La fa­mille Tru­deau cou­verte de ca­deaux

Le Nouvelliste - - ACTUALITÉS - TERESA WRIGHT

OT­TA­WA — Des lu­nettes de so­leil Ray- Ban. Un sac à main en cuir, édi­tion li­mi­tée. Pro­duits de beau­té, bi­joux somp­tueux, chaus­sures, ba­gages, vê­te­ments pour en­fants, ac­ces­soires de sport.

Le pre­mier mi­nistre Jus­tin Tru­deau et sa femme, So­phie Gré­goire Tru­deau, sont inon­dés de ca­deaux de la part de di­gni­taires et de di­ri­geants mon­diaux.

À ces ca­deaux sou­vent pro­to­co­laires s’ajoutent tou­te­fois ceux d’en­tre­prises pri­vées, qui es­pèrent que la fa­mille du pre­mier mi­nistre ca­na­dien ar­bo­re­ra l eurs vê­te­ments et ac­ces­soires grif­fés.

Le com­mis­saire aux conflits d’in­té­rêts et à l’éthique, Ma­rio Di o n , a f f i r me q u e t o u s les ca­deaux f i gu­rant au r egistre pu­blic ont ob­te­nu l ’a ppro­ba­tion de son bu­reau et sont donc conformes à la loi.

En ver­tu de celle- ci, tout ti­tu­laire d’une charge pu­blique se doit de dé­cla­rer pu­bli­que­ment les ca­deaux d’une va­leur su­pé­rieure à 200 $ et de cé­der à la Cou­ronne ceux va­lant plus de 1000 $, à moins de payer soi-même la dif­fé­rence. Les ca­deaux qui pour­raient rai­son­na­ble­ment être per­çus comme une ten­ta­tive d’in­fluen­cer l’exer­cice de fonc­tions of­fi­cielles doivent être re­fu­sés, à quelques ex­cep­tions près.

Le com­mis­sa­riat à l’éthique a dé­ter­mi­né que les vê­te­ments et les ac­ces­soires de mode of­ferts à la fa­mille Tru­deau consti­tuent une de ces ex­cep­tions.

Mais le porte- pa­role du Nouv eau Par­ti dé­mo­cra­tique en ma­tière d’éthique, Char­lie An­gus, es­time que cette ten­dance gran­dis­sante est « pro­blé­ma­tique » .

« Ce qui est in­quié­tant, c’est que les marques de mode en­voient des vê­te­ments à la fa­mille parce que c’est une fa­mille qui est vrai­ment sous les pro­jec­teurs, vrai­ment dans l’uni­vers d’Ins­ta­gram et il y a un réel bé­né­fice pour une en­tre­prise de leur faire por­ter leur marque de vê­te­ments comme ca­deaux » , sou­tient l’élu on­ta­rien.

« Le lien avec les in­té­rêts pé­cu­niaires de ces en­tre­prises est clair et di­rect » , re­lève- t- il.

En ef­fet, les de­si­gners font sou­vent mous­ser leur marque à l’aide de pho­to­gra­phies où l’on peut voir les Tru­deau s’af­fi­chant avec leurs créa­tions.

North Kin­der a par exemple of­fert au pre­mier mi­nistre des vê­te­ments à l’in­ten­tion de son fils, Ha­drien, en juillet der­nier. Un mois plus tard, So­phie Gré­goire Tru­deau pu­bliait sur l es ré­seaux so­ciaux une pho­to où le gar­çon por­tait un t- shirt si­gné North Kin­der. L’en­tre­prise éta­blie à Van­cou­ver a en­suite par­ta­gé la pho­to sur sa propre page Fa­ce­book à des fins pro­mo­tion­nelles. Ce phé­no­mène est re­la­ti­ve­ment nou­veau dans le pay­sage po­li­tique ca­na­dien.

La Loi sur les conflits d’in­té­rêts n’est en vi­gueur que de­puis 2007 et ne s’est donc ap­pli­quée qu’à deux gou­ver­ne­ments, soit ceux de Jus­tin Tru­deau et de Ste­phen Har­per.

M. Har­per avait aus­si eu droit à son lot de pré­sents : des ta­bleaux, des s culp­tures et même des ca­deaux plus per­son­na­li­sés, no­tam­ment en l i en avec son amour des Beatles. Se­lon Char­lie An­gus, les vê­te­ments et les ac­ces­soires des créa­teurs de mode ca­na­diens entrent ce­pen­dant dans une tout autre ca­té­go­rie, qui évoque da­van­tage l es ca­deaux of­ferts aux cé­lé­bri­tés et même aux membres de la fa­mille royale.

« Nous avons af­faire à un nou­veau g e nre de po­li­tique qui est très axée sur le po­li­ti­cien en tant que ve­dette, et per­sonne dans le monde ne l’in­carne aus­si bien que Jus­tin Tru­deau et la fa­mille Tru­deau » , avance M. An­gus.

Duff Co­na­cher, co­fon­da­teur de Dé­mo­cra­tie en sur­veillance, es­time que l a fa­mille Tru­deau de­vrait payer de sa poche pour l ouer ou em­prun­ter des vê­te­ments de marque dont elle sou­haite faire la pro­mo­tion.

Se­lon un haut f onc­tion­naire ques­tion­né par La Presse ca­na­dienne, cer­tains des ar­ticles énu­mé­rés dans l e re­gistre des ca­deaux de So­phie Gré­goire Tru­deau avaient été em­prun­tés ou ont en­suite été don­nés à des oeuvres de bien­fai­sance.

Les pré­sents qui peuvent être per­çus comme une ten­ta­tive d’in­fluen­cer l’exer­cice de fonc­tions of­fi­cielles doivent être re­fu­sés

— PHOTOTHÈQUE LE SO­LEIL

La fa­mille du pre­mier mi­nistre Jus­tin Tru­deau est inon­dée de ca­deaux de la part de di­gni­taires et de di­ri­geants mon­diaux, mais aus­si d’en­tre­prises pri­vées, ce qui peut po­ser des pro­blèmes d’éthique, se­lon cer­tains.

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