Se battre pour vivre

Des pa­rents de Bé­can­cour ac­com­pagnent leur pe­tite Zoey née pré­ma­tu­ré­ment

Le Nouvelliste - - ACTUALITÉS - GA­BRIEL DELISLE ga­briel.delisle@le­nou­vel­liste.qc.ca

BÉ­CAN­COUR — Le 25 mai der­nier, la vie d’An­nie La­france et de son conjoint Mar­tin Jo­ly a bas­cu­lé. Les deux pa­rents de Bé­can­cour ont ac­cueilli dans leur fa­mille comp­tant dé­jà trois autres en­fants la pe­tite Zoey avec douze se­maines d’avance. De­puis cette nais­sance pré­ma­tu­rée, les deux pa­rents ne comptent plus les al­ler- re­tour à l’hô­pi­tal pour en­fants Sainte-Jus­tine de Mont­réal où la pe­tite est tou­jours hos­pi­ta­li­sée aux soins in­ten­sifs. Afin de ve­nir en aide à ces deux pa­rents con­fron­tés à des dé­penses im­pré­vues, une cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment a été lan­cée.

La pe­tite Zoey est née après seule­ment 28 se­maines de gros­sesse, soit douze se­maines avant le temps nor­mal. Lors­qu’elle est sor­tie du ventre de sa mère, elle ne pe­sait que 2,2 livres.

« Elle était vrai­ment mi­nus­cule. Elle n’avait que la peau et les os » , se sou­vient An­nie La­france.

Cette nais­sance pré­ma­tu­rée a en­traî­né des pro­blèmes pul­mo­naires et de di­ges­tion chez l’en­fant. « Elle a deux pro­blèmes, dont la nour­ri­ture. Elle va avoir une opé­ra­tion pour avoir une gas­tro­sto­mie, mais elle doit être ca­pable de to­lé­rer cette opé­ra­tion. On ne peut pas l’en­voyer en opé­ra­tion, si on pense qu’elle ne va pas s’en sor­tir à cause de ses pou­mons», ex­plique la mère de la pe­tite. « Il faut at­tendre. On ne sait pas quand ses pou­mons se­ront ca­pables de su­bir l’opé­ra­tion. Et c’est long les pou­mons à se for­mer et à gué­rir de tout ça. [...] Mais elle montre qu’elle se bat. Elle se bat très bien et elle est dé­bor­dante d’éner­gie. Elle nous fait de beaux sou­rires et com­mence à j aser comme un bé­bé.»

Même si elle dé­montre des signes évi­dents de bat­tante, la pe­tite Zoey est ai­dée d’un ap­pa­reil pour res­pi­rer. Sans ça, elle n’y ar­ri­ve­rait pas. « Si on en­lève son ap­pa­reil, elle va faire un ar­rêt car­dio-res­pi­ra­toire » , pré­cise Mme La­france. « Elle ne re­çoit que huit litres d’air à la mi­nute. C’est comme rou­ler à 120 km/h sur l’au­to­route, mettre sa tête de­hors et es­sayer de res­pi­rer.»

Ces condi­tions mé­di­cales pour­raient ca­cher quelque chose d’en­core plus grave. L’en­fant a pas­sé des tests, car les mé­de­cins soup­çonnent la pré­sence d’une ma­la­die pul­mo­naire mor­telle.

« On est tou­jours en at­tente des ré­sul­tats. Ce sont des tests qui sont en­voyés pour ana­lyse aux ÉtatsU­nis » , sou­ligne An­nie La­france. « Quand on s’est fait dire ça, mon conjoint a aus­si pris congé pour être à l’hô­pi­tal et à la mai­son avec les en­fants. On de­vrait avoir des nou­velles de ces tests dans les pro­chaines se­maines.»

Cette at­tente en­gendre un stress im­por­tant chez toute la fa­mille. «Si les tests sont né­ga­tifs, les mé­de­cins vont cer­tai­ne­ment conclure à une bron­cho­dys­pla­sie sé­vère des pré­ma­tu­rés. C’est une ma­la­die que les bé­bés pré­ma­tu­rés sé­vères ont », ex­plique la mère de Zoey.

Et si ja­mais les tests sont po­si­tifs, les mé­de­cins de­vront pas­ser des tests gé­né­tiques chez les pa­rents pour pour­suivre l’ana­lyse. Cette op­tion ne veut bien sûr pas être en­vi­sa­gée par les deux pa­rents de Zoey, ron­gés par l’in­quié­tude.

De­puis que Zoey est née, ses pa­rents se re­layent à l’ hô­pi­tal Sainte-Jus­tine. Lors­qu’un des deux est à Bé­can­cour pour s’oc­cu­per du reste de la fa­mille, l’autre est au­près de Zoey.

«Comme mon ma­ri dit sou­vent, on est ca­pable de payer le loyer et tout ce que nous avons be­soin. Mais nous n’avons pas d’ex­tra » , avoue An­nie La­france.

« Tout ce qui est à Mont­réal, ça monte vite. Le Ma­noir Ro­nald Mc­Do­nald n’est pas cher, mais c’est dix dol­lars par nuit. Ça fait donc 300 $ par mois plus 100 $ pour le sta­tion­ne­ment de Sain­teJus­tine. Et c’est à part l’es­sence et la deuxième épi­ce­rie. Ce sont des coûts qu’on ne pense pas lors­qu’on a un bé­bé.»

C’ est donc pour payer ces dé­penses sup­plé­men­taires liées aux dé­pla­ce­ments, au sta­tion­ne­ment, à l’hé­ber­ge­ment au Ma­noir Ro­nald Mc­Do­nald ain­si que la nour­ri­ture lors des sé­jours à Mont­réal que la cam­pagne a été lan­cée. L’ob­jec­tif est d’amas­ser 3000 $. Dé­jà di­manche, près de 1300 $ avaient été ré­col­tés.

Des dons pour la cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment Zoey et ses pa­rents de Bé­can­cour peuvent être faits au www. yoyo­mo­lo. com/ pour-zoey-et-ses-pa­rents-non.

De plus, des ca­nettes de dons ont été ins­tal­lé es à la sta­tion- ser­vice Pe­tr o-Ca­na­da, à la phar­ma­cie Fa­mi­li­prix du do­maine Go de froyàBéc an cour ain­si qu’au su­per­mar­ché Me­tro et au F ami li prix du village de Saint-Gré­goire.

Elle montre qu’elle se bat. Elle se bat très bien et elle est dé­bor­dante d’éner­gie. Elle nous fait de beaux sou­rires et com­mence à ja­ser comme un bé­bé.

— PHO­TO: OLI­VIER CROTEAU

An­nie La­france et Mar­tin Jo­ly mon­trant une pho­to de la pe­tite Zoey, née pré­ma­tu­ré­ment et hos­pi­ta­li­sée de­puis à l’hô­pi­tal pour en­fants Sainte-Jus­tine.

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