DES PROCHES BOU­LE­VER­SÉS

Le Nouvelliste - - LA UNE - PAULE VERMOT- DESROCHES pver­mot@le­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS- RI­VIÈRES — « Elle était comme ma pe­tite soeur. C’est dif­fi­cile de pen­ser que quel­qu’un ait pu lui faire du mal. » C’est en ces mots que Ka­ry- Ann Brochu a ré­su­mé son sen­ti­ment face à ce qui s’est pro­duit tôt mer­cre­di ma­tin, dans un champ de Yamachiche. À cet en­droit, sa grande amie de tou­jours, Ophé­lie Mar­tin- Cyr âgée de 19 ans, a été re­trou­vée sans vie, as­sas­si­née.

Ka­ry-Ann et Ophé­lie ont gran­di en­semble, leurs mères étaient à cette époque in­sé­pa­rables. « J’ai des pho­tos d’Ophé­lie et moi, nous de­vions avoir quatre ans, pas plus. Sa mère est dé­cé­dée à 24 ans du can­cer du sein, et nous avons tou­jours été très proches. J’ai de la peine au­jourd’hui, mais toute ma fa­mille est aus­si en deuil parce que nous étions tous proches d’elle et de sa fa­mille», confie Ka­ry-Ann.

Dif­fi­cile pour l e mo­ment de sa­voir l es mo­tifs exacts de cet as­sas­si­nat, mais Ka­ry-Ann de­vait pas­ser la soi­rée de mar­di avec Ophé­lie ain­si qu’une autre amie qui, se­lon nos in­for­ma­tions, s’est éga­le­ment re­trou­vée mê­lée à toute cette his­toire et a pu s’ex­tir­per d’un vé­hi­cule en marche.

Mar­di soir, les deux amies se sont par­lé pour la der­nière fois. « Tout al­lait bien. Nous de­vions al­ler prendre un verre avec d’autres per­sonnes aus­si. Mais j’étais très fa­ti­guée alors j’ai dé­ci­dé d’al­ler me cou­cher à la place. Quand je me suis ré­veillée le len­de­main ma­tin, j’ai vu qu’Ophé­lie et l’autre fille avaient pos­té des pho­tos sur Snap­chat entre 2 h et 4 h du ma­tin. Elles étaient en vé­lo», in­dique Ka­ry-Ann.

La jeune femme de 19 ans a été por­tée dis­pa­rue vers 5 h mer­cre­di ma­tin, moins d’une heure après avoir ma­ni­fes­té une der­nière fois sa pré­sence sur les ré­seaux so­ciaux. La Sû­re­té du Qué­bec confirme par ailleurs que la per­sonne qui l’ac­com­pa­gnait a été

bles­sée en sau­tant d’un vé­hi­cule en marche. On ne craint pas pour sa vie.

« J’ai en­voyé un tex­to mer­cre­di ma­tin pour sa­voir com­ment s’était ter­mi­née la soi­rée, mais je n’avais pas de ré­ponse. C’est seule­ment vers 3 h de l’après-mi­di qu’on m’a ap­pe­lée pour me dire que quelque chose de grave était ar­ri­vé. Je n’au­rais ja­mais ima­gi­né ça. C’est

dif­fi­cile et j ’ai les émo­tions en mon­tagnes russes en ce mo­ment. Je suis fâ­chée, très fâ­chée», avoue Ka­ry-Ann Brochu.

Pour elle, l’ab­sence d’Ophé­lie se fe­ra sen­tir pen­dant en­core très long­temps. « C’était la meilleure amie qu’on ne pou­vait pas avoir. Elle était tout le temps là pour ses amis. J’ai vé­cu des mo­ments dif­fi­ciles dans ma vie et elle a tou­jours été l à pour moi, même qu’elle était ve­nue s’ins­tal­ler chez nous pen­dant deux se­maines et me fai­sait même à man­ger. Elle avait un coeur grand comme la terre. Per­sonne ne la rem­pla­ce­ra ja­mais et je vais sen­tir son ab­sence pour le reste de ma vie » , confie son amie en pleurs, ajou­tant qu’Ophé­lie était une jeune femme po­si­tive, très res­pec­tueuse des autres et sans his­toire.

Pour ne pas nuire à l’en­quête et à la sé­cu­ri­té des té­moins, Ka­ry-Ann Brochu a pré­fé­ré ne pas s’avan­cer sur les causes qui pour­raient en­tou­rer toute cette his­toire et at­ten­dra les conclu­sions de l’en­quête. « Mais la per­sonne ou les per­sonnes qui ont fait ça, je veux qu’on les ar­rête le plus vite pos­sible. Je veux que jus­tice soit ren­due», lance-t-elle.

RÉ­SEAUX SO­CIAUX

La nou­velle de la mort d’Ophé­lie Mar­tin- Cyr a for­te­ment fait ré­agir sur les ré­seaux so­ciaux, alors que la jeune femme était clai­re­ment ap­pré­ciée par un très grand nombre de per­sonnes.

« Je suis sans mot. Tu étais une per­sonne gé­niale, t’avais tou­jours un beau sou­rire, tel­le­ment con­ta­gieux! Je peux pas croire que tu nous as quit­tés aus­si vite pe­tit ange», écrit une amie.

« Tu étais une boule d’éner­gie, tou­jours prête à m’ac­com­pa­gner dans toutes sortes de choses mais sur­tout, et c’est ce que je re­tiens le plus de toi, tou­jours là pour les per­sonnes que tu aimes. Mer­ci énor­mé­ment pour tout, je ne peux comp­ter sur mes doigts le nombre de fois où tu as été là pour moi. (...) Tu as été non seule­ment une amie mais aus­si une soeur, une soeur de coeur avec la­quelle j’ai par­ta­gé plein de beaux mo­ments. La vie est tel­le­ment in­juste, tu es par­tie beau­coup trop tôt, tu étais jeune et avait tel­le­ment de choses à vivre en­core. C’est le coeur gros que je te dis de re­po­ser en paix ma belle amie, avec celle que tu as per­due jeune, ta ma­man. Veille sur nous tous » , té­moigne une autre amie.

— PHO­TO: FA­CE­BOOK

— PHO­TO: SYL­VAIN MAYER

Olian­ka Royer, Ka­ry-Ann Brochu et Éve­lyne La­ri­vière sont ve­nues dé­po­ser une gerbe de fleurs non loin de l’en­droit où Ophé­lie Mar­tin- Cyr a été re­trou­vée sans vie mer­cre­di ma­tin, à Yamachiche.

— PHO­TO: FA­CE­BOOK

Ophé­lie Mar­tin- Cyr

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