Le Ta­pis rouge ouvre une qua­trième salle de ci­né­ma

Le Nouvelliste - - LA UNE - FRAN­ÇOIS HOUDE fran­cois.houde@le­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS- RI­VIÈRES — Le com­plexe de Ci­né­ma Le Ta­pis rouge compte do­ré­na­vant quatre salles avec l’ou­ver­ture of­fi­cielle, ven­dre­di, d’un qua­trième es­pace de vi­sion­ne­ment, une pe­tite salle de 40 places qui vient s’ajou­ter aux trois autres, inau­gu­rées il y a cinq ans cette an­née, comp­tant res­pec­ti­ve­ment 126, 90 et 59 fau­teuils.

L’in­ves­tis­se­ment est de l’ordre de 150 000 $ pour le pro­prié­taire Jacques Foi­sy qui s’est as­su­ré d’of­frir le même confort et la même qua­li­té de pro­jec­tion à ses clients dans cette nou­velle salle. La dé­ci­sion d’agran­dir à l’in­té­rieur du même édi­fice de la rue Bel­le­feuille s’est prise au prin­temps der­nier et le chan­tier a pris trois mois à se réa­li­ser com­plè­te­ment.

La salle avec son écran de 16 pieds de lar­geur est en fonc­tion de­puis ven­dre­di après-mi­di et c’est dans la plus grande dis­cré­tion que les tra­vaux se sont réa­li­sés, le pro­prié­taire te­nant à n’an­non­cer la nou­velle qu’au mo­ment où la salle se­rait prête. Le but de ce pro­jet est d’élar­gir la pa­lette de films of­ferts à la clien­tèle tri­flu­vienne en tou­chant en­core mieux la por­tion des ci­né­philes aver­tis avec des oeuvres et su­jets plus poin­tus.

Si la nou­velle est bonne pour les ama­teurs de ci­né­ma, elle vient aus­si ba­layer les in­cer­ti­tudes qui pou­vaient per­sis­ter quant à la ren­ta­bi­li­té du com­plexe de ci­né­ma. « Dès l’ori­gine, on avait pen­sé à quatre salles mais il y avait trop d’in­cer­ti­tudes dans le mar­ché à l’époque, ex­plique Jacques Foi­sy. On a per­du de l’ar­gent au cours des deux pre­mières an­nées d’ex­ploi­ta­tion avant de faire nos frais dans la troi­sième et de faire des pro­fits de­puis deux ans. Le dé­mar­rage a pris un cer­tain temps mais on a at­teint une vi­tesse de croi­sière qui jus­ti­fie pa­reil in­ves­tis­se­ment pour aug­men­ter l’offre.»

La dé­ci­sion tient non seule­ment à la fi­dé­li­té ex­cep­tion­nelle de la clien­tèle du Ta­pis rouge mais éga­le­ment à une plus grande dis­po­ni­bi­li­té de films. «Grâce à une ou­ver­ture plus grande de la part des dis­tri­bu­teurs, nous avons ac­cès à da­van­tage de films qué­bé­cois comme étran­gers. À l’au­tomne, au mo­ment de plu­sieurs sor­ties im­por­tantes, je suis for­cé de lais­ser tom­ber, faute de salles, cer­taines oeuvres que j’ai­me­rais pré­sen­ter. Je vais dé­sor­mais pou­voir pro­je­ter da­van­tage de films qui mé­ritent d’être vus par une clien­tèle qui n’at­tend que ça. Une confiance s’est vrai­ment créée entre nous et les ama­teurs de ci­né­ma. Je suis heu­reux parce que ça vient amé­lio­rer en­core da­van­tage l’offre cultu­relle à Trois-Ri­vières.»

S’il est un fac­teur qui se dé­marque dans le re­vi­re­ment de for­tune de l’éta­blis­se­ment, c’est le rayon­ne­ment géo­gra­phique du ci­né­ma qui a aug­men­té au fil du temps. « Dans les trois der­nières an­nées, on a ac­cueilli une clien­tèle gran­dis­sante en pro­ve­nance de plus loin dans la ré­gion de la Mau­ri­cie mais aus­si du Centre-du-Qué­bec et même de La­nau­dière et ça a fait une grosse dif­fé­rence pour nous en termes d’af­faires. C’est nor­mal que ce phé­no­mène ait pris du temps à s’ins­tal­ler.»

« C’est sûr que je ne peux pas m’at­tendre d’en­gran­ger de très gros pro­fits avec une salle de 40 places mais je n’ai pas de doute que ça va être ren­table. C’est comme un res­tau­rant qui amé­liore son me­nu: je pense qu’on va de­ve­nir en­core plus at­trayant pour les ci­né­philes. Par ailleurs, pour nous, à part les coûts du loyer et de l’amé­na­ge­ment, ça n’aug­mente pas vrai­ment les frais liés à l’ex­ploi­ta­tion du ci­né­ma.»

Par ailleurs, Jacques Foi­sy pré­sente un ar­gu­ment qui vient confir­mer l’at­ta­che­ment du pu­blic à son ci­né­ma en in­di­quant que pour neuf films sur dix qu’il pré­sente, c’est Le Ta­pis rouge qui réa­lise les meilleurs chiffres d’en­trées hors de Mon­tréal et de Qué­bec. « Ça dé­montre ce que j’ai tou­jours cru à sa­voir qu’il y a ici un bas­sin de ci­né­philes im­por­tant et qu’ils sont à l’af­fût des sor­ties in­té­res­santes. De notre cô­té, ça im­plique de main­te­nir une constante qua­li­té dans notre pro­gram­ma­tion et là-des­sus, je conti­nue de re­fu­ser de faire des com­pro­mis.»

« La seule chose que je re­grette, c’est qu’il me soit en­core dif­fi­cile d’ob­te­nir une co­pie des films qué­bé­cois por­teurs, ceux qui sont dans notre cré­neau qua­li­ta­tif et qui sont sus­cep­tibles de connaître un gros suc­cès aux gui­chets. Pour ce qui est des films étran­gers, je n’ai au­cun pro­blème avec les dis­tri­bu­teurs qui sont très ou­verts à me les of­frir parce qu’ils com­prennent que c’est à leur avan­tage de pré­sen­ter leurs films dans le plus de salles pos­sible.»

— PHO­TO: FRAN­ÇOIS GER­VAIS

Le pro­prié­taire Jacques Foi­sy était heu­reux de mon­trer ven­dre­di la nou­velle salle de son com­plexe de ci­né­ma Le Ta­pis rouge.

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