«On es­père un pe­tit mi­racle main­te­nant»

Le Nouvelliste - - ACTUALITÉS - AU­DREY TREM­BLAY

LA BOSTONNAIS — Les étoiles sem­blaient ali­gnées en ce qui concerne l’ave­nir de l’église de La Bostonnais. C’est ce que pen­sait un groupe de ci­toyens qui avait la ferme in­ten­tion de re­prendre pos­ses­sion du bâ­ti­ment. Ils ont tou­te­fois dû aban­don­ner le pro­jet en rai­son d’un « bail pas d’al­lure » pro­po­sé par les mar­guilliers de la pa­roisse Saint- Mar­tin- de-Tours. Le groupe de per­sonnes es­père un mi­racle avant le 15 no­vembre, date à la­quelle la pa­roisse leur de­mande de quit­ter l’éta­blis­se­ment.

«J’y crois de­puis le dé­but, mais là il faut se rendre à l’évi­dence: ils ne veulent pas que ça marche. Ils rient de nous avec un bail comme ce­lui qu’ils nous ont pro­po­sé […] L’église de La Bostonnais est à la sueur et au sang des ci­toyens de La Bostonnais. Ce sont eux qui l’ont bâ­tie, qui l’ont amé­na­gée, qui l’ont en­tre­te­nue… Ici, on peut la gar­der et on veut la gar­der. S’il faut al­ler jus­qu’à l’ar­che­vê­ché, on va le faire», a lan­cé Ra­chel Fluet, celle qui mène le dos­sier de la Fra­ter­ni­té Don Bos­co.

«Qu’on nous vende l’église pour 1$ comme il l’avait dit. On a rem­pli nos obli­ga­tions et peut-être même plus», a-t-elle ajou­té.

Le pro­jet de la Fra­ter­ni­té Don Bos­co com­porte plu­sieurs vo­lets, dont un ba­zar qui a pris place au sous-sol de l’église, l’ex­po­si­tion et la vente d’ar­ti­sa­nat lo­cal, un pe­tit casse-croûte, la bi­blio­thèque, des ac­ti­vi­tés so­ciales…

Elle s’est don­né comme mis­sion de dé­ve­lop­per un lieu d’ap­par­te­nance et d’échange afin de bri­ser l’iso­le­ment et de créer un tis­su so­cial entre les ci­toyens, tout ça dans le but de sub­ve­nir aux be­soins du bâ­ti­ment.

En juillet, des dis­cus­sions ont été en­ta­mées avec les mar­guilliers. Ces der­niers ont de­man­dé des états fi­nan­ciers et des pré­vi­sions bud­gé­taires dé­taillées. Même si le dé­lai était re­la­ti­ve­ment court, Ra­chel Fluet et son équipe as­surent avoir li­vré la mar­chan­dise.

« Ils étaient en­chan­tés et nous f éli­ci­taient. On ré­pon­dait à l a de­mande et l’ar­gent était là. […] Ils ont dit qu’ils vou­laient nous don­ner une chance et nous ai­der avec un bail carte blanche » , ra­conte-t-elle.

C’est ce bail qui a ra­pi­de­ment fait des­cendre Ra­chel Fluet de son nuage. «Trop beau pour être vrai», dit-elle.

La lec­ture du bail l’in­digne à plus d’une re­prise et il semble im­pos­sible de chan­ger un mot. « Ce n’était pas une né­go­cia­tion, on nous im­po­sait ça » , dé­plore Mme Fluet.

«C’est pire que la ma­fia et le gou­ver­ne­ment, je n’ai ja­mais rien vu de tel. C’est leurs propres règles et ils ne re­lèvent de per­sonne » , ajoute-t-elle.

La pa­roisse de­man­dait, entre autres, un loyer de base men­suel de 500 dol­lars et pré­voyait une in­dexa­tion sur les men­sua­li­tés de 2% chaque an­née.

« C’était non né­go­ciable, mais ce­la al­lait nous étouf­fer c’est évident. Tu n’as rien fait en­core et cet ar­gent-là sort de ton compte», ajoute M. Fran­çois Des­car­reaux, bé­né­vole pour le co­mi­té.

Les membres de la Fra­ter­ni­té Don Bos­co ont re­fu­sé de si­gner le bail.

Ils ont an­non­cé leur dé­ci­sion ré­cem­ment et la pa­roisse leur a de­man­dé de quit­ter les lieux « au plus tard le 15 no­vembre». « On es­père un pe­tit mi­racle main­te­nant », a in­sis­té Mme Fluet.

J’y crois de­puis le dé­but, mais là il faut se rendre à l’évi­dence: ils ne veulent pas que ça marche.

LES MAR­GUILLIERS SE DÉ­FENDENT

Les mar­guilliers as­surent qu’ils sont de bonne foi. Eux parlent plu­tôt d’une er­reur d’in­ter­pré­ta­tion du bail.

« Ils vou­laient ac­qué­rir l’église et as­su­rer sa sur­vie à long terme. On leur a de­man­dé un bud­get pour nous dé­mon­trer qu’ils étaient ca­pables d’al­ler cher­cher l’ar­gent qu’il faut pour les cinq pro­chaines an­nées. Ils l’ont fait et on sait qu’ils ont mis beau­coup d’ef­forts pour le faire » , a in­di­qué Syl­vie Gi­rard, porte-pa­role pour les mar­guilliers.

Ces der­niers avaient tou­te­fois quelques doutes en re­gar­dant les chiffres.

Alors, ils ont pro­po­sé d’avoir un bail. Un bail d’une du­rée dé­ter­mi­née qui de­vait per­mettre aux gens de l a Fra­ter­ni­té Don Bos­co de prou­ver qu’ils étaient en me­sure d’as­su­mer l’en­tière res­pon­sa­bi­li­té de tout le bâ­ti­ment.

« C’est vrai, on de­man­dait 500$ par mois, mais ce n’était pas pour nous. Ils étaient ca­pables de le payer dans les chiffres qu’ils nous ont pré­sen­tés […] Nous, on au­rait mis cet ar­gent-là dans un fonds au cas qu’il y ait un bris ma­jeur. S’il n’y en a pas, parce que l’église est en bon état, on au­rait re­mis l’ar­gent. C’est ce que l’on a ten­té d’ex­pli­quer », a af­fir­mé Mme Gi­rard.

Pour les mar­guilliers, c’était une fa­çon de s’as­su­rer la sur­vie du bâ­ti­ment, mais les deux par­ties n’ont pas réus­si à s’en­tendre sur le plan bud­gé­taire.

«Ce sont des gens très mo­bi­li­sés. Ils mettent beau­coup d’ef­forts. C’est vrai […] Main­te­nant, leur po­si­tion d’ache­ter le bâ­ti­ment va être pré­sen­tée au conseil des mar­guilliers, mais ce n’est pas cer­tain qu’on va al­ler dans ce sens- là » , a no­té Syl­vie Gi­rard.

« On va vendre l’église à 1$ à qui est ca­pable de nous prou­ver qu’il peut as­su­rer sa sur­vie pen­dant plu­sieurs an­nées», a-t-elle conclu.

— PHO­TO: AU­DREY TREM­BLAY

Ra­chel Fluet et Fran­çois Des­car­reaux de la Fra­ter­ni­té Don Bos­co ai­me­raient pou­voir prendre pos­ses­sion de l’église de La Bostonnais.

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