La pri­son pour avoir mis la vie de ses en­fants en dan­ger

Dave Mailloux con­dam­né pour l’in­cen­die cri­mi­nel de sa ré­si­dence

Le Nouvelliste - - LA UNE - NAN­CY MASSICOTTE nan­cy.massicotte@le­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS- RI­VIÈRES — Dave Mailloux a été con­dam­né à pur­ger une peine de deux ans de pri­son moins un jour pour avoir mis le feu à sa ré­si­dence pen­dant que ses deux en­fants s’y trou­vaient.

Le juge Ro­saire La­rouche a en ef­fet re­te­nu que la pré­sence de ses en­fants dans la mai­son consti­tuait un fac­teur très ag­gra­vant dans l es cir­cons­tances. La preuve a dé­mon­tré que Dave Mailloux s’était en ef­fet ser­vi d’eux pour ten­ter d’at­té­nuer les soup­çons sur la na­ture de son geste. Aux dires du juge, il a fait preuve d’in­sou­ciance en agis­sant de l a sorte, bien qu’il ait pris cer­taines dis­po­si­tions pour pro­té­ger ses en­fants.

Les f aits étaient sur­ve­nus l e 13 mars 2014. Mailloux avait vo­lon­tai­re­ment mis le feu à sa mai­son si­tuée au 700, rang SaintFé­lix à Notre-Dame- du- MontCar­mel, dans l’es­poir de ré­col­ter l’ar­gent des as­su­rances. Deux foyers d’in­cen­die avaient d’ailleurs été dé­cou­verts: un au sous­sol et le se­cond sur la cui­si­nière.

Aux prises avec des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières, l’ i ndi­vi­du ten­tait de­puis un cer­tain temps de vendre sa mai­son, mais comme les ache­teurs ne se bous­cu­laient pas aux portes, il avait dé­ci­dé d’y mettre le feu. Il avait d’ailleurs par­lé de son pro­jet à des proches, dont la mère de ses en­fants. Il lui avait no­tam­ment dit qu’il vou­lait se ser­vir d’eux et de leur pré­sence dans la mai­son pour éloi­gner les

L’in­di­vi­du ten­tait de­puis un cer­tain temps de vendre sa mai­son, mais comme les ache­teurs ne se bous­cu­laient pas aux portes, il avait dé­ci­dé d’y mettre le feu.

soup­çons. Cho­quée par cette idée, cette der­nière lui avait fait pro­mettre de ne pas uti­li­ser les en­fants.

Or, il était mal­gré tout pas­sé à l’ac­tion pen­dant qu’il avait la garde des en­fants. C’est d’ ailleurs l’ un d’eux qui avait aler­té Mailloux pour lui an­non­cer que le feu était pris dans la mai­son. Il les avait donc em­me­nés chez le voi­sin avant que ces der­niers ne soient bles­sés.

Les autres fac­teurs ag­gra­vants re­te­nus parle juge sont la pré­mé­di­ta­tion et la pla­ni­fi­ca­tion de l’in­cen­die, sa mo­ti­va­tion à des fins mo­né­taires, l’am­pleur des dom­mages ( la mai­son d’une va­leur de 100 000 $ en­vi­ron était une perte to­tale) et le dan­ger pour les pom­piers. Leur sé­cu­ri­té avait été mise en pé­ril gran­de­ment puisque le plan­cher s’était ef­fon­dré pen­dant qu’ils com­bat­taient le si­nistre.

Dans cette af­faire, l a pro­cu­reure de la Cou­ronne, Me Pas­cale Trem­blay, avait sug­gé­ré l’im­po­si­tion d’une peine de trois ans de pé­ni­ten­cier en rai­son jus­te­ment de la gra­vi­té du geste, de l’uti­li­sa­tion des en­fants, du dan­ger cou­ru par ceux- ci et les pom­piers. Elle avait en ef­fet in­sis­té sur la dis­sua­sion gé­né­rale.

D’un autre cô­té, Dave Mailloux au­rait en­tre­pris une ré­ha­bi­li­ta­tion de­puis son ar­res­ta­tion. Son avo­cat, Me Si­mon Ri­card, avait plai­dé en fa­veur d’une peine de 12 à 15 mois de pri­son qui pour­rait être as­sor­tie de tra­vaux com­mu­nau­taires, d’un don et d’une pro­ba­tion.

Le juge abel et bien te­nu compte du fait que Dave Mailloux est pré­sen­te­ment un ac­tif pour la so­cié­té, qu’il a chan­gé son mode de vie, qu’il a di­mi­nué sa consom­ma­tion d’al­cool et qu’il a des res­pon­sa­bi­li­tés fa­mi­liales et pa­ren­tales. Il a donc ac­cep­té de lui im­po­ser une pro­ba­tion de deux ans avec un sui­vi pen­dant un an afin qu’il ne perde pas ses ac­quis.

À sa sor­tie du tri­bu­nal, Me Ri­card s’est dit sa­tis­fait de la peine qui a été ren­due même si elle est plus éle­vée que celle sug­gé­rée.

Rap­pe­lons que Mailloux a été dé­cla­ré cou­pable au terme d’un pro­cès de l’in­cen­die cri­mi­nel de sa mai­son. Une ving­taine de pom­piers avaient com­bat­tu le bra­sier pen­dant quelques heures. Per­sonne n’avait été bles­sé, mais la mai­son avait été une perte to­tale. Évi­dem­ment, il n’a ja­mais été en me­sure de ré­col­ter l’ar­gent des as­su­rances.

— PHO­TO STÉ­PHANE LES­SARD

La mai­son, si­tuée au 700, rang Saint- Fé­lix à Notre- Dame- du- Mont- Car­mel, avait été une perte to­tale.

— PHO­TO TI­RÉE DE FA­CE­BOOK

Dave Mailloux de­vra pur­ger deux ans moins un jour de pri­son dans un éta­blis­se­ment pro­vin­cial pour l’in­cen­die de sa mai­son en 2014.

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