Nouvelliste - - AFFAIRES - VINCENT MONGRAIN

TROIS-RIVIÈRES — Pré­sente dans le pay­sage du quar­tier Sain­teMar­gue­rite de­puis main­te­nant 60 ans, la cordonnerie Carol Binet ne cesse d’évo­luer. L’ar­ri­vée de deux nou­veaux pro­prié­taires a per­mis à l’en­tre­prise de dé­ve­lop­per plu­sieurs nou­veaux ser­vices qui font d’elle une ré­fé­rence dans son do­maine au Qué­bec.

C’est le 1er jan­vier der­nier qu’An­dré Gil­bert et Hervé Tur­bide, qui étaient au­pa­ra­vant em­ployés, sont de­ve­nus pro­prié­taires de la cordonnerie Carol Binet.

« L’an­née pas­sée, nous par­tions en va­cances et puis Carol Binet nous a envoyé une pe­tite lettre. Il di­sait qu’il était ren­du as­sez âgé et qu’il vou­lait dé­lé­guer son en­tre­prise. Il vou­lait sa­voir si nous étions in­té­res­sés à l’ache­ter, car il ne vou­lait pas vendre à des étran­gers. Si nous ne l’ache­tions pas, nous per­dions 12 em­plois ici » , ex­pliquent les pro­prié­taires.

RE­LÈVE

Le manque de re­lève dans l e mi­lieu des cor­don­ne­ries au Qué­bec re­pré­sente une pro­blé­ma­tique i mpor­tante se­lon An­dré Gil­bert.

« Mon plus grand dé­fi a été de trou­ver un nou­veau cor­don­nier. Il n’y a pas de for­ma­tion qui se donne. Il n’y a plus d’école de cordonnerie. C’est un gros pro­blème, car les in­dus­tries sont ex­trê­me­ment in­quiètes face à une éven­tuelle pé­nu­rie de cor­don­niers. Les gens s’in­ter­rogent à sa­voir qui se­ra en me­sure de ré­pa­rer leurs équi­pe­ments spor­tifs, leurs bottes, leurs man­teaux... Mon but est donc de for­mer le plus de per­sonnes pos­sible ici avant que je prenne ma re­traite » .

SEC­TEURS D’AC­TI­VI­TÉS

La cordonnerie pro­pose trois sphères d’ac­ti­vi­tés. Elle offre un ma­ga­sin de chaus­sures spé­cia­li­sées, les ser­vices de cordonnerie et de cou­ture ain­si qu’un ate­lier de fa­bri­ca­tion et d’as­sem­blage pour les contrats in­dus­triels.

« La cordonnerie c’est l a plus grosse au Qué­bec. Tous ceux qui fa­briquent des ban­nières à Trois- Rivières f ont af­faire i ci. Avec 27 ma­chines, nous sommes les seuls qui avons l’équi­pe­ment né­ces­saire pour coudre ça et ins­tal­ler les oeillets. Chaque an­née, nous f ai­sons l e Grand Prix de Trois- Rivières au com­plet ce qui to­ta­lise entre 90 et 100 toiles » , men­tionne An­dré Gil­bert.

NOUVEAUTÉS ET CHAN­GE­MENTS

Afin de di­ver­si­fier ses ser­vices of­ferts, l a cordonnerie Carol Binet offre dé­sor­mais une sé­lec­tion de chaus­sures santé-sé­cu­ri­té en suc­cur­sale.

Des vê­te­ments du même type se­ront aus­si dis­po­nibles dans les pro­chaines se­maines. An­dré Gil­bert et Hervé Tur­bide ont égal ement pro­cé­dé à l’achat d’un ca­mion de li­vrai­son.

« De­puis trois se­maines, nous avons un re­pré­sen­tant qui fait le tour des in­dus­tries de la ré­gion. Il offre sou­liers, bottes de sé­cu­ri­té et d’autres équi­pe­ments. Il vend à même le ca­mion qui est amé­na­gé comme un ma­ga­sin», ajoute M. Gil­bert.

Par­mi les autres nouveautés, on re­trouve l’ins­tal­la­tion d’un point de dé­pôt à Ni­co­let. Les pro­prié­taires dé­si­rent en ou­vrir d’autres, no­tam­ment du cô­té de Loui­se­ville. De­puis cet été, la cordonnerie offre la ré­pa­ra­tion de toit ré­trac­table sur tous les mo­dèles de vé­hi­cules dé­ca­po­tables. De plus, elle est main­te­nant ou­verte sur l’heure du dî­ner, il est donc pos­sible pour les clients de ve­nir cher­cher ou dé­po­ser leurs biens. Fi­na­le­ment, un kiosque de li­qui­da­tion de chaus­sures ou­vri­ra ses portes di­manche au mar­ché aux puces si­tué dans le sec­teur Cap- de- la- Ma­de­leine.

Les nou­veaux pro­prié­taires af­firment ne pas avoir ob­ser­vé de chan­ge­ment au sein de leur clien­tèle à la suite du dé­part de M. Binet.

« Les cli ents ont conti­nué à nous faire confiance, ils étaient heu­reux qu’il y ait de la re­lève dans ce do­maine. Nous sommes sé­rieux, mais nous ne nous pre­nons pas au sé­rieux. Nous avons une belle re­la­tion avec eux. Les gens ap­pré­cient notre ser­vice à la clien­tèle » , men­tionnent- ils.

Mon plus grand dé­fi a été de trou­ver un nou­veau cor­don­nier. Il n’y a pas de for­ma­tion qui se donne. Il n’y a plus d’école de cordonnerie. C’est un gros pro­blème.

— PHO­TO: FRAN­ÇOIS GERVAIS

Hervé Tur­bide et An­dré Gil­bert sont les nou­veaux pro­prié­taires de la cordonnerie Carol Binet.

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