Éter­nel en­fant

Alain Cho­quette re­vient de France avec plus d’un tour dans son sac

Le Nouvelliste - - ARTS MAGAZINE - LUC BOULANGER

MON­TRÉAL — Voi­là huit ans qu’Alain Cho­quette ne s’était pas pro­duit sur scène, mis à part des spec­tacles pour des en­tre­prises, au Qué­bec. C’est que la France a adop­té l’ar­tiste qué­bé­cois avec son spec­tacle Drô­le­ment ma­gique, qui a car­ton­né avec plus de 500 re­pré­sen­ta­tions au Théâtre de la Gaî­té- Mont­par­nasse, une salle de 400 places sur la rive gauche.

« Un show ex­trê­me­ment fou et en même temps tendre et ma­gique » , ré­sume le ma­gi­cien.

Avec plus de 25 ans de mé­tier, de Las Ve­gas à Pa­ris, en pas­sant par At­lan­tic Ci­ty, « l’ en­tert ai­ner » ( « C’est l e mot qui me dé­fi­nit l e mieux » , dit- i l ) nous re­vient confiant… mais aus­si un peu f ébrile f ace à l’ac­cueil qu’on lui ré­ser­ve­ra. En 1993, il a fait 10 se­maines dans le théâtre Saint- De­nis 1 de Mon­tréal, cette f ois, i l n’a que t rois dates au Saint- De­nis 2, avant de par­tir en tour­née à tra­vers la pro­vince cet au­tomne. « En France et aux États- Unis, il y a une re­con­nais­sance en­vers les ar­tistes qui sont de­puis long­temps dans le pay­sage. Au Qué­bec, on cherche la nou­veau­té à tout prix » , lance- t- il, sans au­cune amer­tume.

En France, on l’aime donc pas­sion­né­ment. Té­lé­ra­ma, la ré­fé­rence pour les sor­ties cultu­relles à Pa­ris, a qua­li­fié la ma­gie d’Alain Cho­quette « d’in­ven­tive, pleine de sub­ti­li­té et ir­ré­sis­ti­ble­ment drôle. Du ja­mais-vu » . Son spec­tacle est à la fois du théâtre, de la per­for­mance, de la ma­gie, de la poé­sie… Bref, un ob­jet scé­nique unique et tou­chant.

LE NET QUI TUE LA MA­GIE

Alain C ho­quet te est tom­bé dans la ma­gie quand il était pe­tit. Quand il a sept ans, son père lui montre son pre­mier tour. Cu­rieux, l’en­fant va em­prun­ter des livres sur la ma­gie à la bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale. À 14 ans, il a as­sez de t ours dans son sac pour pré­sen­ter un spec­tacle de 15 mi­nutes au Ci­né­ma de Sainte-Adèle. «Je ven­dais du pop-corn au comp­toir, quand le pro­prié­taire a su que j’ai­mais la ma­gie, il m’a lais­sé faire mes nu­mé­ros entre deux séances. »

Pour Alain Cho­quette, la ma­gie est une vraie pas­sion. «Je veux tou­jours ap­prendre, en sa­voir plus sur le su­jet. »

« L’In­ter­net a un peu tué la ma­gie de la créa­tion, c’est de­ve­nu trop fa­cile d’ap­prendre des tours. Or, un ma­gi­cien a beau être très bon tech­ni­que­ment, lors­qu’il doit per­for­mer sur scène, ça ne s’ap­prend pas. »

Quel est le se­cret d’un bon tour de ma­gie? « Chaque nu­mé­ro doit tou­cher les gens de fa­çon dif­fé­rente. Sur scène, la ma­gie de­vient presque ac­ces­soire; l’important, c’est l’émo­tion, la re­la­tion avec le pu­blic, ré­pond Cho­quette. Ce que j’aime, c’est la ré­ac­tion dé­rou­tante des gens face à un tour de ma­gie. »

À 55 ans, Alain Cho­quette se voit en­core comme un éter­nel en­fant, « un p’tit cul pa­reil » qui se garde tou­te­fois en forme ( il se rend six jours par se­maine au gym) pour être à la hau­teur des at­tentes du pu­blic. « J’ai ap­pris à la dure. À Ve­gas, je pou­vais faire trois spec­tacles par jour; 18 par se­maine! »

En plus de par­cou­rir le Qué­bec avec Drô­le­ment ma­gique, Alain Cho­quette par­ti­ci­pe­ra à une nou­velle émis­sion cet au­tomne, Les Fan­tas­tiX – La ma­gie des stars, ani­mée par Guy Jo­doin et dif­fu­sée à TVA.

Tant qu’à re­ve­nir au pays, aus­si bien mettre les bou­chées doubles.

L’In­ter­net a un peu tué la ma­gie de la créa­tion, c’est de­ve­nu trop fa­cile d’ap­prendre des tours. Or, un ma­gi­cien a beau être très bon tech­ni­que­ment, lors­qu’il doit per­for­mer sur scène, ça ne s’ap­prend pas.

— PHO­TO LA PRESSE

En plus de par­cou­rir le Qué­bec avec Drô­le­ment ma­gique, Alain Cho­quette par­ti­ci­pe­ra à une nou­velle émis­sion cet au­tomne, Les Fan­tas­tiX – La ma­gie des stars, ani­mée par Guy Jo­doin et dif­fu­sée à TVA.

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