Une belle vic­toire ci­toyenne!

CAR­RE­FOUR DES LEC­TEURS

Le Nouvelliste - - OPINIONS -

Les au­teurs, France Cor­mier et Jean-Claude Lan­dry, sont co­porte-pa­roles de Qué­bec so­li­daire en Mau­ri­cie.

Le Nouvelliste nous ap­pre­nait, dans son édi­tion du 6 oc­tobre, l’aban­don par TransCa­na­da du pro­jet Énergie Est. Pre­mier en im­por­tance en Amé­rique du Nord, ce pro­jet d’oléo­duc au­rait per­mis le pas­sage quo­ti­dien, le long du fleuve SaintLaurent, d’un mil­lion de ba­rils de pé­trole. Pré­ju­di­ciable pour le cli­mat et me­nace pour les sources d’eau po­table d’une cin­quan­taine de mu­ni­ci­pa­li­tés au Qué­bec, ce pro­jet fai­sait face à une op­po­si­tion qui n’avait ces­sé de croître de­puis son an­nonce of­fi­cielle le 1er août 1993.

La prise de conscience gran­dis­sante des risques as­so­ciés à ce pro­jet a ré­sul­té du tra­vail in­ces­sant ac­com­pli par des re­grou­pe­ments de ci­toyens. Un peu par­tout au Qué­bec des gens se sont mo­bi­li­sés pour sen­si­bi­li­ser leurs conci­toyens et les élus mu­ni­ci­paux aux consé­quences en­vi­ron­ne­men­tales et aux dan­gers de ce pro­jet et exi­ger une ana­lyse ri­gou­reuse de ses im­pacts par l’Of­fice na­tio­nal de l’énergie (ONE).

Par­mi les consi­dé­ra­tions éco­no­miques re­te­nues par TransCa­na­da pour aban­don­ner son contro­ver­sé pro­jet, il y a, de toute évi­dence, la ré­cente dé­ci­sion de l’ONE de prendre en compte la quan­ti­té de gaz à ef­fet de serre émis au mo­ment de l ’e xtrac­tion et de la consom­ma­tion du pé­trole tran­spor­té par ce pi­pe­line. Une éva­lua­tion que l’ONE avait tou­jours re­fu­sé de faire en dé­pit des de­mandes ré­pé­tées du mou­ve­ment d’op­po­si­tion à ce pro­jet. La dé­ter­mi­na­tion des op­po­sants au­ra fi­na­le­ment eu rai­son du re­fus de l’Of­fice.

Ici en Mau­ri­cie, pas moins de douze mu­ni­ci­pa­li­tés al­laient de­voir su­bir les risques as­so­ciés au pas­sage de ce pi­pe­line sur leur ter­ri­toire. Il faut sa­luer la dé­ter­mi­na­tion ex­cep­tion­nelle et le tra­vail in­ces­sant ac­com­pli par le Co­mi­té vi­gi­lance hy­dro­car­bures des mu­ni­ci­pa­li­tés de Mas­ki­non­gé, ce­lui de Trois- Ri­vières et ce­lui de la MRC des Che­naux ain­si que l’en­ga­ge­ment in­dé­fec­tible de ses membres et porte-pa­roles. La Mau­ri­cie doit une fière chan­delle à ses mi­li­tantes et mi­li­tants, les Pierre Foi­sy, Joyce Re­naud, Gaé­tan Le­bel, Sé­bas­tien Houle, Marc Brul­le­mans et autres membres ac­tifs qui ont contri­bué à ce re­vi­re­ment his­to­rique.

Que des consi­dé­ra­tions éco­no­miques aient été prises en compte dans la dé­ci­sion d’aban­don­ner le pro­jet, comme le sou­tiennent de nom­breux com­men­ta­teurs éco­no­miques, ce­la va de soi. Mais il est in­dé­niable que la dé­ter­mi­na­tion et l’en­ga­ge­ment de nom­breux ci­toyens et ci­toyennes ont éga­le­ment pe­sé, et si­gni­fi­ca­ti­ve­ment, dans ce qu’on ap­pelle une « dé­ci­sion d’a f f ai r es » de TransCa­na­da.

L’aban­don d’Énergie Est consti­tue une belle vic­toire ci­toyenne. Une vic­toire qui dé­montre, une fois de plus que, peu im­porte la puis­sance des ac­teurs im­pli­qués, rien n’est joué d’avance. La pa­role ci­toyenne, il faut le dire et le ré­pé­ter, peut faire la dif­fé­rence.

— PHO­TO: OLI­VIER CRO­TEAU

Les nom­breuses ma­ni­fes­ta­tions ci­toyennes contre l’oléo­duc Énergie Est ne sont cer­tai­ne­ment pas étran­gères à l’aban­don de ce pro­jet par la com­pa­gnie TransCa­na­da Ener­gy.

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