DES PANCARTES VANDALISÉES

Le Nouvelliste - - LA UNE - GA­BRIEL DELISLE ga­briel.delisle@le­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS- RI­VIÈRES — Lors­qu’un can­di­dat fait le saut en po­li­tique, il peut s’at­tendre à ce que les dé­bats sur les idées puissent être co­riaces. Mais qu’on s’at­taque à son image en van­da­li­sant les af­fiches élec­to­rales est aga­çant et dé­cou­ra­geant. Plu­sieurs can­di­dats à Trois- Ri­vières sont confron­tés ces jours- ci à ce type de pro­blème.

Louise Thi­beault Goyette, can­di­date au poste de conseillère mu­ni­ci­pale dans l e dis­trict de Sainte- Marthe, a eu droit à des graf­fi­tis par­ti­cu­liè­re­ment gra­tuits sur une de ses af­fiches élec­to­rales. Une per­sonne a des­si­né sur deux de ses af­fiches un pé­nis et a écrit « Mets-la dans ta bouche».

«J’ai les deux yeux bou­chés, mais on a sur­tout des­si­né et écrit des obs­cé­ni­tés. Sur une autre, c’est écrit ‘‘ vache’’ » , rap­porte Louise Thi­beault Goyette, qui n’hé­site pas à dire qu’elle n’au­rait pas eu droit à de tels graf­fi­tis obs­cènes si elle était un homme.

« Les f emmes s ont t ou­jours vi­sées. On n’a ja­mais vu d’obs­cé­ni­té sur une pan­carte d’un homme. J’ai vu un graf­fi­ti sur celle de mon­sieur Pierre- Luc For­tin et c’était écrit ‘‘ Ti-con’’. Mais entre ‘‘ Ti-con’’ et ‘‘ Mets-la dans ta bouche’’, ça ne se res­semble pas tel­le­ment. C’est plus fa­cile dire des obs­cé­ni­tés à une femme.»

Même si elle su­bit du van­da­lisme plus obs­cène que ses col­lègues mas­cu­lins sur ses af­fiches, Louise Thi­beault Goyette ne res­sent pas du tout une aver­sion en­vers les femmes can­di­dates sur le ter­rain lors­qu’elle ren­contre des élec­teurs, bien au contraire. « C’est la pre­mière fois que je me pré­sente, je n’ai pas beau­coup d’ex­pé­rience, mais je suis très bien ac­cueillie par les gens. Chose cer­taine, c’est que le vote fé­mi­nin va être là. Et même les hommes aus­si. Les gens croient que la femme peut voir les pro­blèmes dif­fé­rem­ment et ap­por­ter des so­lu­tions dif­fé­rentes » , af­firme la can­di­date dans le dis­trict de Sainte- Marthe. « Ce n’est pas de la faute des gens si les femmes ne se pré­sentent pas, c’est qu’il n’y a pas as­sez de femmes qui veulent se pré­sen­ter en po­li­tique. S’il y en avait plus, c’est sûr qu’il y au­rait plus d’élues.»

En tout, Mme Thi­beault Goyette a vu quatre de ses af­fiches vandalisées, soit deux sur la Mon­tée Sainte- Marthe près du coin Réal-La­mothe, une sur la Mon­tée Sainte-Marthe et rang Saint-Ma­lo ain­si qu’une au coin de SaintMau­rice et des Prai­ries.

Can­di­dat dans le dis­trict de Châ­teau­dun, Syl­vain Courchesne a vu lui aus­si cer­taines de ses af­fiches vandalisées. Il s’est no­tam­ment fait re­pré­sen­ter en diable avec une queue poin­tue. On peut éga­le­ment lire les mots sui­vant: « Fuck You».

Si­tuée t out j uste à cô­té, une af­fiche du conseiller sor­tant Luc Trem­blay a aus­si été l a cible d’actes de van­da­lisme. Ce der­nier s’est fait re­pré­sen­ter avec une mous­tache tor­sa­dée et des pe­tites oreilles sur la tête. Le mot « gay » ac­com­pagne ce graf­fi­ti.

J oint au t él éphone, Syl­vain Courchesne sait bien que le ou les au­teurs de ces graf­fi­tis ne le vi­saient pas per­son­nel­le­ment. Il af­firme tou­te­fois ne pas du tout avoir ap­pré­cié ces gestes.

« La pre­mière fois, quand je me suis fait vo­ler une pan­carte, je me suis dit c’est l’fun, je dé­range. Mais quand on se voit dé­gui­sé en diable ou qu’on écrit n’im­porte quoi sur mes af­fiches et celles des autres, ça m’a bles­sé. Est-ce que les gens me voient de cette fa­çon?», se de­man­dait le can­di­dat dans Châ­teau­dun qui a aus­si dé­po­sé une plainte à la police de Trois-Ri­vières à ce su­jet.

« Mais les gens ont été tel­le­ment gen­tils avec moi que ça re­monte l e mo­ral » , ajoute ce­lui qui est conscient que les au­teurs de ces graf­fi­tis visent n’im­porte quel can­di­dat.

Les af­fiches vandalisées doivent être chan­gées, ce qui en­traîne des coûts sup­plé­men­taires aux can­di­dats. « C’est beau de dire qu’on les fait pas­ser dans le bud­get de cam­pagne élec­to­rale, mais je suis beau­coup pour que les gens de mon dis­trict ne paient pas mes af­fiches. Je les paie moi- même » , sou­ligne-t-il.

Le can­di­dat à la mai­rie, JeanF­ran­çois Au­bin, a lui aus­si eu la désa­gréable sur­prise de voir en­vi­ron cinq de ses pancartes être re­cou­vertes de graf­fi­tis, au­tant au centre-ville que dans le sec­teur Sainte- Marthe. Les pancartes ont été en­le­vées, puis rem­pla­cées par de nou­velles pour la plu­part.

— PHO­TO: FRAN­ÇOIS GER­VAIS

Une des af­fiches vandalisées de Louise Thi­beault Goyette. Les pro­pos obs­cènes ont été mas­qués par de la pein­ture blanche, le temps que l’af­fiche soit rem­pla­cée.

— PHO­TO: FRAN­ÇOIS GER­VAIS

Des af­fiches élec­to­rales de Syl­vain Courchesne et de Luc Trem­blay ins­tal­lées à l’angle des rues des Prai­ries et Fron­te­nac ont été vandalisées.

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